Assez critiquée à ses débuts, la Volkswagen ID.3 pour ses défauts de jeunesse a pourtant été un bon succès pour le constructeur allemand. En effet, la Volkswagen ID.3 avait corrigé certains défauts lors d’un premier restylage. En voici un second, bien plus profond, qui fait presque de l’ID.3 une toute nouvelle voiture. Nouveau design, fiche technique améliorée et nouveaux équipements, la compacte électrique de Wolfsburg devient l’ID.3 Neo pour arriver à maturité. J’ai pu l’essayer en Norvège, pays converti à l’électrique, où Volkswagen y occupe une place importante.
Un nouveau design plus affirmé, et il le fallait
La Volkswagen ID.3 pouvait diviser par son design. Dans les bureaux de Volkswagen, le choix, à l’époque du développement du modèle, a été celui de l’efficience et de l’espace à bord plutôt que celui de l’émotion. La Volkswagen ID.3 adoptait alors quasiment un physique de monospace avec une face avant très lisse.
La Volkswagen ID.3 Neo garde alors ce physique monovolume qui favorise l’espace à bord, mais les designers ont travaillé sur divers éléments pour donner du caractère à cette nouvelle version. Et il le fallait, car la cousine Cupra Born s’est elle aussi offert un lifting qui lui donne un air bien plus agressif. Sans restylage profond, la Volkswagen ID.3 aurait eu du mal à exister dans l’ombre de sa cousine espagnole. D’autant plus qu’une Audi A2 e-tron arrive sur la même base.
Le choix a été de donner plus de relief à la Volkswagen ID.3 Neo en revoyant totalement sa face avant, avec un nouveau bouclier et un bandeau traversant la voiture entre les optiques. Ce choix vient donner un peu plus de personnalité à l’ID.3 Neo et l’inscrit dans la nouvelle gamme électrique aux côtés de l’ID. Polo et de l’ID. Cross.
L’ID.3 Neo perd le toit et le hayon noirs, mais laisse place à des logos blancs assez séduisants. En ce qui concerne les dimensions, rien ne change de manière significative : elle mesure 4,26 m de long pour 1,81 m de large et 1,56 m de haut.
Montée en gamme et retour du bon sens à bord
Il faut l’avouer, les finitions de l’ID.3 première version étaient bien en dessous de ce que l’on attend d’une Volkswagen. Tout cela est de l’histoire ancienne avec l’ID.3 Neo. Cette nouvelle version monte en gamme à l’intérieur, avec un choix de matériaux plus qualitatifs. Les revêtements de la planche de bord et des intérieurs de portes sont doux au toucher, tandis que les tissus apportent un peu de chaleur à l’habitacle, bienvenue avec le froid de l’été norvégien de notre essai.
Grosse évolution concernant les touches physiques à bord : Volkswagen fait machine arrière en écoutant les remarques des clients, et tant mieux ! Les touches physiques font leur grand retour sur le volant à deux branches. Terminé les touches tactiles à retour haptique, moins intuitives que de vrais boutons. Idem sur la console centrale, qui reçoit des commandes physiques pour la climatisation, assez grosses pour être utilisées avec des gants. Enfin, summum du retour au bon sens, les quatre boutons de lève-vitres sont de retour. Sur les premières versions de l’ID.3, simplement deux commandes permettaient de monter les vitres avant, avec un switch pour passer aux vitres arrière.
On retrouve aussi un écran central tactile de 12,9 pouces, présent sur toutes les combinaisons de finition et de motorisation. Il intègre un nouveau software fonctionnant avec Android Automotive, laissant donc la possibilité d’installer des applications directement depuis le Play Store, facilitant encore un peu l’utilisation. Un affichage rétro est présent sur ce compteur, imitant le tableau de bord d’une Golf 1. Il se prolonge aussi sur le nouveau compteur de 10,9 pouces. Si vous préférez des affichages plus modernes, c’est possible également. Il sera d’ailleurs possible d’afficher la carte de Google Maps ou Waze en pleine navigation directement dans l’instrumentation numérique.
Côté habitabilité, l’ID.3 Neo est toujours aussi bonne. Avec ses 2,77 m d’empattement, elle offre amplement d’espace à l’arrière, tandis que le coffre de 385 litres suffira à l’essentiel des besoins. On regrette simplement l’absence de frunk à l’avant. Pourtant, la plateforme MEB utilisée par l’ID.3 Neo, étant pensée pour des propulsions, pourrait laisser de l’espace sous le capot avant.
Cette Volkswagen ID.3 Neo est une ID.3 qui arrive à maturité, aussi bien sur le plan du style que de son habitacle. Les aventuriers et nomades seront heureux de savoir que la fonction V2L arrive, permettant de brancher, via un adaptateur sur le combo CCS, vos appareils électriques, par exemple une machine à café, comme l’a fait Volkswagen pour la démonstration. Reste maintenant à savoir si la fiche technique suit aussi concernant les améliorations.
Une gamme, elle aussi mature
Sur la route, la Volkswagen ID.3 Neo hérite de la qualité que l’on connaît des modèles reposant sur la plateforme MEB, à savoir un amortissement favorisant les bonnes qualités routières mais qui gagnerait a être un peu plus souple au quotidien, une bonne insonorisation ou encore une maniabilité excellente avec un rayon de braquage minuscule. Cette ID.3 Neo a tout d’une excellente voiture du quotidien, surtout si on choisi une version équipée de l’amortissement piloté DCC, à l’aise en ville, agréable à conduire sur des routes sinueuses et confortable sur autoroute.
La gamme de l’ID.3 Neo est touchée par des nouveautés, à savoir un nouveau moteur APP350 délivrant 350 Nm de couple sur toutes les versions. En revanche, la puissance diffère selon la batterie montée dans l’ID.3 Neo. En entrée de gamme, on découvre le couple batterie de 50 kWh avec un moteur de 170 chevaux pour une autonomie totale de 417 km WLTP. Ensuite, la version 58 kWh utilise une nouvelle batterie LFP avec un moteur de 190 chevaux pour 492 km d’autonomie. Enfin, la version la plus autonome utilise une batterie NMC de 79 kWh avec un moteur de 231 chevaux pour 629 km d’autonomie.
L’autonomie est donc convaincante, notamment en raison d’une consommation faible. Volkswagen annonce 13,9 à 14,4 kWh/100 km selon les versions. Nous avons consommé un peu moins de 16 kWh/100 km lors de notre essai sur les routes norvégiennes, avec beaucoup de dénivelé et du chauffage, car même au mois de juillet, la température n’excédait pas 15 degrés au meilleur de la journée. En revanche, pas de folie sur l’accélérateur, car les radars sont très présents dans le pays, avec des amendes particulièrement salées. À noter que les consommations, et donc l’autonomie, pourraient être encore meilleures en adoptant l’onduleur à carbure de silicium présent sur les nouvelles Cupra Born et Volkswagen ID. Polo.
La charge reste rapide puisqu’il faut compter environ 25 minutes pour passer de 10 à 80 % sur l’ensemble des versions. De ce côté, rien ne s’améliore vraiment pour l’ID.3 Neo : la plateforme reste en 400 volts, mais ce choix lui permet de baisser drastiquement ses prix. À titre indicatif, la puissance maximale est de 100 kW pour la batterie de 50 kWh, 105 kW pour la batterie de 58 kWh et 183 kW pour la batterie de 79 kWh.
La Volkswagen ID.3 Neo débute à 34 990 euros au catalogue dans la version 50 kWh, mais Volkswagen propose automatiquement une promotion de 3 000 euros, à laquelle s’ajoute aussi la prime Coup de pouce CEE pouvant aller jusqu’à 6 145 euros. Ce qui rend l’ID.3 Neo disponible à partir de 25 845 euros pour cette version d’entrée de gamme. Pour la version 58 kWh débutant à 40 500 euros, le prix d’accès à la gamme, profitant du meilleur bonus écologique, est de 31 355 euros. Enfin, pour la plus grande autonomie, la batterie de 79 kWh débute au catalogue à 45 900 euros, soit 36 755 euros. Avec de tels tarifs et ses améliorations, la Volkswagen ID.3 Neo est bien armée pour occuper une place parmi les meilleures ventes de voitures électriques en France.
Photos par The Good Click
Paul-Emile
Journaliste à plein temps, je mets ma passion et mes connaissances du monde de l'automobile au service des lecteurs d'Abcmoteur.
Au plaisir sur les routes et sur mon Instagram.
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