Essais

Suzuki Jimny: Attachant micro 4×4

Chez Suzuki, les petits tout-terrains sont une tradition depuis 1970. La recette est toujours la même, un gabarit réduit avec 4 roues motrices et un petit moteur essence. Une formule qui plaît puisque que Suzuki en a écoulé presque 3 millions. Aujourd’hui, on découvre la 4ème génération présentée en 2019.

Un look de grand !

Vous vouliez un Mercedes Classe G ou un Jeep Wrangler mais vous les trouvez trop encombrant ? Suzuki à la solution. Le Jimny (JB74) s’éloigne de son prédécesseur qui avait eu une longue carrière (de 1998 à 2019) avec un style de tout carré. Avec ses petits phares ronds, sa calandre droite, son pare-brise tout aussi droit, ses extensions d’ailes noires, la roue de secours sur le coffre, les ressemblances avec ces deux tout-terrains susdits sont frappantes. Ce look de grand pour un véhicule au gabarit minuscule (Longueur de 3m48 ou 3m64 avec la roue de secours et 1m64 de large seulement) est certainement ce qui explique le succès de cette quatrième génération (qui existe même au gabarit Kei-car au Japon sans les extensions d’ailes et la roue de secours). Selon les finitions vous aurez des jantes de 15 pouces soit en tôle, soit en alliage sur la finition pack.

Rustique mais bien équipé :

À l’intérieur, n’attendez cependant pas le standing des finitions d’un Mercedes Classe G. Le Jimny se veut d’abord utile, la sellerie est en tissu, les plastiques sont tous durs, les poignées de maintient vous rappellent que vous avez à faire à un vrai franchiseur. Cependant, l’équipement et le confort restent honorables, climatisation automatique (manuelle sur la version Privilège), sièges chauffants, système d’infos et divertissements connecté. Au chapitre des aides à la conduite, il est également bien fourni avec un régulateur et limiteur de vitesse, aide au maintien dans la voie, freinage d’urgence, lecture des panneaux de vitesses, phares automatiques. Vous ne manquez de rien.

Dans sa version 2 places, l’espace de chargement est de 863 litres avec un plancher plat et une grille de séparation. Un véritable mini-utilitaire tout-terrain. Dans sa défunte version 4 places dont le malus écologique a eu raison, il devient un concurrent des citadines, les places arrières n’offrent pas un grand confort pour les adultes mais sont suffisantes pour des enfants. Une fois celles-ci dépliées, le coffre ressemble à une boîte à gant. À vous de choisir si vous préférez alors emmener des passagers ou votre chargement.

Franchiseur à l’aise en ville :

Avec son gabarit de microcitadine, le Jimny est tout à fait à l’aise en ville. La direction est douce, il n’est pas trop haut et donc passe dans tous les parkings souterrains. Évidemment avec sa garde au sol de plus de 20 centimètres les trottoirs ne lui font pas peur. Mais le véritable intérêt du Jimny n’est pas ici.

Depuis 4 générations, il s’est forgé une véritable réputation de véhicule passe-partout, acquise grâce à son tout petit gabarit qui lui donne une maniabilité sans équivalent, des angles d’attaque de 37 degrés et de fuite de 45 degrés. De plus, il garde toujours un châssis échelle avec des essieux rigides, une vielle solution mais qui offre une grande résistance à la torsion. On a dit rustique! Il est équipé de 4 roues motrices avec une gamme de vitesses longues ou courtes. Le système Allgrip pro et son système anti-patinage lui permettent d’optimiser l’adhérence sur la roue qui en a le plus besoin. Doté ainsi, vous pourrez passer partout, il vous surprendra et des 4×4 parfois bien plus onéreux abandonneront avant lui. C’est simple, il est sans concurrent, aucun autre véhicule de cette taille et à ce prix n’est capable de s’aventurer aussi bien hors des sentiers battus. Le Dacia Duster dans sa version 4×4 est le seul éventuel concurrent en France, mais ce dernier n’a pas les mêmes qualités de franchissement. Hors de l’hexagone, le Jimmy peut se voir concurrencé par l’éternel Lada Niva qui n’est maintenant plus proposé en France en raison du rachat de la marque par Renault qui préfère favoriser chez nous le Duster.

Sur la route, il ne faut pas trop lui en demander. Ces qualités de 4×4 ne lui sont plus un avantage, évidemment, il prend du roulis dans les virages et plonge au freinage. Le petit moteur 1,5l essence à chaîne de distribution réputé fiable est vigoureux avec ses 105 chevaux et 130nm de couple, des données de puissances faibles mais qui lui permettent de bien déplacer son poids plume de 1090 kg. La consommation en cycle mixte se fait autour de 6,5 litres au 100km, à condition de rouler en 2 roues motrices en les sélectionnant par le levier de la boîte de transfert. Le véritable inconfort est sur autoroute, le moteur tourne vite en raison d’une boîte 5 vitesses et sa prise au vent n’offre qu’une vitesse maximale de 145km/h. Pour les memes raisons, la consommation sur voie rapide s’élève aux environs des 9 litres au 100km. Il faut également le tenir et corriger sa trajectoire lorsque le vent souffle. Ce n’est pas son terrain de prédilection mais il s’en accommode si cela reste occasionnel.

Acheter un Jimny :

Vous êtes convaincu par ce micro 4×4 baroudeur au possible ? Vous n’êtes pas seul. Fabriqué en Asie (Japon ou Inde), il est victime de son succès, le délai pour un deux places neuf est à ce jour de plus d’un an, cette version est proposée à partir de 20 490€. En 2019, lors de son lancement les 1500 modèles prévus pour la France ont tous été vendus rapidement ce qui a poussé Suzuki à le retirer temporairement du catalogue. Beaucoup se rabattent sur le marché de l’occasion pour éviter ce délai de livraison mais les vendeurs en profitent généralement pour gonfler les prix. Si vous voulez un 4 places maintenant disponible uniquement sur le marché d’occasion, il vous faut compter environ 30 000€ pour un véhicule ayant entre 0 et 15 000km.

Paul-Emile

Paul-Emile

Passionné d'automobile au sens large, j'ai une préférence pour tout! J'écris en parallèle de mes études de science politique pour le bonheur de partager. Au plaisir sur les routes.

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