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Essai Volkswagen ID. Buzz : éloge de la coolitude

Peu d’autos récentes sont réellement excitantes. Mais il suffit parfois d’une évocation mâtinée d’une bonne dose de savoir-faire pour transformer la plus banale des propositions en un objet de désir.

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Je n’ai pas encore 30 ans, ni une famille étendue, pas plus que je ne suis surfeur ou entouré d’animaux. Il n’y a absolument rien qui puisse justifier, dans mon style de vie ou mes déplacements, que j’achète un van pour mon usage personnel. Et pourtant, je peine à rendre les clés de mon ID. Buzz à Volkswagen quand vient l’heure de rentrer à la maison. C’est plus fort que moi, je le kiffe ! Cet utilitaire électrique à 5 places et au coffre gargantuesque (1 121 l, plus d’un mètre cube !) me donne envie de parler franglais, de faire des néologismes et d’exhiber pouce et auriculaire en agitant le poignet comme Brice de Nice. Jamais un engin à vocation pratique ne m’a autant fait d’effet, à l’exception peut-être d’une folle aventure en pleine circulation parisienne au volant d’un Renault 1 000 kg de 1945, dans mes toutes jeunes années de journaliste auto.

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Notez d’ailleurs que l’ID. Buzz tire lui aussi son inspiration d’un modèle pas si éloigné dans le temps, puisque qu’il est le digne successeur du Volkswagen Combi lancé en 1950. On retrouve ainsi de nombreux clins d’œil à différentes génération de Combi sur l’ID.Buzz, à commencer par une peinture bi-ton (optionnelle) avec un toit Blanc Candy, ou encore les trois bandes sur le montant arrière, rappelant les prises d’air du Combi T2 apparu à la fin des années 60.

Performances suffisantes

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Autre similitude entre passé et présent, le nouveau venu embarque son moteur électrique sur l’essieu arrière, faisant donc de lui une propulsion. Il utilise exactement la même unité de 204 ch et 310 Nm de couple alimentée par la même batterie de 77 kWh utile que tous les autres véhicules de la gamme électrique ID de Volkswagen, les ID.3, ID.4 et ID.5. Mais ici, c’est ça ou rien, puisqu’il n’y a pas de plus modeste batterie ou de version transmission intégrale à deux moteurs disponible pour l’instant. Les performances ? Je pourrais vous dire que le 0 à 100 km/h réclame à peine plus de 10 secondes ou que l’ID. Buzz bute sur sa bride électronique à 151 km/h compteur, mais qui s’en soucie ? Il y a largement de quoi assurer pour un véhicule du genre (il peut aussi tracter jusqu’à 750 kg de charge non freinée) et c’est tout ce qui compte. Volkswagen annonce 419 km d’autonomie en WLTP, tablez donc en gros sur 300 à 350 km en usage réel entre deux charges.

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Plus proche du SUV que de la camionnette

Côté comportement, on a plus l’impression d’être au volant d’un gros SUV peu agile (le sous-virage arrive vite) que d’une camionnette, et c’est là que l’expertise de VW en la matière entre en jeu. Un peu comme à bord du Multivan, on oublie vite que l’on conduit un minibus et la bonne rétrovision aide à ne pas paniquer dans le trafic. Les suspensions sont plutôt conciliantes, même s’il faut noter une certaine fermeté à l’arrière sur les dos-d’ânes et autres irrégularités, ce que ne manquerons pas de noter vos passagers. Mais l’on est loin d’une proposition rustique, ce qui est bien là l’essentiel pour un véhicule à vocation familiale.

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Bonne nouvelle, la direction dispose pour sa part d’une bonne consistance (une habitude chez VW) et ne se montre pas caricaturale dans sa démultiplication. On peut aussi mettre cette belle homogénéité sur le compte d’une plateforme 100 % dédiée à une architecture électrique, à l’inverse de la concurrence (Citroën SpaceTourer Business, Peugeot e-Traveller…) qui repose sur des plateformes thermiques modifiées.

Géant à bord mais mauvaise ergonomie

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L’ID. Buzz existe pour l’instant en version VP (comme essayée ici) ou Cargo, un fourgon tôlé destiné aux professionnels. Une version longue avec une configuration 6 ou 7 places arrivera fin 2023, mais d’ici là, il faudra se contenter d’un classique aménagement intérieur à 5 places avec une banquette 2/3 – 1/3 au deuxième rang. En dehors de ça, l’habitacle est sans surprise, à tous les niveaux. Comprenez que l’habitabilité est géante, la modularité étendue et la qualité de fabrication dans la droite ligne d’un ID.4 : correcte mais pas transcendante, surtout au niveau des matériaux employés.

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L’équipement complet, que ce soit au niveau des aides à la conduite ou de la technologie embarquée, rattrape cette relative légèreté des plastiques, même si l’on n’échappe pas à l’ergonomie ridicule du tout tactile (même sur les boutons du volant) ou encore au système d’infodivertissement Volkswagen dont on ne compte plus ni les bugs, ni les horripilants déclenchements intempestifs de la commande vocale, qui s’excite pour un rien et qui croit qu’on l’appelle toutes les deux minutes. Cet écueil mis à part, il ne manque qu’un immense toit vitré pour se sentir comme à la maison à bord, ce qui devrait arriver l’année prochaine d’après nos informations.

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J’en veux un…

Objet atypique qui aimante les regards, l’ID. Buzz attire autant les passionnés que les néophytes, ce que j’ai pu vérifier tout au long de l’essai sur les côtes du sud du Portugal. Je n’avais qu’une envie, waxer ma board pour aller jouer à saute-mouton avec les vagues et réaliser mes meilleurs take off. Tout ça alors que je n’ai jamais mis un orteil sur une planche… C’est dire si VW a tapé dans le mille côté marketing et image de marque avec l’ID. Buzz ! Je n’en ai pas besoin mais je le veux, et j’en viens à me dire que ses seulement 4,71 m de long (mais 1,99 m de large sans rétroviseurs et 1,94 m de haut) ne seraient pas si gênants que ça à Paris. Reste un dernier détail à régler : l’addition. Laquelle s’élève à 56 990 € au bas mot (avant bonus), où il convient d’ajouter 1 790 € de peinture bi-ton, 980 € de jantes 21 pouces, 1 760 € de pack Design pour les efficaces phares Matrix LED, 1 420 € de pack Assistance pour la caméra de recul et le démarrage sans clé, ainsi que 1 930 € de pack Open & Close pour rendre électriques le hayon et les deux portes coulissantes. Soit, je vous épargne le calcul, 64 870 € (adieu bonus) pour se pavaner dans l’un des vans les plus stylés actuellement commercialisés. Ça fait cher la blague, mais chill man, on est là pour kiffer, pas pour se mettre la tête au carré avec de basses considérations pécuniaires !

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Un grand merci à l’inimitable camarade Pierrick a.k.a Volcano (Le Blog Auto), ainsi qu’à Valentino pour leur aide précieuse sur les images dynamiques.

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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