C’est un changement majeur dans l’histoire du constructeur italien. Après avoir longtemps défendu ses moteurs thermiques et ses mécaniques emblématiques, Ferrari franchit finalement le pas de l’électrique avec un modèle inédit : la Ferrari Luce. Plus qu’une nouvelle voiture au sein de la gamme, cette nouveauté représente un véritable virage stratégique pour la marque au cheval cabré. Entre technologies, pari stylistique et risque de diviser les puristes, voici ce qu’il faut retenir de cette Ferrari pas comme les autres.
Une Ferrari électrique de plus de 1 000 chevaux
L’élément qui retiendra immédiatement l’attention concerne évidemment sa mécanique. Pour son premier modèle entièrement électrique, Ferrari n’a pas fait les choses à moitié.
La Luce repose sur une architecture composée de quatre moteurs électriques indépendants, installés directement au niveau de chaque roue. Une configuration dérivée des travaux réalisés sur la Ferrari F80 qui permet ici de développer une puissance cumulée de 1 040 chevaux.
Sur le papier, les performances annoncées restent conformes aux standards attendus pour une Ferrari moderne : l’exercice du 0 à 100 km/h serait réalisé en seulement 2,5 secondes tandis que la vitesse maximale atteindrait les 310 km/h.
L’intérêt d’un système à quatre moteurs ne se limite toutefois pas aux chiffres. Cette technologie permet surtout une gestion extrêmement précise du couple envoyé à chaque roue. Ferrari annonce ainsi un comportement plus vif et une meilleure agilité malgré une masse importante de 2 260 kg.
Le constructeur affirme également avoir travaillé sur les sensations au volant grâce à une suspension pilotée capable de limiter l’effet du poids ressenti par le conducteur. Selon Ferrari, l’impression derrière le volant équivaudrait à conduire une voiture plus légère d’environ 400 kg.
Une batterie imposante mais un poids contenu
L’électrification implique forcément une batterie de grande capacité et Ferrari n’a pas fait dans la demi-mesure.
La Luce reçoit un pack de 122 kWh intégré directement à la structure du véhicule. Le constructeur italien explique que batterie, châssis et carrosserie fonctionnent comme un ensemble unique afin d’améliorer la rigidité globale et l’efficacité énergétique.
Pour limiter la prise de poids, Ferrari a largement recours à l’aluminium dans sa conception. L’objectif est double : préserver les performances dynamiques mais également réduire l’impact environnemental lié à la fabrication.
La voiture adopte également une architecture électrique en 800 volts permettant une recharge rapide. Ferrari annonce une puissance maximale de 350 kW avec la possibilité de récupérer 70 kWh en vingt minutes. Un passage de 10 à 80 % demanderait environ vingt-cinq minutes.
Malgré ces chiffres, la concurrence actuelle montre que Ferrari n’arrive pas forcément en position dominante sur tous les critères techniques. Certains modèles récents proposent déjà des temps de recharge similaires voire supérieurs, tandis que certaines sportives électriques affichent également des performances comparables.
Ferrari mise néanmoins sur un autre aspect : l’émotion. La marque évoque un système sonore artificiel spécialement développé pour reproduire une identité sonore propre à la voiture et dont le comportement varie selon le mode de conduite sélectionné.
Une Ferrari familiale au format inédit
L’électrification offre également une liberté nouvelle dans l’architecture du véhicule. Contrairement aux Ferrari traditionnelles, la Luce mise sur une approche plus polyvalente.
La voiture adopte une configuration à quatre portes et cinq places. Il s’agit seulement de la deuxième Ferrari de ce type après le Purosangue, mais surtout de la première capable d’accueillir cinq occupants sans les contraintes imposées par un arbre de transmission central.
Son dessin conserve néanmoins plusieurs références aux modèles emblématiques de la marque. Certains éléments des feux arrière rappellent notamment les Ferrari 360 Modena et 458 Italia. Nous n’irons pas plus loin dans les considérations stylistiques de la Ferrari Luce, le mieux est encore de vous faire un avis sur le style donné par LoveForm, dirigé par Jony Ive ancien designer Apple, grâce aux photos
Les dimensions témoignent également d’un changement d’échelle :
- Longueur : 5,02 m
- Largeur : 1,99 m
- Hauteur : 1,54 m
Avec un tel gabarit, la Luce se rapproche davantage d’un grand crossover sportif que d’une berlinette traditionnelle.
Ferrari équipe également ce modèle des jantes les plus imposantes jamais montées sur une voiture de série de la marque, avec des dimensions allant jusqu’à 24 pouces. Elles reçoivent des pneumatiques spécifiques destinés à réduire les pertes énergétiques et améliorer l’autonomie.
Derrière ces roues prennent place d’importants freins en composite carbone. Même si leur dimension impressionne, ils devraient être moins sollicités grâce à l’utilisation importante du freinage régénératif.
Un intérieur dominé par la technologie
L’habitacle fait lui aussi entrer Ferrari dans une nouvelle dimension.
Quatre écrans ont été développés spécialement pour ce modèle. Le conducteur dispose d’un combiné numérique de 12,9 pouces complété par un écran central orientable de 12 pouces. Le passager avant profite de sa propre interface de 10,1 pouces tandis qu’un quatrième écran de 6,3 pouces prend place à l’arrière.
Ferrari mise également sur une expérience sonore haut de gamme grâce à une installation composée de 21 haut-parleurs développant une puissance totale de 3 000 watts.
Un tarif sans surprise pour une Ferrari
Comme souvent chez Ferrari, l’exclusivité a un prix. L’accès à cette nouvelle Luce débutera à partir de 550 000 euros. Une somme particulièrement élevée compte tenu d’une fiche technique qui ne surclasse pas systématiquement ses rivales sur certains points précis.
Mais Ferrari ne joue pas uniquement sur les performances brutes. Avec cette première voiture électrique, la marque cherche surtout à préserver son ADN tout en s’adaptant à une industrie automobile en pleine transformation. Les premières livraisons sont prévues au cours du quatrième trimestre.
Paul-Emile
Journaliste à plein temps, je mets ma passion et mes connaissances du monde de l'automobile au service des lecteurs d'Abcmoteur.
Au plaisir sur les routes et sur mon Instagram.
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