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Essai Skoda Enyaq iV Coupé : abouti et convaincant

Skoda n’en finit plus de proposer des modèles qui n’ont rien à envier à la concurrence, que l’on parle de qualité de finition ou de prestations routières. L’Enyaq Coupé, avec son style spectaculaire, s’inscrit dans cette droite ligne.

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S’il y a bien une marque à surveiller, c’est Skoda. Doucement mais sûrement, dans l’ombre de la maison mère Volkswagen, le constructeur tchèque a opéré une spectaculaire montée en gamme au cours des 10 dernières années. Fini le temps où les Skoda étaient des « Volkswagen en un peu moins bien mais un peu moins chère ». Désormais, elles n’ont plus rien de cheap sans pour autant prendre la grosse tête côté tarif vis-à-vis de la concurrence, et l’Enyaq en est l’un des meilleurs exemples. Qu’il soit ici coupé ne change strictement rien à l’équation puisqu’entre Enyaq iV « normal » et Enyaq Coupé iV, il n’y a que le popotin tronqué qui donne le ton. A chacun d’apprécier le style qui lui parle le plus (pour la calandre Crystal Face illuminée, c’est le Coupé qu’il faut viser !) mais notre version d’essai a en tout cas fait forte impression sur la route, avec de nombreux regards qui se posent sur lui. La teinte Bleu Racing lui sied en tout cas à merveille, mettant en exergue ses formes sans être tapageuse tout en se démarquant des mornes noirs, gris et blancs.

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Flegme en toute circonstance

Au volant ? C’est le calme plat. Comprenez que conducteur/ice et occupants sont relativement préservés des éléments avec une insonorisation de bon aloi, tout en étant bien assis dans des sièges ergonomiques et confortables. C’est la personne derrière le volant qui ne sera pas à la fête, car l’Enyaq est d’une neutralité et d’un calme olympien, n’invitant jamais à l’espièglerie. Il est très agréable de faire des kilomètres à son bord, mais le châssis dispose de réglages pensés pour un usage en bon père de famille, même avec l’amortissement piloté DCC optionnel.

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Le confort est toujours mis en avant, aussi même en réglant les amortisseurs au plus dur via le mode de conduite Individual, ces derniers restent conciliants et sont sujets au pompage quand le rythme augmente et que le bitume n’est pas parfaitement lisse. Inutile donc d’adopter une conduite couteau entre les dents, les mouvements verticaux induisant un certain flou dans la conduite. La direction est en revanche agréablement consistante et précise, ce qui est toujours agréable. Une option à éviter si le confort est votre priorité absolue ? Les jantes de 20 ou 21 pouces. C’est flatteur à l’œil, mais elles induisent trop de percussions sur les saignées pour se faire oublier.

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Cavalerie suffisante

Côté motorisation, nous avons opté pour la version 80, soit la plus puissante ne conservant qu’un seul moteur, placé sur l’essieu arrière. Les 204 ch et 310 Nm de couple sont suffisant pour dépasser en un clin d’œil et ne pas se poser de question au moment de s’insérer sur autoroute. En termes de performance, il n’y a rien que la plus modeste version 60 et ses 180 ch fassent vraiment moins bien, notamment parce que le couple est identique entre les deux, mais la plus modeste des deux se contente aussi d’une plus petite batterie de 58 kWh, contre 77 kWh pour notre modèle d’essai (520 km d’autonomie annoncée).

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Autre avantage de la version 80, elle accepte jusqu’à 135 kW de charge en courant continu (et même 170 kW avec une prochaine mise à jour), et 11 kW sur une wallbox.

Occupants choyés

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Là où l’Enyaq iV, normal ou Coupé, se démarque de la concurrence, c’est par son habitacle. Skoda a fait le choix de proposer des ambiances chaleureuses et variées, avec des matériaux agréables à l’œil comme au toucher. Laine, tissu, cuir, ou encore suédine, suivant la version choisie, il n’y a vraiment pas grand-chose à reprocher à cet intérieur qui paraît beaucoup plus qualitatif que celui des ID.4/ID.5. Le cuir cognac de notre configuration Eco-Suite amène même un côté chic ! Petit bonus Skoda, il y a encore un peu plus d’espace à bord que les Volkswagen, qui n’en manquaient déjà pas. Même le coffre de la version Coupé n’accuse que 15 l de moins que celui de l’Enyaq classique (570 l tout de même), ce qui est indolore au quotidien. De quoi vraiment prendre ses aises au premier comme au deuxième rang, d’autant que dans le Coupé, tout le monde profite de série d’un immense toit panoramique qui baigne littéralement l’habitacle de lumière. Appréciable ! Rien à dire côté équipement, complet de série (clim bi-zone, clé mains-libres, toit panoramique, volant chauffant, navigation, sono 8 haut-parleurs…) mais avec des packs d’options pour agrémenter le tout. Seul bémol récurent sur quasiment tous les modèles récents du groupe Volkswagen, le système d’infodivertissement est toujours truffé de bugs, que cela soit au niveau des connexions sans-fil qui sautent, de la commande vocale qui se déclenche de façon inopinée ou encore des bugs de GPS. Surtout que chez Skoda (comme chez Seat et Cupra), l’interface demande un certain temps d’adaptation pour comprendre l’arborescence des menus. Point noir pour celui des aides à la conduite, qui réclame de faire plusieurs manipulation pour désactiver telle ou telle fonction (au hasard, l’énervante alerte de franchissement de ligne qui se réactive à chaque démarrage…) avec une confirmation pour chaque aide. Pas pratique ni très sécuritaire à faire en roulant !

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Mais ces défauts d’ergonomie mis à part, il n’y a pas grand-chose à reprocher à ce SUV électrique bon à tout faire, facile à vivre et valorisant. D’autant que la bonne surprise se poursuit au moment de signer l’addition. Car à motorisation et équipement équivalent, un Skoda Enyaq Coupe iV est 3 000 € moins cher qu’un Volkswagen ID.5… A moins d’être totalement fan du style VW et imperméable à celui de Skoda, il n’y a pas de question à se poser ! Comptez 48 010 € minimum pour un Skoda Enyaq Coupé iV (+ 3 430 € par rapport à un Enyaq iV), et 53 350 € pour notre version 80 de 204 ch. Soit la possibilité, pendant encore quelques mois, d’avoir droit au bonus étatique de 2 000 € pour peu que vous ne vous perdiez pas dans le catalogue d’option.

Merci au bon camarade Guillaume (w3sh.com) ainsi qu’à Floriane et sa team pour leur aide sur les images dynamiques.

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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