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Essai Toyota Yaris Cross : prendre de la hauteur

Toyota donne un petit frère au C-HR avec le Yaris Cross, un SUV urbain hybride qui se veut avant tout abordable et économe.

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Les petits SUV du segment B se suivent et se ressemblent. La majorité des constructeurs généralistes en possèdent au moins un dans leur gamme respective, il n’est donc pas très étonnant de voir Toyota les rejoindre pour croquer dans la galette. Mais le Yaris Cross, c’est quoi au juste ? Un crossover qui reprend la plateforme de la citadine éponyme, mais qui grandit beaucoup : il mesure en effet 4,18 m de long (+ 24 cm), 1,77 m de large (+ 2 cm) et 1,60 m de haut (+ 10 cm). Heureusement, il reste assez compact pour se faufiler aisément dans les rues des cités. Il profite d’une bonne rétrovision, la position de conduite haute aide à appréhender son gabarit carré et le rayon de braquage est plutôt généreux.

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De quoi faire de lui un mulot des villes, mais ce serait oublier que la gaillard profite d’une garde au sol rehaussée de 2,5 cm (17 cm en tout) et qu’il peut recevoir, en option, une transmission intégrale. De quoi le muer en rat des champs, lui qui peut s’aventurer sans peur en tout chemin grâce à ses bas de caisse et protections de bouclier en plastique. Que l’on s’entende bien, le petit moteur électrique qui anime les roues arrière et la suspension de série ne transformeront pas le Yaris Cross en franchisseur, mais il y a déjà de quoi se sortir de sentiers boueux et autres ornières où une classique citadine y laisserait ses soubassements.

Champion de la consommation

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Polyvalent, il peut aussi s’aventurer sans arrière-pensée sur route et autoroute, où d’importants bruits d’air sont en revanche à déplorer. Côté confort, il y a du bon et du moins bon. Si la suspension permet au Yaris Cross de bien se tenir sur la route et ainsi d’éviter les mouvements de caisse exacerbés, cela se fait au prix d’une certaine sécheresse sur les petites aspérités. Le tout alors que le comportement n’est pourtant pas franchement dynamique, à l’inverse d’un C-HR 2.0 par exemple, dont la fermeté est au service de l’agilité. De toute manière, le petit bloc hybride non rechargeable de 116 ch cumulés, piqué à la Yaris et seule motorisation disponible au catalogue, n’est pas un foudre de guerre. Il est suffisant dans la plupart des situations (sauf à rouler chargé et avec beaucoup de dénivelé), mais il faut le cravacher pour dépasser en s’insérer sur voie rapide en toute sécurité.

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Une impression renforcée par la boîte à effet CVT qui fait hurler le moteur thermique, d’autant plus audible que l’insonorisation n’est pas le point fort du Yaris Cross. Là où on ne peut le prendre en défaut en revanche, c’est sur la consommation. Jamais, sur nos plus de 250 km mariant ville, routes de montagne, nationales et autoroute, l’ordinateur n’a affiché plus de 5,7 l/100 km de moyenne. Un très bon score, qui peut facilement descendre autour de 4 l/100 km à allure stabilisée et sur un parcours plat. Belle efficience !

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Moins impressionnant à l’intérieur

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Pour le reste, le Yaris Cross n’est qu’un SUV urbain parmi d’autres. Comprenez qu’il n’est ni le plus logeable, ni le mieux fini, ni le mieux équipé de sa catégorie. Il propose quelques bonnes idées, comme une modularité intéressante avec une banquette fractionnable 40/20/40 et une plage arrière souple pour tricher un peu sur la hauteur de chargement. En revanche il faut composer avec une habitabilité moyenne, surtout aux places arrière, et des matériaux qui jouent au yoyo entre l’agréable et le décevant. A des matières souples viennent se juxtaposer de gros blocs de plastique bas de gamme, et l’on trouve quelques anachronisme comme les boutons de siège chauffants qui rappellent furieusement les années 90. Même le nouveau système d’infodivertissement n’est pas exempte de reproches, car un peu lent et pas toujours stable dans ses connexions sans-fil aux smartphones. A ce sujet, vous ne trouverez qu’une seule prise USB dans l’habitacle, une mesquinerie quant tous les smartphones actuels ne sont pas compatibles avec la charge par induction.

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Finalement, le Toyota Yaris Cross n’a rien de révolutionnaire, mais ne souffre pas non plus de gros points noirs. C’est simplement un SUV urbain sobre et stylé, qui fait le job sans faire de vague et qui se pose comme un choix en plus dans la catégorie, pas comme un incontournable du genre. Reste que pour un hybride, il démarre à des tarifs compétitifs puisqu’il s’affiche à partir de 25 500 €.

Crédit photo écran tactile, places arrière et dynamiques : Toyota.

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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