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Ford interdit la revente de ses véhicules ?

Lors de la sortie de la très désirée Ford GT en 2017, Ford avait fait signer dans le contrat une clause de non-revente durant les deux premières années de la voiture. Le but de cette manœuvre était d’éviter la spéculation sur le modèle qui était alors très demandé par rapport aux livraisons planifiées. Le constructeur avait même trié sur le volet les clients qui y auraient accès. Après le début de la commercialisation du nouveau Ford F150 Lightning (électrique), le constructeur prend des mesures similaires.

Aux Etats-Unis, le F150 est le véhicule le plus vendu depuis des décennies, alors quand le F150 Lightning a été présenté les demandes ont afflué. Les demandes sont si fortes que les clients ayant pris réservation pour une livraison en 2022 verront certainement l’arrivée de leur pick-up en 2023. Afin d’éviter la spéculation et la hausse du prix des véhicules sur le marché de l’occasion pouvant atteindre jusqu’à 30 000$ de surcoût par rapport au prix du neuf. Ford a décidé d’appliquer une clause de non-revente durant les 12 premiers mois pour un véhicule de 2022. En cas de non-respect de cette clause, le propriétaire peut faire l’objet d’une poursuite judiciaire.

Une politique tenue également après avoir découvert que certains revendeurs de la marque profitaient de ces situations tendues en approvisionnement de certains modèles pour gonfler le prix de vente des véhicules. Cette pratique est interdite sur le continent Nord-Americain. Dans un mémo adressé aux concessionnaires le vice-président des ventes de Ford aux Etats-Unis et au Canada rappelle les bonnes pratiques, « J’ai été informé qu’une minorité de concessions interagissent avec leur clientèle d’une manière qui pourrait affecter leur satisfaction et nuire à la réputation de la Ford Motor Company. (…) À titre d’exemple, des concessions exigeraient des dépôts additionnels, ou des montants d’argent supplémentaires sur des réservations de F-150 Lightning 2022 sous prétexte qu’il y a forte demande ».

Avec cette politique de clause d’exclusivité, il faut être certain de garder le véhicule au moins un an. Peut-être que le constructeur américain n’engagera pas de poursuite s’il s’avère que les raisons de la vente sont autres que spéculatives. Cependant, si cette mesure peut empêcher la hausse des prix la première année, il ne serait pas surprenant de voir les prix d’occasion garder une forte valeur une fois l’interdiction levée. En 2023, la situation sera certainement encore tendue pour l’approvisionnement en Ford F150 Lightning neuf assurant une rareté du véhicule sur le marché de l’occasion. Situation qui pourra motiver Ford à reconduire cette clause sur les modèles vendus en 2023.

Le cas du Ford F150 Lightning n’est pas isolé. D’autres voitures voient leur prix une fois sur le marché de l’occasion s’envoler par rapport au prix neuf. C’était le cas de la Ford GT évoqué en introduction mais il existe la même situation pour certaines Porsche, Ferrari et d’autres. Ces phénomènes sont souvent réservés aux voitures d’exception mais il arrive parfois que des véhicules fortement demandés voient leur côte grimpée. Ce serait donc le cas de ce pick-up sans cette clause mais aussi celui du Suzuki Jimny déjà essayé sur Abcmoteur (lien vers l’essai).

 

 

Paul-Emile

Paul-Emile

Passionné d'automobile au sens large, j'ai une préférence pour tout! J'écris en parallèle de mes études de science politique pour le bonheur de partager. Au plaisir sur les routes et sur mon Instagram.

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