La Sécurité Routière est sans doute un des organes de l’Etat qui réussi le mieux à faire passer sa communication de propagande grâce à la peur de l’accident. Et comme un tué est toujours un tué de trop, tout est bon pour servir ses intérêts qui ne sont que pour la rentabilité des radars. Alors qu’un radar efficace, c’est un radar qui ne flashe pas, le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille à la vue des rentrées d’argent qui faiblissent, tandis que les coûts de tous ces dispositifs de contrôle automatisés explosent.

baisse vitesse route 80 120 k-km-h

Tout problème a une solution : la baisse généralisée des limitations de vitesse. Et comme il est communément admis que plus on diminue sa vitesse, plus les accidents diminuent, qui oserait donc s’opposer à cette mesure pour le bien de tous ?

Des statistiques erronées sur la vitesse

Le principal argument sur lequel se repose la Sécurité Routière, c’est de dire « 1 km/h en moins = 4 % de morts en moins ». Mais sur quoi repose donc cette « loi Nilsson » de 1982 ? Elle est basée sur une étude – ou plutôt une corrélation qui n’a aucune valeur scientifique – des années 70 (oui, vous avez bien lu !) qui analysait les accidents sur les routes suédoises avant et après les changements de limitation en adaptant la formule de l’énergie cinétique. Depuis quand la Sécurité Routière est-elle une science ? Et comment plus de 40 ans après ces chiffres pourraient-ils demeurer justes sans aucune démonstration ?

Quelques réflexions suffisent à mettre à mal ce raisonnement proclamé comme dogme par l’ensemble des médias se contentant de relayer les communiqués de presse de la SR !
Il suffit de prendre cet exemple très simple permettant de mettre en exergue cette escroquerie intellectuelle :

« 1 km/h en moins = 4 % de morts en moins » = « 25 km/h en moins = 100 % de morts en moins sur les routes » donc 0 mort ?! Et au-delà de 25 km/h en moins ?

Après cet exemple théorique, il suffit de consulter les chiffres en provenance de la Sécurité Routière elle-même pour se rendre compte que cette loi n’a aucune valeur :

Prenons le nombre de décès :

AnnéeNombre de décèsEvolution
19989 019– 14 %
20027 742

Evolution du nombre de décès sur les routes françaises entre 1998 et 2002 (source : Sécurité Routière)

Avec la loi Nilsson, cette régression de 14 % du nombre d’accidents mortels équivaudrait donc à une baisse de la vitesse moyenne de 4 km/h. Et pourtant, la vitesse moyenne sur cette période a même augmenté !

AnnéeAutorouteRoute nationaleVille
199812211151
2002126 (+ 4 km/h)115 (+ 4 km/h)52 (+ 1 km/h)

Evolution de la vitesse moyenne sur les routes françaises entre 1998 et 2002 (source : Sécurité Routière)

Et ce n’est pas tout ! Il y a encore quelques jours, M. Valls indiquait une nouvelle fois et sans aucune honte devant son mensonge, que la vitesse est la première cause de mortalité. Doit-on lui rappeler que la somnolence est la première cause et l’alcool la seconde ?

Le rapport de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes montre bien d’autres problèmes sur ce réseau où l’on y roule plus vite qu’autre part :

1 accident sur 3 dû à l'endormissement alors que des tests ont révélé que rouler à vitesse plus élevée est bénéfique. Nos voitures ne sont plus les mêmes qu'autrefois

1 accident sur 3 dû à l’endormissement alors que des tests ont révélé que rouler à vitesse plus élevée est bénéfique. Nos voitures ne sont plus les mêmes qu’autrefois

Depuis plus de dix ans le peu efforts réalisés pour combattre l’alcool au volant n’a rien fait changer. Et pire, depuis quatre ans ce « taux d’implication alcool » progresse comme en témoigne le bilan provisoire 2012 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière :

L'automobiliste "picole" avant de conduire (source : Sécurité Routière)

L’automobiliste « picole » avant de conduire (source : Sécurité Routière)

L’usage de stupéfiants ne connait pas la crise… :

Toujours plus de drogues dans nos voitures ! (source : Sécurité Routière)

Toujours plus de drogues dans nos voitures ! (source : Sécurité Routière)

Le constat est sans appel… et la supercherie est énorme face aux Français !

Des pays étrangers prennent à contre-pied les mesures françaises !

Les gouvernements qui se succèdent en France aiment bien citer les pays étrangers en exemple… quand cela les arrange. En effet, les hausses de limitations de vitesse en-dehors de l’hexagone ne manquent pas avec notamment l’Espagne, le Royaume-Uni ou encore le Texas aux Etats-Unis sans parler de l’Allemagne qui laisse la vitesse libre sur certaines portions d’autoroute. Cet article intitulé « La vitesse ne tue pas » permet de comprendre bien des choses.

Tous ces pays ont constaté une baisse du niveau d’accidents après l’augmentation de la vitesse légale tout en apportant un bénéficie à leur économie. La France, pays du radar, fait-elle exception ?

Une baisse des limitations de vitesse à tout prix, mais pourquoi ?

Le Conseil national de la sécurité routière a indiqué être favorable à la mise en place des 120 km/h sur autoroute, de 80 km/h sur nationale, de 70 km/h sur périphérique et de 30 km/h en ville. Mais alors pourquoi tant de volonté à faire ralentir les conducteurs ?

Les radars ne rapporteraient-ils plus assez (5 à 600 millions d’euros par an) ? Ce serait un moyen de dresser plus de PV ? Cherchons-nous à rendre complètement amorphes les automobilistes ? A faire la fortune des entreprises faisant le commerce de panneaux en remplaçant toutes les limites en vigueurs pour un coût astronomique après avoir joué avec les panneaux de radar et les radars pédagogiques ?

La première chose à faire avant de baisser les limitations, ne serait-il pas de les rendre respectables par les usagers ? Et en baissant les vitesses légales aujourd’hui, la suite logique serait d’en faire de même demain pour une nouvelle fois diminuer le nombre de décès ? Une voie sans issue ou bien faudrait-il se pencher sur les véritables problèmes et accepter que prendre son auto est de toutes façons plus dangereux que de se promener à pied, mais n’a-t-elle pas apporté aux hommes une extraordinaire liberté et rapidité de déplacement ?