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Essai nouvelle Volkswagen Golf 8 eTSI : cuvée millésimée

Pas facile de porter le poids du succès de ses aînées quand l’on débarque dans un marché ultra saturé sur lequel les marques ne cessent de créer de nouveaux segments, et par conséquent de fragmenter un peu plus leur clientèle. Heureusement pour elle, la Golf huitième du nom a les épaules solides et de vrais atouts à faire valoir.

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Il y a des modèles dont on ne se pose pas la question s’ils seront renouvelés ou non, car c’est une évidence. On peut citer par exemple la Porsche 911, la Renault Clio ou la Volkswagen Golf, qui nous intéresse aujourd’hui. Mais comme tout bon cépage, il ne suffit pas de porter une certaine étiquette pour garantir un produit fini de qualité. Il n’est même pas rare de constater que d’une génération à l’autre, un modèle donné perd de sa superbe et entre dans le rang. Il faut croire que la récolte fut bonne du côté de Wolfsbourg, parce que la Golf se pose d’emblée comme une référence parmi les compactes.

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Certes, son design n’est pas des plus aguicheurs en photo, mais l’Allemande possède pourtant une vraie prestance de visu, une affirmation que vous pourrez bientôt constater par vous-même quand les premiers modèles français débarqueront dans la circulation au cours des prochains mois. Les ailes marquées, les optiques arrondies et les boucliers enveloppants sont immédiatement identifiables, même au sein de la gamme VW où les modèles tendent à tous se ressembler. La 8 paraît grande, mais elle ne prend pourtant que 2 cm en longueur (4,28 m) et perd 2 cm en hauteur (1,46 m), tandis que la largeur ne varie pas par rapport à la Golf 7 (1,80 m).

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Bonne tenue en bouche

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Ce qui était moins attendu en revanche, c’est que l’intérieur change autant. Loin de n’être qu’une simple évolution, l’habitacle est repensé en profondeur et son dessin est beaucoup plus moderne que sur la génération précédente. Pour commencer, il n’y a quasi plus aucun bouton physique, tous remplacés par des commandes sensitives pour la gestion de la climatisation, du volume et même des phares. C’est beau, qualitatif, mais franchement pas pratique au volant où l’on ne peut plus chercher un bouton en tâtonnant sans quitter la route des yeux. Les matériaux utilisés sont de bonnes factures, les ajustements sont très bons et seuls quelques plastiques dur (en partie basse à l’avant, sur les contre-portes à l’arrière) rappellent que l’on est à bord d’une Volkswagen et non d’une compacte véritablement premium.

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En plus du combiné d’instrumentation digital pompeusement baptisé Innovision Cockpit, un bel écran de 10 pouces vient habiller la console centrale. Il est non seulement très réactif, mais l’interface du système multimédia est en outre très bien pensée. Elle est calquée sur l’utilisation d’un smartphone, donc rapidement intuitive une fois que l’on connaît les quelques menus principaux. Le tout confère une saveur toute technologique à la Golf, qui ravira les geeks. Revers de la médaille, elle devient une véritable usine à gaz avec une multitude de fonctions réglables, des services connectées, pléthore d’aides à la conduite… Ce qui était autrefois l’apanage des berlines de luxe est désormais à la portée d’une plus grande frange d’automobilistes et se concocter une voiture à la carte réclamera bien une ou deux heures de paramétrage.

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Et les passagers dans tout ça ? Ils sont bien lotis, avec de la place à l’avant comme à l’arrière. La sensation d’espace est d’autant plus présente à l’avant quand la Golf est équipée de la boîte auto DSG, puisque l’imposant levier des générations précédentes laisse place à un petit switch élégant sur le tunnel central. La banquette arrière plutôt moelleuse est agréable pour deux adultes (le siège du milieu devant composer avec une buse d’aération proéminente), qui ne manqueront de place ni en hauteur, ni en largeur. Il n’y a que les très grands gabarits qui pourront y trouver quelque chose à redire, en cas de siège avant très reculé. Le coffre annonce pour sa part 380 l de capacité, assez pour y loger trois ou quatre valises cabines.

Au volant de la Golf 8 : grand cru

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Tous ce plumage serait bien fade si le ramage ne s’y rapportait pas, mais encore une fois, aucune crainte à avoir de ce côté là. La Golf fait honneur à son blason et se dote d’un châssis sain, prévenant et rassurant en toute circonstance. Il est peu joueur, même en conduite dynamique, et la stabilité prime sur les déhanchés endiablés. De quoi permettre à la compacte de se montrer efficace et de passer fort en virage, sans mouvements parasites. Bonne surprise, la direction est franchement bien calibrée. Elle offre non seulement une belle précision mais surtout une consistance agréable, ni trop lourde ni trop légère, avec un feeling très naturel qui n’est malheureusement que trop rarement présent dans les productions actuelles. Chapeau Volkswagen !

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La Golf 8 étrenne aussi un nouveau mode de conduite Individual, qui permet de régler séparément plusieurs paramètres de la voiture, comme la réponse de l’accélérateur, la direction, la climatisation ou encore, quand l’auto en est équipée, la suspension pilotée DCC. Cette dernière fait réellement le grand écart puisqu’elle est réglable sur pas moins de 16 positions ! Résultat, la Golf 8 se montre confortable et conciliante ou ferme et verrouillée, selon votre envie du moment et le type de route que vous arpentez. Chacun y trouvera son compte et seules les grandes jantes de 18 pouces engendrent quelques petites percussions (perceptibles mais pas envahissantes pour autant) dans l’habitacle quand la chaussée est imparfaite. Mais avec une insonorisation soignée, voyager à bord de la Golf est un bonheur.

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Nous avons roulé avec le 1.5 TSI essence de 150 ch en boîte manuelle et le 1.5 eTSI mild-hybrid, disposant lui aussi de 150 ch, en boîte automatique à double embrayage DSG7. Si les deux sont comparables en termes de performance, le second apporte une once d’agrément supplémentaire grâce à une DSG rapide et douce, plus agréable que la boîte manuelle bien guidée mais un peu accrocheuse et à l’étagement très long. Surtout, l’eTSI embarque un réseau électrique 48V couplé à une petite batterie lithium-ion et un alterno-démarreur qui offre un peu de boost électrique au démarrage et lors de reprises à vitesse modérée.

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Le bloc est très linéaire et avare en sensations mais il se montre alerte et les bonnes reprises permettent de doubler en toute sécurité. Volkswagen annonce un gain de l’ordre de 10 % sur les consommations par rapport au TSI 150, un chiffre qu’il faudrait vérifier en comparant les deux dans des conditions d’utilisation identiques. Si l’eTSI est plus agréable au quotidien, il impose toutefois une pédale de frein difficile à doser à cause du freinage régénératif. Un écueil que rencontrent la majorité des véhicules hybrides à l’heure actuelle.

Appellation d’Origine Protégée

Comme un bon vin qui se bonifie avec le temps, la Golf passe un cran au-dessus dans tous les domaines. Elle reste fidèle à son patronyme et se montre sage comme une image (les futures versions GTI et R se chargeront d’être les éléments perturbateurs et de raviver la fibre passionnelle) mais affiche une assurance et un niveau de maîtrise impressionnant. Elle n’en oublie pas non plus la polyvalence et le confort, preuve qu’à moins de vouloir absolument une position de conduite surélevée, il n’est pas du tout indispensable d’acheter un SUV dans ce segment. La Golf est morte, vive la Golf !

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A l’écriture de cet article, les tarifs français et l’architecture de gamme de la Volkswagen Golf 8 ne sont pas encore connus.

Un grand merci au compère Jean-Baptiste Dessort (chaîne YouTube Le Billet Auto), à l’ami Kwamé Adjei (chaîne YouTube Planete GT) sans oublier le copain Michael Teresi (Blog Moteur) pour l’aide sur les photos et la bonne compagnie !

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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