Essais

Essai MG5 : le premier break électrifié !

Premier, et unique break 100 % électrique, le nouveau MG5 arrive sur le marché avec un tarif agressif ! Si la polyvalence est au rendez-vous, il n’est pas exempt de défauts pour autant.

Depuis sa renaissance sous pavillon chinois, MG ne jure que par l’électrique. La marque, désormais sino-anglaise, continue de grandir et commercialise aujourd’hui son 4e modèle avec le MG5, qui n’est autre que le tout premier break 100 % électrique du marché (si l’on exclut les Porsche Taycan Cross/Sport Turismo qui ne jouent pas vraiment dans la même catégorie). Il complète une gamme jusqu’alors exclusivement constituée de SUV : le ZS EV, arrivé en premier, et le récent Marvel R se passent de moteur thermique alors que l’EHS a droit à de l’hybridation rechargeable.

Essai MG5

Un prix plancher !

Ce nouveau break devrait séduire ceux souhaitant passer à la voiture branchée, mais ne voulant pas d’une auto haut perchée, tout en disposant d’un format familial. Pour ceux-là, MG frappe fort avec un tarif agressif débutant à 32 490 €, hors bonus ! C’est moins qu’une Renault Zoé !

Essai MG5

À ce prix, le MG5 bénéficie d’une batterie LFP (Lithium Fer Phosphate) de 50 kWh lui octroyant une autonomie annoncée de 320 km (WLTP) alors que son moteur dispose de 177 ch. Pour 3 000 € supplémentaires, soit 35 490 €, on peut bénéficier d’une batterie plus imposante de 61 kWh. Pour celle-ci, à la technologie NCM (Nickel Cobalt Manganèse), MG annonce jusqu’à 400 km (WLTP) entre deux charges. Le moteur électrique développe alors 156 ch. C’est à bord de cette dernière que nous nous apprêtons à prendre place.

Look consensuel

Essai MG5
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Avant de s’installer à son volant, on ne peut s’empêcher de noter que son look ne fait pas dans l’extravagant. On remarque tout de même que la ligne de caisse, reliant les optiques avant et arrière, forme un vague pour plus de fluidité. Un jonc chromé surplombe les vitres et se prolonge dans le montant arrière afin de l’alléger. Au centre de la calandre, pleine, se trouve la prise électrique. Petite particularité, bien que la garde au sol ne soit que de 11,5 cm, soit une valeur tout ce qu’il y a de plus classique, le break semble surélevé. Cela est dû aux passages de roues laissant un large espace autour des jantes 17’’ de notre modèle Luxury (16’’ sur Comfort).

De la place pour tous ?

Sa longueur de 4,60 m la situe juste en dessous des Renault Mégane Estate (4,63 m) et Peugeot 308 SW (4,64 m). Son volume de coffre est en retrait de ces deux homologues françaises. Le MG5 affiche 479 litres alors que Renault annonce 563 litres pour sa Mégane, et Peugeot carrément 608 litres pour la 308 thermique (548 litres dans sa variante PHEV). La soute du break sino-anglais dispose de vastes alcôves permettant de caler divers objets. On regrette en revanche un seuil de chargement un peu haut formant une marche à l’entrée. De même, une fois la banquette 2/3-1/3 rabattue, la surface n’est jamais plane bien que le plancher de coffre soit réglable (deux positions). Attention aussi au plus de 1,80 m à ne pas se cogner la tête à la serrure du hayon lorsque celui-ci est ouvert.

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Une fois à bord, et malgré un prix défiant toute concurrence, on ne se sent pas dans une voiture low-cost. Bien sûr, la planche de bord fait largement appel au plastique dur, que l’on retrouve aussi sur les parties basses de l’habitacle. Cependant, là où se posent les mains, les matériaux sont plus flatteurs et agréables au toucher. De même, les ajustements sont bien réalisés, ce qui devrait empêcher la prolifération de bruits parasites dans les années à venir.

Essai MG5
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Étonnamment, le siège passager est plus confortable que celui dédié au conducteur. Pour une position de conduite optimale, le volant (provenant tout droit de chez Volkswagen) aurait mérité davantage d’amplitude de réglage.

Les passagers installés sur la banquette arrière profiteront d’une place aux jambes confortable et d’une garde au toit suffisante. Le confort est au rendez-vous, sauf au niveau de la place centrale. Si l’absence de tunnel de transmission est appréciable, l’assise est surélevée et le dossier bien plus ferme.

Douceur de vivre

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La mise en route se fait dans le silence, comme dans toutes autos électriques. Bonne nouvelle, ce dernier perdure au fil de la route. Seuls quelques bruits d’air tout à fait supportables pourront se faire entendre au niveau des rétroviseurs, à partir de 110/120 km/h. Le confort est complété par un amortissement à grand débattement permettant d’effacer efficacement les divers défauts de la chaussée. En revanche, en cas d’allure plus soutenue, cette souplesse peut paraître excessive. Si les mouvements de caisse ne sont pas exagérés, les butées des amortisseurs sont rapidement touchées.

Au démarrage, le mode Confort est activé par défaut et permet de bénéficier d’une direction douce. Il existe aussi un mode Eco, anesthésiant un peu trop le moteur, et un mode Sport permettant davantage de réactivité de l’accélérateur. Toutefois, ce dernier mode alourdit inutilement la direction sans pour autant améliorer son ressenti.

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Lors des accélérations, les 280 Nm de couple répondent présent. Ils permettent des départs dynamiques et procurent des relances efficaces. Les performances ne souffrent pas la critique et les dépassements ne sont qu’une formalité.

Quel que soit le rythme adopté, on profite d’une absence totale d’à-coup. Le rapport de boîte unique permet de n’avoir aucune rupture de charge à l’accélération tandis que la récupération d’énergie au freinage est bien gérée. Ainsi, on ne perçoit pas le passage du frein moteur au frein physique.

Une techno à jour

On jouit également de la désormais classique myriade d’assistances à la conduite. Bonne nouvelle, tout est ici fourni de série dès la dotation de base. Feux de route intelligents, reconnaissance des panneaux de circulation, régulateur de vitesse adaptatif : la panoplie est complète et fonctionne plutôt bien. La gestion de la circulation, sur autoroute ou dans les bouchons ne souffre pas la critique. En revanche, le maintien dans la ligne n’est pas parfait avec un effet ‘’rebond’’ d’une ligne à l’autre.

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On pestera aussi sur le réglage, très sensible, de l’alerte anti-collision précédant le freinage automatique. Il est néanmoins possible de régler sa finesse d’intervention pour ne plus l’entendre biper à chaque ralentissement de la voiture vous précédant. Et bonne nouvelle, ce réglage est mémorisé par la voiture et ne nécessite pas de nouveau paramétrage à chaque redémarrage.

Pour naviguer dans les différents menus, on passe par la dalle tactile de 10’’25 bien placée au sommet du tableau de bord. Si sa réactivité est bonne, il nécessite un petit peu d’habitude pour naviguer à travers les divers sous-menus. Petite déception, le GPS, fourni de série, n’intègre pas d’info trafic. Heureusement, vous pourrez profiter de vos applications de navigation préférées grâce à la compatibilité avec Android Auto et Apple CarPlay. Et pour charger les smartphones de tout le monde, le MG5 dispose de 4 prises USB (2 USB-A à l’avant et 2, une USB-A et une USB-C, à l’arrière).

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Un raccourci vers la climatisation est bien placé sous l’écran mais, il faut en passer par l’écran tactile pour rafraichir ou réchauffer l’habitacle. Dommage, des boutons physiques sont toujours plus pratiques au quotidien. D’autant plus que le menu où cliquer pour régler la température était mal traduit sur notre exemplaire. En lieu et place de l’inscription ‘’Climatisation’’ se trouvait indiqué ‘’Station de charge’’. Autant vous dire qu’il nous a fallu un peu de temps avant de parvenir à ajuster la température…

Essai MG5

Les compteurs numériques, s’ils sont lisibles, ne semblent pas exploités au mieux. En témoignent les espaces surdimensionnés où sont affichées la vitesse et la puissance utilisée. On regrette aussi de ne pas pouvoir transposer des informations de l’écran central comme la navigation. Tout passant par la dalle tactile, il est impossible de bénéficier de plusieurs informations en simultané (réglage de la température ou choix de la musique, tout en ayant l’affichage du GPS par exemple). Bon point, une caméra 360° fait partie des équipements de série sur notre version Luxury. Si sa présence est rare à ce niveau de prix, la qualité de l’image n’est pas idéale. Si cela ne gène pas lorsqu’il fait beau, reste à voir ce que ça donne la nuit et/ou par temps de pluie.

Économe sur les watts

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La consommation électrique se veut raisonnable, notamment grâce à un aérodynamisme plus efficace qu’un SUV, mais aussi à un poids contenu sous les 1 600 kg. Lors de notre essai, nous avons relevé environ 16 kWh/100 km, sans faire particulièrement attention, sur un parcours mixant villes, routes départementales et nationales. Sur la portion d’autoroute que nous avons empruntée, la consommation a augmenté à 22 kWh/100 km. Avec la batterie de 61 kWh de notre modèle, cela permet d’envisager un trajet de 380 km entre deux bornes par la route, et de 277 km sur autoroute. Si l’on n’atteint pas encore la polyvalence d’une auto thermique, les distances pouvant être parcourues d’une seule traite sont tout à fait acceptables.

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Au moment de se brancher, le MG5 peut recevoir une charge allant jusqu’à 87 kW en courant continu (70 kW avec la batterie de 50 kWh), ce qui autorise un ravitaillement d’environ 80 % de la charge totale en une quarantaine de minutes.

Petite fantaisie, il est aussi possible d’alimenter un appareil électrique externe, comme une machine à café, un barbecue électrique ou un compresseur, grâce à la batterie et sa fonction V2L. Pratique lors des pauses sur le bord de la route ou pour gonfler la bouée des enfants en arrivant à la plage. Cela nécessite toutefois un câble optionnel facturé environ 400 €….

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Mais même sans cette fantaisie, le MG5 reste une auto tout à fait recommandable. Ce premier break électrique saura satisfaire les familles désireuses de se passer de moteur essence ou diesel et ne souhaitant pas rouler en SUV (oui, ce genre de personnes existe encore !). Avec de la place pour les passagers et leurs bagages ainsi qu’un rayon d’action et des performances suffisants pour envisager de s’évader loin des centres urbains, le MG5 part avec de sérieux atouts. Et si quelques défauts subsistent (comme une ergonomie au niveau de l’infotainment à parfaire), le prix canon devrait suffire à les oublier.

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Jean-Baptiste TRICHOT

Jean-Baptiste TRICHOT

Passionné par le monde de l'automobile depuis tout petit, j'adore échanger et partager avec d'autres amoureux d'auto. Nouvelles ou anciennes, stars des showrooms ou modèles oubliés, elles m’intéressent toutes, surtout si je peux être au volant !

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