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Les véhicules hybrides rechargeables sont-ils vraiment économes ?

Face aux politiques environnementales actuelles instaurant des mesures drastiques sur les véhicules neufs afin de limiter leur pollution, les constructeurs ont choisi de développer les véhicules hybrides rechargeables, avant le passage onirique au tout électrique prévu pour 2035. Le principe est simple, il veut cumuler le meilleur des deux mondes avec un moteur thermique qui serait présent pour les longs trajets, et un moteur électrique qui lui servirait pour les trajets quotidiens avec généralement un minimum de 50km d’autonomie. Sur le papier, cela ne présente que des avantages et permettrait de limiter grandement son impact sur la planète. Néanmoins, une récente étude suisse avance tout le contraire.

Les ONG Transport & Environment et International Council on Clean Transportation sont arrivées à la conclusion que les émissions en CO2 annoncés seraient en réalité plus élevées que ce que veulent les fiches techniques présentées par les constructeurs. Ce genre de pratiques optimistes était déjà existant pour les véhicules thermiques, le problème vient d’ailleurs.

Ces mesures plus élevées en utilisation réelle ont été confirmées par la société Impact Living qui a reçu un ordre d’étude par les autorités du Valais Suisse. « Les résultats quantitatifs montrent que les véhicules hybrides plug-in sont très éloignés de leurs promesses et ne présentent que de très légers avantages par rapport à une voiture thermique conventionnelle ». Selon l’étude, les véhicules hybrides seraient 4 fois plus émetteurs en CO2 que ce que les constructeurs laissent croire. Cela s’explique par les conditions géographiques du Valais, c’est une région montagneuse où les véhicules hybrides rechargeables sont désavantagés en raison de leur poids et de leur motorisation essence qui n’est pas très développé car en théorie elle est appuyée par le moteur électrique. Mais une fois celui-ci vide de tout courant, il est alors un poids mort que le moteur thermique doit traîner jusqu’à destination.

Le sujet prend de l’ampleur en Suisse, en témoigne la déclaration sur la radio nationale RTS de l’un des investigateurs de l’enquête Marc Muller, « une arnaque aux normes CO2, aux objectifs climatiques et aux consommateurs. Les véhicules hybrides sont souvent annoncés par les constructeurs comme des véhicules à 1,5 à 2,5 litres aux 100 kilomètres, mais dans la réalité, ils consomment entre 4 et 7 litres, comme des véhicules Diesel ». Dans ces conditions, il est légitime de se demander où est l’avantage d’un véhicule hybride face à un diesel comme le souligne Marc Muller. Les conséquences de cette enquête ne sont pas légères, en effet le canton du Valais a tout simplement décidé d’arrêter les aides dont bénéficiaient les véhicules hybrides rechargeables puisqu’ils ne seraient pas réellement écologiques.

Les véhicules hybrides rechargeables, une vraie fausse bonne solution ? Il est vrai que dans certaines conditions ces véhicules ne présentent que de faibles avantages surtout lorsqu’ils ne sont pas rechargés. Dans ce cas, ils perdent tout leur intérêt. Cependant, lorsque ceux-ci sont utilisés pour des trajets urbains et des trajets de longue distance, ils sont une véritable alternative aux thermiques à condition de les recharger. On peut tout de même se demander si la solution la plus efficiente ne réside pas dans des véhicules plus légers ? La mode du SUV est une aberration au moment où nos modes de consommations doivent être plus économes. Ces véhicules représentent tout l’inverse de qui devrait être fait pour réduire les consommations, ils sont plus lourds et moins aérodynamiques ce qui augmente en toute logique les consommations et émissions.

 

Paul-Emile

Paul-Emile

Passionné d'automobile au sens large, j'ai une préférence pour tout! J'écris en parallèle de mes études de science politique pour le bonheur de partager. Au plaisir sur les routes et sur mon Instagram.

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