Une flotte auto
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Comment se constituer une flotte de voitures de société ?

Troisième poste de dépense des entreprises après l’immobilier et l’informatique, la gestion d’un parc de véhicules de société provoque de nombreux problèmes à commencer par les coûts dits invisibles. En effet, pour acquérir un parc de véhicules, plusieurs possibilités se présentent, notamment l’achat neuf et la LDD ou LOA. Mais entre le coût d’acquisition, la disponibilité en cash au moment où on en a besoin, les enjeux financiers des constructeurs de véhicules et la capacité d’amortissement du véhicule par la société, calculer le prix réel d’une voiture, d’un utilitaire, d’un scooter ou d’un camion peut s’avérer complexe.

Véhicule électrique, hybride, classique ?

Le choix de motorisation n’est pas qu’une histoire de performance, car le coût de détention d’un véhicule de société (TCO « total cost of ownership ») est étroitement lié à sa valeur de revente. Les coûts liés aux taxes sur les véhicules de société, l’éventuel malus écologique et la consommation moyenne de carburant sont également à prendre en compte.

Il est intéressant de prendre en compte les émissions de CO2 de ses véhicules de société. Pourquoi ? D’abord parce que c’est plus écologique, mais aussi parce que ce taux d’émission de CO2 va impacter à la fois le bonus ou le malus écologique à l’acquisition du véhicule, et la Taxe sur les Véhicules de Société (TVS) annuelle ! On comprend rapidement les avantages qu’il y a à choisir un véhicule propre dès le départ et d’encadrer au maximum l’acquisition de véhicules plus polluants, pour éviter des dépenses supplémentaires par la suite. Ce n’est pas le seul point à observer, car le type de motorisation et son rendement a aussi un impact caché sur la consommation de carburant. En effet, certains diesels, réputés pourtant plus polluants, ont un rendement supérieur aux hybrides essence-électricité. Si une économie d’un litre aux 100km peut sembler peu, entre un véhicule qui consomme 4l aux 100 contre un qui en consomme 5, sur 35 000 kilomètres cela représente un gain de près de 20% d’économies ! De quoi faire réfléchir au moment de l’achat en comparant au coût du malus écologique additionné à celui de la TVS annuelle.

Constitution d'une flotte automobile

Achat neuf ou LLD ?

L’achat ou la location de véhicules de société peut s’effectuer auprès d’entreprises de fabrication et de vente en gros d’automobiles, mais aussi de loueurs. Vous pouvez vous informer sur l’état de l’industrie automobile sur Manageo, pour connaître notamment le statut d’entreprises situées dans votre région et la situation actuelle du marché. L’achat de véhicules d’entreprise sur fonds propre représente environ 36% des cas, contre 21% pour la LOA (location avec option d’achat), 23% en LLD (location longue durée) et 10% pour le crédit classique. Si la LLD semble la solution la plus pratique car « tout est pris en charge », bien gérer son parc automobile reste la clé pour mieux amortir le coût de ses véhicules.

La location longue durée consiste à louer les voitures de la flotte pour une durée comprise entre 12 et 60 mois. Cette option est surtout appréciée par les dirigeants d’entreprise en raison de la gestion simplifiée qu’elle implique, car le contrat prévoit que le loueur s’occupe de l’achat, de la gestion, mais aussi de la revente de la voiture par la suite. La LLD permet donc de lisser les dépenses liées à la gestion de la flotte de voitures, grâce à loyer fixe tout au long de la durée du contrat. Remarquez cependant que de lourdes pénalités sont prévues en cas de résiliation anticipée du contrat par l’entreprise, et qu’il sera impossible d’acheter les voitures d’occasion à la fin du contrat. Au final, cette option est surtout recommandée si vous envisagez de commander un gros volume de voitures, les constructeurs étant plus enclins à accorder des remises dans ce cas.

Ce qui permet de vraiment réduire le TCO d’un véhicule de société reste la capacité de l’entreprise à pousser un véhicule au-delà de sa période d’amortissement économique. Or, on entend souvent dire qu’après 100 000 ou 120 000 km au compteur, la courbe de dépenses augmente en raison de l’entretien, des réparations, etc. Si la dépense après-vente augmente bel et bien en fonction de l’âge du véhicule, il est possible de trouver des stratégies pour compenser. Par exemple, on peut obtenir des garanties contractuelles ou commerciales plus longues chez certains constructeurs auto. Et des réseaux de réparation ciblent spécifiquement les flottes de société, avec un programme d’entreprise offrant des remises sur certains services allant jusqu’à 30%.

Sourcing : multiplier les loueurs pour diminuer les coûts

Pour faire baisser les coûts, il est possible de nouer des partenariats exclusifs avec certains fournisseurs. Mais il est aussi essentiel de vérifier régulièrement la réalité des prix sur le terrain, afin de s’assurer que l’on paie toujours le prix juste : on peut noter jusqu’à 10% de différence de montant de loyer mensuel entre deux loueurs au même instant T pour le même véhicule ! Se baser sur les appels d’offres ne suffit en effet pas, car si la comparaison des prix est valable au moment du passage de l’appel d’offres, ils ne le seront peut-être plus dans quelques mois, années. La politique tarifaire des loueurs de véhicules professionnels évolue très rapidement, en raison de décisions internationales mais aussi à cause de la politique commerciale des constructeurs automobiles eux-mêmes ou encore de la fameuse valeur de revente du véhicule. Négocier un tarif fixe sur plus de 2 ou 3 ans est ainsi mission impossible, ou presque. Il est donc crucial pour une entreprise de sourcer plusieurs loueurs, au moins 2 ou 3 et de faire des comparatifs de cotation régulièrement.

55% du coût réel d’un parc automobile est généré après l’acquisition. On compte dans ce coût 44% pour le coût de détention, 20% pour le carburant, 9% d’assurance, 8% d’entretien, 6% de péages-parkings-lavages, 3% de pneumatiques, 5% de taxes et 5% de frais de gestion interne. Près de la moitié du TCO réside donc entre les mains de l’entrepreneur, qui possède donc lui-même les leviers pour optimiser sa gestion et diminuer ses frais. Par exemple, mettre en place des politiques internes comme les comportements de conduite, sélectionner des véhicules à faible émission de CO2, bien gérer le taux de sinistre du parc automobile pour ensuite mieux négocier à la baisse avec les compagnies d’assurance…

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