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Road trip : la Route des Grandes Alpes du nord au sud

Que diriez-vous d’une route où les dos-d’âne sont remplacés par des montagnes et les ronds-points par des routes de cols avec des lacets s’enchaînant pendant des kilomètres ? Un rêve n’est ce pas ? Figurez-vous que cette route existe et elle se trouve en France. Il s’agit de la Route des Grandes Alpes qui relie Thonon-Les-Bains à Menton en passant par les plus beaux, les plus hauts et les plus mythiques des cols alpins. Un tracé de 720 km exceptionnel que j’ai effectué pour vous (mais aussi pour moi) en 4 étapes pour vous rapporter le meilleur du trajet. Cols, anecdotes, histoires, astuces et visites voici ce qu’il est important de voir lors de votre traversée de la Route des Grandes Alpes.

Un peu d’histoire

Si cette route est aujourd’hui principalement touristique lors de l’été. Ce ne fut pas toujours le cas. Elle avait comme principale vocation lors de sa création au début du XXème siècle d’offrir des liaisons entre des vallées alpines encore recluses mais aussi une fonction de défense de la frontière avec nos voisins italiens. En effet, à cette époque les Transalpins étaient proches de l’empire Austro-Hongrois qui représentait une menace pour la France. Il fallut donc se protéger des Italiens, une route surveillant alors les principaux cols alpins était un outil indispensable pour les Français, ce qui explique également le nombre de défenses, forts et villes fortes que vous allez rencontrer en route.

Toutefois le tracé actuel n’est pas celui initialement prévu. Le col de l’Iséran reliant la Tarentaise à la Maurienne est inauguré seulement en 1937 et le Cormet de Roselend reliant Bourg d’Oisans à Bourg Saint Maurice n’est aménagé qu’en 1970 et substitue à l’abandon de l’aménagement du col du Bonhomme en 1934.

Après guerre, la route perd de sa superbe et de sa renommée en raison de la concurrence du chemin de fer Français. De moins en moins de voyageurs la traverse en autocar et la nouvelle route des Alpes (rejoignant le tracé de la route Napoleon) plus à l’ouest la concurrence. Ce n’est que depuis les années 70 que la route trouve son existence actuelle en devenant un tracé touristique très fréquenté notamment par les cyclistes, motards et automobilistes en quête de dénivelé et paysages grandioses.

Étape 1 : Thonon-les-Bains – Beaufort

La Route des Grandes Alpes est le plus souvent traversée du nord au sud. C’est le sens de circulation que j’ai choisi de privilégier afin de faire quelques brasses dans le lac Leman (ou Lac de Geneve pour nos amis Suisses) en guise de symbole du début du roadtrip. Un roadtrip qui se terminera aussi par une nage mais dans la Méditerranée.

À Thonon-les-Bains, je vous conseille de vous arrêter pour admirer le lac Leman qui vous offre une vue sur le Jura Suisse. Thonon est aussi le lieu où vous pouvez trouver la borne du kilomètre 0 de la Route des Grandes Alpes qui est incrusté dans le parvis de l’hôtel de ville.

Route des Grandes Alpes

De plus, je recommande de faire le plein de carburants avant de s’engager sur la route alpine. Thonon-les-Bains vous propose alors plusieurs stations-service à des prix raisonnables. Cela vous permet de partir sereinement sur le tracé sans être obligé de vous arrêter dans une station-service pratiquant des prix élevés.

Cette première étape vous mène jusqu’au Beaufortain en passant par des stations de ski fréquenté hiver comme été. Vous passerez alors par les Gets qui est aussi le premier col de la journée et de la route. Il culmine à 1163 mètres d’altitude mais ce ne sera pas votre préféré. La route est très fréquentée et elle remonte une vallée roulante sans trop de lacets. Toutefois, sur ce premier tronçon vous pouvez vous arrêter visiter les Gorges du Pont du Diable sur la commune de Vernaz. C’est alors un impressionnant canyon profond de 60 mètres taillé par le Dranse de Morzine.

Une fois le col des Gets franchi, vous descendrez vers Cluses, la commune de Haute-Savoie est a traversée pour attaquer le col de la Colombiere. En route, vous pourrez vous arrêter au Reposoir qui abrite la Chartreuse du Reposoir. L’édifice religieux est niché dans un écrin à l’ombre de la Pointe Percée culminant à 2752 mètres. Vous pourrez y faire une pause dans un calme monacal en admirant l’édifice construit en 1151. La visite est gratuite et ne vous fait pas faire de détour.

Route des Grandes Alpes Le Reposoir

Une fois le Carmel du Reposoir laissé derrière vous vous attaquerez la deuxième partie du col de la Colombiere. Si la première partie serpente dans la forêt, la deuxième moitié est plus dégagée vous offrant un dernier point de vue sur le Carmel du Reposoir et sur la chaîne des Aravis. 4 épingles vous permettront d’atteindre le col de la Colombiere qui culmine à 1613 mètres. Les derniers kilomètres vous demanderont de solliciter un peu plus votre mécanique avec des pourcentages à près de 10%. Une pente raide qui s’effectue à flanc de falaise. Le col de la Colombiere est alors le premier passage saisissant de la Route des Grandes Alpes.

Honda S2000 col de la colombiere
Honda S2000 col de la colombiere
Honda S2000 col de la colombiere

Sur le versant sud vous descendrez au Grand-Bornand, le village station vous propose alors de nombreux commerces de produits locaux. Un arrêt peut y être conseillé si vous êtes amateur de charcuterie et de fromage alpins.

Une fois arrivé à Saint-Jean de Sixt, il sera temps pour vous de vous lancer à l’assaut du col de Aravis. La montée est plutôt rectiligne offrant des possibilités de dépasser les nombreux camping-cars que vous rencontrez en route. À La Clusaz, la traversée peut être ralentie par une forte fréquentation de la station en été. Le passage du col des Aravis se fait à une altitude de 1487 mètres et vous offre alors votre premier point de vue sur le Mont-Blanc. La descente est beaucoup plus sinueuse vous obligeant à rester derrière un véhicule plus lent.

Honda S2000

Le dernier col de la journée s’offre maintenant à vous après le passage à Flumet. Le col des Saisies n’est pas non plus une portion véritablement sinueuse mais la route offre de joli point de vue. Une fois le sommet franchi à 1650 mètres, il sera temps pour vous de descendre vers Beaufort. Pourquoi ne pas faire un crochet par Hauteluce pour découvrir son église Saint Jacques d’Assyrie avec sa façade en trompe-l’œil représentant un temple Grecque et son clocher où la faucheuse tient une horloge pour nous rappeler que nous sommes tous mortels. Une visite rapide et atypique pour clôturer votre journée avant de rejoindre votre hébergement à Beaufort.

Route des Grandes Alpes Hauteluce

Je ne saurais vous conseiller un hébergement en particulier à Beaufort. Personnellement, j’ai choisi l’option tente de camping dans le coffre de ma Honda S2000. Cela m’a permis de passer la nuit au camping des Alpages des Jorets qui propose une vue exceptionnelle sur le Mont-Blanc depuis la tente. Attention, si ce camping est séduisant par son emplacement, ce dernier se mérite car il faut descendre un chemin non goudronné empruntant des portions de piste de ski. Si vous avez un véhicule sportif mieux vaut oublier de descendre à ce camping en voiture. Toutefois, il reste très accessible à pied ou avec un véhicule conventionnel.

C’est une première étape aux paysages de cartes postales qui s’offre à vous. Vous pourrez apprécier de nombreux alpages, des pâturages verts et une vue imprenable sur le Mont-Blanc.

Étape 2 : Beaufort – Briancon

Je n’avais que peu de jours de disponibles pour effectuer la route des Grandes Alpes. C’est ce qui m’a poussé à faire de grandes étapes dont celle-ci qui passe par les cols les plus hauts du trajet.

Vous quitterez alors Beaufort et le Beaufortain par le Cormet de Roselend en suivant quelques kilomètres le lac de Roselend. Ce seront alors une vingtaine de kilomètres d’ascension faits principalement d’épingles. Si vous avez beau temps, nous vous conseillons de trouver une place sur le bord de la route pour admirer le lac de Roselend et ses hauts turquoises. Un lac provoqué par le barrage qui a englouti le hameau de Roselend. C’est alors le 4 ème barrage le plus haut de France. Une fois ce point de vue passé vous pouvez attaquer la deuxième partie du col avec une pente raide à 8% avant d’arriver sur un final moins pentu qui traverse les pâturages et passe devant des refuges.

Honda S2000 lac de Roselend
Honda S2000 Lac de Roselend

Le Cormet de Roselend est alors un col qui vous fera tutoyer une première fois les 2000 mètres d’altitude car ce dernier culmine à 1968 mètres. Il sera alors temps de descendre à Bourg-Saint-Maurice. Si la route est large et sinueuse dans sa partie haute. La partie basse est beaucoup moins large et compte de nombreuses épingles. Une partie qui vous donnera des sueurs froides si vous devez croiser un poids lourd ou même un camping-car. Un conseil arrêtez-vous et laisser monter la voiture en aval qui est prioritaire.

Honda S2000

Une fois à Bourg-Saint-Maurice nous vous conseillons de remettre du carburant dans votre véhicule car vous en trouverez à un tarif raisonnable. Le prochain col est particulièrement long et mettra à rude épreuve votre véhicule. Mieux vaut l’affronter sans se retrouver proche de la réserve.

C’est donc le col de l’Iseran qui se dresse sur votre route. Ce géant culmine à 2764m ce qui en fait le plus haut col routier d’Europe. Et quand je dis que c’est une route qui met votre véhicule à rude épreuve, je pense bien évidemment à l’altitude et au manque d’oxygène qui prive votre véhicule de ses performances. De mon côté, une fois Val d’Isère franchi j’avais plus l’impression d’avoir une Mazda MX-5 qu’une Honda S2000 en raison de la perte de puissance. Je pense également à la longueur de l’ascension car c’est presque 50km de montée irrégulière alternant des pentes à 8% ou des replats. L’ascension se découpe en 3 principales parties, la première entre Bourg-Saint-Maurice et le barrage du Lac du Chevril, la seconde entre le lac du Chevril et Val d’Isère et enfin la troisième entre Val d’Isère et le sommet du Col de l’Iseran.

Col de l'Iseran

C’est alors une première partie qui vous fera traverser les villages de Seez ou encore de Sainte-Foy Tarentaise mais surtout vous longerez la vallée de l’Isère sur une route faiblement sinueuse mais ayant tout de même quelques épingles. À la fin de cette première partie se laisse admirer le barrage du Lac du Chevril aussi appelé barrage de Tignes. Ce dernier fut le plus haut barrage à voûte d’Europe au moment de sa construction et il reste toujours le plus haut de France avec 181 mètres de hauteur. De quoi vous donner le vertige. Ce barrage a créé le lac du Chervil qui a englouti en 1952 le vieux Tignes qui depuis a été reconstruit plus haut et a donné naissance au domaine skiable de Tignes. Profitez bien de la vue qu’offre la route sur le barrage de Tignes et sur le Lac du Chervil car les points de vue sont certes nombreux mais il est difficile de s’arrêter car la route est très fréquentée.

La deuxième partie entre le barrage et Val d’Isère passe sous de nombreux pare-avalanches et tunnels taillés dans la roche de la montagne. Cette partie de l’ascension ne présente presque aucun dénivelé mais il convient de faire attention à plusieurs points. Dans certains tunnels le bitume de la route est dégradé perturbant alors les conditions d’adhérence, mieux vaut alors ne pas y rentrer trop vite. De plus, la route peut par instants être humide, là encore c’est un élément surprenant qui peut vite vous faire une frayeur si vous abordez cette montée trop rapidement. Enfin, n’oubliez pas que le col est fréquenté de nombreux cyclistes qui empruntent eux aussi les tunnels. Faites attention à eux, d’autant plus que l’éclairage moyen des tunnels peut cacher le cycliste. Cette deuxième partie du col vous mène à Val d’Isère, ce village savoyard est mondialement connu pour son domaine skiable réputé. C’est tout naturellement que le tourisme et les commerces sont développés dans la commune de 1850 mètres d’altitude. Vous y trouverez des magasins permettant de vous faire plaisir avec des joailliers, des horlogers, des couturiers mais aussi des établissements haut de gamme.

Au départ de Val d’Isère, il vous reste à traverser le hameau du Fornet et un dernier pont au-dessus de l’Isère avant d’attaquer la dernière partie du col de l’Iseran qui vous mènera de 2000 à 2764 mètres. C’est alors une route aux nombreux virages qui s’offre à vous. Tantôt vous passerez proche d’une remontée mécanique tantôt vous roulerez sur ce qui est en hiver une piste de ski. C’est aussi le moment où vous allez devoir cravacher votre voiture pour monter à bon rythme car comme évoqué plus tôt votre moteur développe moins de puissance à cette altitude. Une fois au sommet vous pourrez vous arrêter sur le parking aménagé afin de profiter de l’atmosphère particulière qui règne en haut du col le plus haut d’Europe. Vous aurez une vue sur le glacier de la Grande Motte de Tignes à plus de 3600 mètres et celui du Pisaillas de Val d’Isère à 3140 mètres. Les deux proposent la particularité de pouvoir skier en été. Toutefois, lors de cette année 2022 pas de saison de ski d’été en raison de cette forte canicule. Au sommet, prévoyez de quoi vous couvrir car l’Iseran est souvent balayé par le vent et à cette altitude l’air est bien plus frais.

Honda S2000 Col de l'Iseran
Honda S2000

Du côté sud du col de l’Iseran, vous plongez dans une descente très pentue jusqu’au village de Bonneval sur Arc. Classée parmi les plus beaux villages de France, la commune du fond de la vallée de la Maurienne offre une architecture atypique avec des maisons faites en pierre et des toits recouverts de lauze. Le village n’a pratiquement pas bougé depuis le XIXème siècle. La visite est gratuite et il est très facile de se stationner à proximité.

Après votre visite vous partirez pour 60 km de vallée en descente jusqu’à Saint-Michel de Maurienne. Ce n’est clairement pas la partie de route la plus intéressante de la journée. Une fois à Saint-Michel de Maurienne vous allez attaquer l’autre morceau de la journée, le col du Galibier par son versant nord. Toutefois, avant d’atteindre le Galibier vous devez gravir le col du Telegraphe qui présente de nombreux lacets. À son sommet à 1566 mètres vous descendrez un peu jusqu’à la station de ski de Valloire avant de remonter pour plus de 1000 mètres de dénivelé au sommet du col du Galibier. Ce col mythique du Tour de France présente un aspect désertique sur sa partie nord. De plus, lors de mon passage j’ai eu des conditions orageuses qui ont donné un aspect très menaçant à la montagne sombre qui entourent la route du col. En arrivant au sommet vous aurez deux choix. Soit couper par le tunnel à plus de 2500 mètres d’altitude soit passer par le dernier kilomètre qui est une petite route qui atteint le sommet du col à 2642 mètres d’altitude. Vous avez alors un panorama saisissant qui vous entoure, vous laissez derrière vous les Alpes du nord et s’offre à vous le massif des Ecrins, vous pouvez même admirer la Barre des Ecrins qui culmine à 4102 mètres.

Col du Galibier
Honda S2000 Col du Galibier
Honda S2000 col du Galibier

Il vous reste maintenant quelques kilomètres de descente vers le col du Lautaret, route essentielle des Alpes qui relie Briançon à Grenoble par un passage à plus de 2000 mètres d’altitude, un col ouvert toute l’année. Lors de la descente vous pourrez même apercevoir des marmottes si vous êtes chanceux.

Le reste du trajet est une descente dans la vallée du domaine skiable de Serre Chevalier et qui vous mène jusqu’à Briançon une ville fortifiée par le père du Génie militaire Vauban. Vous trouverez donc le fort des Salettes et le fort des Trois Têtes qui témoignent d’un passé tumultueux avec le duché de Savoie.

À Briançon, vous trouverez tous les commerces qu’il vous faut pour dormir, vous restaurer, faire votre plein de carburant etc.

Ainsi, lors de cette deuxième étape vous allez traverser des paysages à couper le souffle, désertique, où l’oxygène se raréfie. Une étape vraiment dépaysante.

Étape 3 : Briançon – Barcelonnette

C’est maintenant le troisième jour de route sur la Route des Grandes Alpes et vous allez poser vos roues dans les cols des Alpes du sud. À la sortie de Briançon, vous devez suivre la direction de Cervières et du col d’Izoard. La première partie de ce col remonte une vallée alpine jusqu’au petit village de Cervieres. La pente devient ensuite plus abrupte et la route beaucoup plus sinueuse. C’est l’un des cols où j’ai pris le plus de plaisir avec une route très bien revêtue, suffisamment large et des lacets plaisant à enrouler. Avant d’arriver au sommet, vous passerez devant le refuge Napoleon. Celui-ci résulte d’un lègue fait par Napoleon 1er depuis son exil de Saint-Hélène pour aider aux passages de certains cols dangereux des Alpes. Ce lègue est resté en suspens lors de la Restauration et de la Monarchie de Juillet mais fut enfin accepté en 1854 permettant ainsi d’établir les refuges. Ce refuge Napoleon du col de l’Izoard vous accueille été comme hiver pour un repas convivial au très bon rapport qualité prix. C’est l’occasion de manger dans un lieu historique et dans un cadre magnifique sur la face nord du col d’Izoard.

Honda S2000 refuge Napoléon col d'Izoard

Le passage du col se fait légèrement plus haut que le refuge à 2360 mètres d’altitude. En vous engageant vers la face sud vous Allez traverser des paysages désertiques et rocailleux qui donnent son nom à ce lieu-dit « la case déserte« . La descente côté sud se fait aussi par de nombreux lacets avant d’arriver sur la station village d’Arvieux dans le massif du Queyras.

Honda S2000 case deserte Izoard
Honda S2000 ase deserte Izoard

En bas du col vous devrez normalement prendre la direction de Guillestre mais j’ai préféré prendre la direction du village de Saint-Veran. Cette commune nichée dans le massif du Queyras au cœur des Hautes-Alpes est la plus haute d’Europe avec une altitude de 2040 mètres. Le parking vous coûtera 3€ pour une voiture et 6€ pour un camping-car en comprenant l’eau et la vidange. Il vous faudra aussi marcher quelque peu car la circulation est interdite dans le village pour préserver son âme. C’est alors un village fait de chalets en bois et de maisons en pierre typiques. Le cadre est plaisant, la commune calme et vous pourrez en apprendre plus sur le patrimoine de la commune grâce à des panneaux explicatif lors de votre visite. Un détour à faire lors de cette troisième étape.

village de saint véran en été , dans les hautes alpes , france

Une fois la visite faite, il vous reste à redescendre sur la vallée du Guil et d’emprunter les gorges du Guil jusqu’à Guillestre. C’est alors une route qui serpente dans les gorges et qui vous fait passer dans quelques tunnels taillés dans la montagne. En descendant vers la commune de Guillestre vous avez un point de vue sur le Mont Dauphin qui est aussi une fortification du Génie militaire de Vauban.

Enfin, il est temps de prendre la direction de Vars pour gravir le Col de Vars à 2108 mètres. Une montée où vous enjamberez de nombreux torrents de montagne. Et vous retrouverez un autre refuge Napoleon en face d’un petit lac d’altitude. L’approche du sommet se fait par une pente douce en plein cœur des pâturages de moutons et de bovins. De son côté sud la descente se fait sur une pente très raide et proche d’un vide vertigineux jusqu’au village de Saint-Paul Sur Ubaye qui marque l’entrée dans la vallée de l’Ubaye. Lors de cette journée je n’ai pas continué jusqu’à Barcelonnette car j’étais encore incertain sur le choix de la fin du trajet. Le village de Jausiers était alors un point clé idéal pour poser la tente et aviser au matin de la dernière étape.

Honda S2000 col de vars

Bien que cette journée soit la plus courte, elle est riche en visites. Le Queyras est un massif alpin qui reste sauvage et à la végétation plus aride. Vous serez déjà saisis de voir une telle différence entre les végétations de votre première étape et celle de votre troisième étape.

Étape 4 : Barcelonnette – Menton

Si j’ai fait le choix de m’arrêter pour la nuit dans le village de Jausiers c’est pour être au plus proche du départ du col de la Bonnette. Si le trajet historique passe par le col de la Cayole, les Gorges du Cian la station de Valberg avant de rejoindre le col de Saint-Martin. Connaissant déjà cette partie du Mercantour, j’ai préféré partir à l’assaut du col de la Bonnette et de sa cime à 2802 mètres d’altitude qui est donc le point culminant de mon trajet.

Les deux itinéraires sont intéressants, les paysages sont grandioses dans les deux cas mais si vous préférez l’histoire, il vous faut privilégier le passage par le col de la Bonnette. Ce sont 24 kilomètres de montée qui vont vous hisser à 2800 mètres. La forêt est peu dense et la route serpente tout le long de ce col. Plus vous montez en altitude, plus vous vous retrouvez dans un paysage désertique. Les arbres sont peu à peu remplacés par des bâtiments militaires qui témoignent de l’usage premier du lieu. Le col de la Bonnette-Restefond est un véritable lieu de défense militaire contre l’Italie datant du début du siècle dernier. En arrivant au sommet du col vous aurez le choix de faire le tour de la cime. C’est sur cette route qui présente une rampe à plus de 13% que vous atteindrez la plus haute route d’Europe. À son sommet, une stèle vous permet de vous imprégner de l’histoire du lieu tandis qu’une table d’orientation est disposée au sommet de la montagne à 5 minutes de marche depuis le haut de la route. Encore une fois nous vous conseillons de vous munir d’un pull en sortant du véhicule car l’air est frais à cette altitude.

Honda S2000 Cime de la Bonnette
Cime de la Bonnette
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Honda S2000 Cime de la Bonnette

Lorsque vous aurez terminé d’admirer le paysage vous pourrez vous engager dans la descente, longue descente vers le pied du col de Saint-Martin. Vous découvrirez le camp militaire des Fourches. Véritable musée à ciel ouvert de la surveillance et de la défense par les militaires du col qui sera même intégré dans la ligne Maginot. Un camp restauré qui garde une âme particulière. Vous pourrez également contempler des troupeaux de moutons comptant des milliers de têtes.

Honda S2000 camp des fourches
Honda S2000 camp des fourches

La vallée de la Tinée s’offre alors à vous pendant de nombreux kilomètres ou vous traverserez les villages d’Auron ou d’Isola. Après un ancien poste de défense militaire vous bifurquerez pour entamer le col de Saint-Martin en direction de la station de ski de la Colmiane à 1500 mètres. Une montée qui se fait à flanc de montagne qui ne manque pas d’impressionner. La montée est très sinueuse et les routes de moins en moins fréquentées permettent de se faire un peu plus plaisir derrière son volant. Sans dépasser forcément les limitations de vitesses ces routes offrent des sensations. Une fois le col franchi vous descendrez vers la vallée de la Vésubie. Une vallée tristement célèbre pour les inondations qui ont ravagé le village de Saint-Martin de Vésubie. Impressionnant…

Honda S2000 Col de Saint-Martin

Enfin se dresse sur la fin de cette route le dernier col véritablement alpin. Et quelle route puisqu’il s’agit ni plus ni moins que le mythique col du Turini qui est la spéciale emblématique du rallye de Monte-Carlo. Vous pourrez vous imprégner du lieu et de son histoire. La Route des Grandes Alpes vous fait donc monter le col par la Bollene-Vésubie et descendre par Sospel. La route des deux côtés est peu large et est extrêmement sinueuse. On ne compte même plus le nombre d’épinglés très serrés que contient le col du Turini qui culmine à 1607 mètres. En descendant vers Sospel vous aurez la surprise de découvrir la Chapelle de Notre-Dame de la Ménour qui veille sur la route. On y accède par un pont piéton qui enjambe la route du col. Un édifice qui ne manque pas de donné un air de Grande Muraille de Chine au lieu.

Chapelle Notre Dame de la Ménour
col du turini large

Enfin la descente vers Menton se fait par le col de Castillon qui offre un belvédère sur la mer Méditerranée qui vient clôturer ce roadtrip incroyable. 

À Menton, vous trouverez la deuxième stèle kilomètre 0 de la Route des Grandes Alpes. Un symbole qui vient achever le voyage.

Kilometre 0 Route des Grandes Alpes

Enfin depuis 2012, la route vous emmène jusqu’à Nice en passant par le col d’Eze. Un magnifique col qui offre une route sur la corniche au-dessus de la Méditerranée. C’est alors 720 km de route et 17 cols que la Route de Grandes Alpes propose. Un roadtrip aux paysages très variés montrant la diversité du massif des Alpes. Un voyage qui fascine et qui permet de comprendre la fascination de l’homme pour les Alpes depuis des centaines d’années.

Honda S2000 Col d'Eze

Quand faire la Route des Grandes Alpes ?

La Route des Grandes Alpes n’est pas accessible toute l’année en raison de la fermeture des cols en hiver. La réouverture tardive des cols les plus hauts oblige aux aventuriers cyclistes, motards ou automobilistes à attendre le mois de juin pour s’y attaquer et ne pas s’y lancer après septembre. Enfin, faites attention au mois de juillet car le Tour de France peut bloquer votre progression sur la route en raison du passage de la course dans les cols.

Paul-Emile

Paul-Emile

Passionné d'automobile au sens large, j'ai une préférence pour tout! J'écris en parallèle de mes études de science politique pour le bonheur de partager. Au plaisir sur les routes et sur mon Instagram.

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