Essais

Prise en main Hyundai i30 N : enthousiasmante

Nous avions écrit à son sujet en mai 2016, spottée en testing sur le Nurb. Elle est finalement arrivée en concession, la première sportive de série signée Hyundai : l’i30 N. Née dans un contexte hyper concurrentiel, la petite coréenne s’arme de forts arguments pour venir chatouiller les poids lourds de la catégorie. A commencer par un nom : celui d’Albert Biermann, ex-BMW M, aux commandes de la conception de la nouvelle berline sportive. Une vision germanique de l’automobile sportive rejoint l’ADN Hyundai pour nous donner un produit fini qui vise selon leurs propres termes à exacerber les sensations. Voilà qui promet ! Le tout avec un excellent niveau d’équipement et à un tarif placé, bien que le malus important la donne à un prix clé en main dans la moyenne de ses grandes rivales.

J’ai naturellement décidé de rendre visite à mon concessionnaire d’Orléans pour mettre la main sur la première bombinette Hyundai.

Un look réussi

J’avoue que lors de son dévoilement officiel, elle m’a tapé dans l’œil. Sa robe bleue pâle tapait dans l’original, le contraste avec les éléments rouges donnait dans la sportivité, et ses jantes de 19 pouces apportaient enfin une véritable personnalité à cette auto. Oublié le côté fade des versions classiques, l’i30 N devenait au contraire l’une des plus désirables compactes sportives à mes yeux. Dans le mille.

La version N apporte à l’i30 un charisme indéniable

Celle que j’ai eu le plaisir de découvrir troquait la peinture Performance Blue pour un blanc disponible de série. L’effet de contraste entre la pureté du blanc et le rouge des lames avant, arrière, et des étriers de freins, fonctionne également à merveille. Toutefois, on fait un petit pas vers la banalité comparé à une teinte de carrosserie bleue ou rouge (en option à 200€). Toujours est-il que le regard acéré de l’auto fait son effet, ainsi que cette jolie calandre badgée N. A l’arrière, la double sortie d’échappement souligne la sportivité du modèle, donnant le change au béquet et aux bas de caisse noirs.

Un intérieur sobre mais soigné

L’i30 s’est clairement européanisée dans sa dernière génération. Cela se ressent bien à l’intérieur de cette version N, qui toutefois se distingue peu des versions classiques. La sellerie cuir-alcantara de série présente bien, assure un bon maintien et une belle amplitude de réglages, associée à ceux du volant, pour une position de conduite idéale. Pour ma part qui suis plutôt grand, je me suis retrouvé à l’aise dans une position assez haute, ce qui m’a d’abord surpris en comparaison des autres sportives que j’ai conduites et possédées. Toutefois, la sensation est finalement la même qu’à bord d’une certaine 308 GTi, rivale à la philosophie voisine.

On trouve aisément sa position de conduite grâce aux réglages du volant et électriques (à mémoire) des sièges

Les sièges cuir-alcantara manquent d’originalité mais affichent une bonne qualité

L’ergonomie des commandes est excellente, même s’il faut un temps d’adaptation pour localiser l’ensemble des boutons utiles et moins utiles. Pour ce qui est essentiel, l’écran tactile est bien placé, les commandes de climatisation tombent sous la main et les commandes au volant (téléphone, régulateur de vitesse et modes de conduite) sont instinctives. Hors écran, pas de tactile, ce qui à mon goût est un bon point en comparaison par exemple avec les commandes certes flatteuses, mais salissantes et moins naturelles, d’une Mégane 4.

La finition générale est bonne, notamment au niveau du volant et de la console centrale. Les assemblages sont très bons, et les matériaux utilisés sont globalement de bonne facture. Les plastiques moussés du tableau de bord respirent la qualité, tout comme la partie centrale d’inspiration germanique, de l’écran aux commandes de climatisation. Seules les parties basses paraissent moins soignées, avec notamment des plastiques durs dans les contre-portes dont je doute de la longévité en cas de maladresses.

La connectivité est simple et efficace : la navigation via l’écran tactile est ergonomique et facile, le Bluetooth est disponible de série, et sous la console centrale se logent un port USB et un auxiliaire. La voiture dispose en sus d’un dock de chargement sans fil pour votre smartphone, sous tenté que celui-ci soit compatible.

Le N mode vous permet de suivre de nombreuses données de performances telles que le chronométrage, la puissance et le couple délivrés au fil du temps ou encore les forces G : ludique !

On peut reprocher à cette i30 N de présenter un intérieur trop sobre et peu coloré. Et oui, même si les seuils de porte aluminium à l’effigie N sont jolis, il manque un effet « wow » lorsque l’on s’installe à bord. Même les sièges paraissent simplets comparés à la concurrence. Néanmoins, j’ai trouvé l’ensemble convaincant en ergonomie et qualité.

Il est temps de démarrer le félin dans un feulement… et de prendre la route.

De l’importance des modes de conduite…

L’i30 N se veut polyvalente dans l’esprit. Le confort et la sécurité au quotidien, et la sportivité à la demande. A travers ses différents modes de conduite, elle répond parfaitement à ces deux attentes particulières. En mode confort et éco, l’auto est empreinte de douceur et simplicité. Discrète et silencieuse pour le quotidien, on apprécie la souplesse du moteur et sa réactivité en cas de besoin ; la boîte est bien étagée pour coller à une conduite coulée et économique. La direction à assistance électrique n’est pas la plus précise en mode confort, mais elle donne une bonne sensation de maniabilité. Le confort est tout à fait correct, mais les secousses les plus sèches de nos quotidiens en ville peuvent rappeler à l’ordre : l’i30 N reste une sportive ! Heureusement, les sièges offrent une bonne assise et un bon renfort pour compenser la rigidité de l’ensemble.

Lorsque l’on active les modes les plus sportifs en revanche, notre petit bolide se fâche. En effet, les modes sport, custom (entièrement paramétrable) et N vont directement modifier la personnalité de l’auto en agissant sur la pédale d’accélérateur, les suspensions, le différentiel et l’échappement. Hyundai nous ont même concocté un système appelé Rev Matching qui simule le talon pointe avec des relances de gaz au rétrogradage. Je n’avais jamais eu l’occasion de tester ça sur une boîte mécanique !

Sous son capot, l’i30 N cache un 2.0 T-GDi développant 275 chevaux

C’est alors que l’i30 N révèle son potentiel de sportive. La direction s’affermit nettement, devenant par la même occasion plus précise et informative. Un régal pour d’instinct placer le train avant incisif et accrocheur de la petite N. Le moteur jouit d’une belle linéarité pour un bloc turbo, et ne demande qu’à aller chercher sa zone rouge qui se situe toute proche des 7000 tours/minute. Il aime être cravaché, et en plus, il chante agréablement bien ! D’aucuns savent qu’il est difficile de me convaincre avec un 4 cylindres turbo pour ce qui est du son, et bien cette petite bombinette a réussi à m’enthousiasmer sur le sujet. Les crépitements à l’échappement sont très présents dans l’habitacle, même lorsque le 2.0 délivre un volume sonore important. La commande de boîte est littéralement parfaite, avec un pommeau qui tombe dans la main, une course brève et précise et des verrouillages fermes. Le freinage est mordant, et pourtant je n’ai pas mis pied en fond de pédale ; les relances automatiques à la baisse des rapports sont amusantes, même si j’aurais aimé me frotter au talon-pointe moi-même ; le châssis est très sain pour placer l’auto en courbe, celle-ci se remettant sur un rail à la réaccélération à fond. Lors de ma prise en main, les températures étaient négatives, et le premier virage que j’ai franchi à allure soutenue était partiellement verglacé : d’une petite glissade, je suis passé à un franc sous-virage à l’accélération, mais l’auto s’est replacée de manière très obéissante au lâcher de gaz et à l’ajustement volant. Preuve d’un comportement sain et sécurisant, même en mode N. Pour la courte séquence sportive que j’ai infligée à la coréenne, celle-ci m’a conquis et je ne demande qu’à pousser l’expérience plus loin afin de jouer avec les limites de ce châssis.

Un mix réussi : agréable au quotidien et excitante à souhait

De cette prise en main certes brève mais intéressante, je retiens que cette i30 N est douée de schyzophrénie. Ce n’est pas la première à vouloir se placer sur ce créneau de la sportive polyvalente, mais je le répète : elle est douée. La tendance générale est à l’aseptisation des petites sportives, qui perdent petit à petit une grosse partie de l’essence de leur existence, à savoir le plaisir, pour une efficacité trop terne au mépris du ressenti. J’ai l’impression que Hyundai sont allés chercher l’inverse : l’i30 N est capable d’être très civilisée, mais deux clics plus tard elle est une petite machine à sensations, moins aseptisée et plus jouissive que ses rivales. Certes, son rapport poids-puissance n’est pas le mieux placé du marché ; en revanche, elle a réussi à coller la banane au visage d’un mec qui ne jure que par le plaisir de conduite, au mépris des chiffres purs. Pour ça je dis bien joué à Hyundai, et j’attends avec une ferme impatience l’occasion d’approfondir mon analyse, afin de découvrir ce dont elle est vraiment capable.

Un grand merci à Mr Poignard, responsable des ventes de la concession d’Orléans, pour sa disponibilité et sa gentillesse. Vous trouverez la nouvelle concession au 12, rue Molière à Orléans. Rendez-vous vous aussi dans votre concession Hyundai pour découvrir ce que la petite bombinette i30 N a à offrir !

Julien Landry

Julien Landry

Commercial, musicien, je suis ici parce-que j'aime conduire et j'aime écrire. C'est avec grand enthousiasme que j'essaie de transmettre ma passion pour la bagnole et le sport auto, le tout en défendant avec ferveur le plaisir de conduite.

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