Essai Citroën C4 2021
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Citroën C4 PureTech 130 EAT8 : Look surprenant, confort prévenant

Disparue depuis 2018, la Citroën C4 réapparait avec une formule complètement revue. Si le confort est toujours la priorité, cette C4 III abandonne son profil de sage berline compacte pour imiter les SUV à la mode. Avec son design si particulier, elle ne laisse personne indifférent.

Depuis quelques années, les berlines compactes chez Citroën ont souvent fait preuve d’un grand classicisme. Que ce soit les ZX, Xsara ou encore la deuxième génération de C4, elles n’ont pas brillé par leur originalité. Seule la C4 première du nom (si l’on exclut le modèle de 1928) a innové. Son volant à moyeux fixe avait fait grand bruit lors de sa présentation. Côté style, les lignes arrondies de la berline tranchaient avec celles de la version 3 portes à l’arrière tronqué et à la lunette inversée. Pour se renouveler et se faire remarquer sur un marché concurrentiel, la nouvelle C4 grandit et ose un style original qui ne manquera pas de faire tourner les têtes intriguées.

Un air de SUV

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Pour cette troisième génération, Citroën a décidé de partir d’une feuille blanche et de surprendre. Lorsque l’on croise une C4 dans la rue, il est impossible de ne pas la regarder tant son physique interpelle, comme nous avons pu le constater lors de notre essai. Cette berline compacte prend désormais des airs de SUV grâce à sa garde au sol surélevée de 3 cm par rapport à la génération précédente. Son profil se fait plus fuyant aussi avec une ligne de toit fortement inclinée, à la manière d’un coupé.

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La face avant bénéficie du regard à double étage avec des LED positionnées en X, à la manière de la C3 restylée. La poupe relevée accueille des optiques tarabiscotées, qui peuvent rappeler celles de la Honda Civic, reliées par un bandeau noir. Celui-ci coupe la lunette arrière en deux parties mais ne gêne heureusement pas trop la rétrovision qui se retrouve davantage entravée par la petite surface vitrée disponible. Pour renforcer le look de SUV et rêver d’aventure, les passages de roues sont soulignés de plastique noir, plastique qui fait le tour de la caisse pour accentuer le sentiment de robustesse. La personnalité de la C4 est aussi renforcée par les flancs marqués et le capot creusé.

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Plateforme de 208

À la manière de Skoda, Citroën a décidé de bâtir cette C4 sur la plateforme du segment inférieur afin de faire quelques économies. Elle repose ainsi sur la même base que les 208 et 2008, la CMP, plutôt que sur l’EMP2 des 308 et 3008. Une astuce qui lui permet en plus de bénéficier d’une version 100% électrique, incompatible avec la plateforme supérieure.

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La CMP se trouve ici étirée au maximum pour proposer son empattement maximum de 2,67 m, soit 6 cm de plus que sur un 2008. Cela lui permet de bénéficier d’une excellente habitabilité : La place ne manque pas à bord. Sur la banquette arrière, les genoux des adultes seront à l’aise. Cependant, la ligne de toit plongeante pourra gêner la tête des plus de 1,80 m. Mais malgré ses 4,36 m, ce qui en fait une des plus grandes de sa catégorie, son coffre affiche un volume de 380 litres. Pas ridicule en soi, mais une valeur qui se trouve juste dans la moyenne de la catégorie. Cependant, son seuil haut perché pourra gêner pour le chargement des charges importantes.

Une ergonomie à peaufiner

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L’habitacle réserve moins de surprise que l’extérieur avec notamment un tableau de bord classique mais bien agencé. Un écran numérique remplace les compteurs, mais son intégration laisse à désirer (on a l’impression qu’il a juste été posé à la hâte). De plus, le nombre d’informations indiquées est limité. Au moins, on ne pourra pas rater la vitesse affichée… Au centre de la planche de bord, on trouve une traditionnelle dalle tactile. D’une belle taille de 10 pouces, elle est cependant occupée en grande partie à sa droite et à sa gauche par l’affichage et le réglage de la température. Dommage car, en plus de ne pas être très pratiques à cet endroit, les commandes de climatisation se trouvent être intelligemment doublées par des boutons physiques, bien plus simples et agréables à manipuler.

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La qualité de finition est inégale. La partie haute est recouverte d’un beau plastique moussé texturé quand la partie basse fait la part belle au plastique dur. L’ensemble n’a rien d’indécent et si l’on ne s’attarde pas sur les détails, la présentation est tout ce qu’il y a de plus correct. On aurait aimé un petit peu plus de couleur au sein de cet habitacle où le noir règne en maitre. Quelques détails apportent tout de même un peu de gaité, comme la bande de tissu sur les contre-portes.

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Le moelleux comme idéal

En plus de la version électrique ë-C4, la C4 dispose naturellement de plusieurs motorisations « traditionnelles » aussi bien en diesel (1.5 BlueHDI 100 et 130 ch) et essence (1.2 PureTech 100, 130 et 155 ch). Sous le capot de notre monture se trouve le bloc essence de milieu de gamme, à savoir le 1.2 PureTech en 130 ch qui est ici associé à la boîte automatique EAT8.

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Pour s’installer derrière le volant, qui manque d’amplitude de réglage, il faut enjamber un seuil de porte assez haut pour ensuite se laisser « tomber » dans les sièges généreusement rembourrés bénéficiant du traitement Advanced Comfort (à partir du niveau Feel Pack). Possédant une mousse à double densité, ils pourront ne pas plaire à tout le monde puisque l’on peut avoir la sensation de se retrouver dans des fauteuils de berline française des années 90-2000.

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Sur la route, le moelleux continue avec l’amortissement à butées hydrauliques progressives qui vous préservent de tous les défauts de la route. Les aspérités disparaissent et les dos d’âne sont avalés sans difficultés. Comme toute bonne Citroën, cette nouvelle C4 met en avant un confort de premier ordre. Cependant tout n’est pas rose à bord de cette Citroën C4. L’isolation phonique fait défaut à partir de 110-120 km/h avec des bruits d’air provenant des rétroviseurs. S’ils ne sont pas envahissants, le souffle continu pourra vite devenir lassant lors de longs trajets autoroutiers.

Rythme cool

La boîte de vitesses EAT8, que l’on commande depuis une manette qui ressemble fortement à celle déjà vue sur les récentes productions du groupe Volkswagen (Golf 8, Audi A3). Si elle est plaisante au quotidien, montant les rapports avec douceur, elle fait en revanche preuve d’une certaine rudesse à basse vitesse occasionnant de désagréables à-coups. Des à-coups aussi présents à chaque redémarrage du peu délicat Stop & Start. Embêtant, d’autant plus que pour le désactiver, il n’y a pas de touche directe et que l’on doit passer par les menus de l’écran central.

Question comportement, il ne faut pas chercher le dynamisme. Si le PureTech 130 emmène convenablement la caisse de 1 278 kg et offre des performances suffisantes, sans être ébouriffantes (le 0 à 100 km/h est effectué en 9,4 secondes), les réglages privilégient clairement le confort. L’amortissement très souple occasionne des mouvements de caisse lors des changements d’appuis et l’avant plonge au freinage. La direction, très douce en ville, manque de consistance et de ressenti une fois que le rythme s’accélère. Vous l’aurez compris, pour profiter au mieux de la C4, il vaut mieux adopter une conduite détendue et profiter de la douceur générale de fonctionnement.

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La rude concurrence tarifaire

La C4 démarre à 20 900 € dans sa finition de base Live, uniquement là pour proposer un prix d’appel, avec le moteur PureTech 100. Il faut passer au deuxième niveau Feel pour bénéficier de notre moteur 130 ch, disponible à partir de 24 900 € en boîte mécanique (+ 2 000 € pour la BVA).

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Notre version d’essai haut de gamme Shine Pack, disponible uniquement en boîte automatique à 8 rapports, ne s’offre en revanche pas à moins de 30 500 €. Une somme conséquente malgré un équipement généreux (sièges et volant chauffants, caméra de recul ou encore les jantes de 18 pouces). Un prix correspondant à une Skoda Ocatvia milieu de gamme ne bénéficiant que du petit 1.0 TSI 115 en mild-hybride mais avec un habitacle et un coffre plus vaste et une finition autrement plus valorisante. Si l’espace n’est pas votre priorité, vous pouvez vous offrir, toujours du côté de la marque tchèque et à tarif comparable, la Scala de taille équivalente à la C4, mais avec le moteur 1.5 TSI 150. Le confort sera moins prévenant mais le comportement routier plus rigoureux et le style plus classique.

Vous l’aurez compris, cette C4 ne conviendra pas à tout le monde. Les aficionados de la marque adepte d’un confort ouaté préservant leurs dos de toute agression seront conquis ,tandis que les autres passeront leur chemin. Quant au style, s’il divise, il a le mérite de se différencier de ses concurrentes et de proposer une offre originale sur un marché concurrentiel.

Merci à Bruno Fauconnier et Clément Domas qui m’ont aidé à la réalisation des photos dynamiques. 

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Jean-Baptiste TRICHOT

Jean-Baptiste TRICHOT

Passionné le monde de l'automobile depuis tout petit, j'adore échanger et partager avec d'autres amoureux d'auto. Nouvelles ou anciennes, stars des showrooms ou modèles oubliés, elles m’intéressent toutes, surtout si je peux être au volant !

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