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Essai Mercedes-AMG CLS 53 4MATIC+ : athlète en costard

Celui qui a lancé la mode des berlines aux allures de coupé il y a maintenant 16 ans est toujours au catalogue Mercedes. Le CLS n’est plus aussi original qu’à son premier lancement, mais il occupe toujours une place à part dans la gamme, qu’il serait bien dommage de manquer.

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On s’en souvient souvent comme l’un des modèles les plus classieux conçu par Mercedes au cours des deux dernières décennies. Le CLS a toujours su se démarquer, être à part, que ce soit au niveau du style ou des prestations routières. Sa toute dernière génération, introduite sur le marché en 2018, impressionne moins que ses devancières, la mode des « coupé quatre portes » ayant depuis fait de nombreux adeptes. Mais le CLS n’en reste pas moins une auto visuellement sublime. Par ses proportions d’abord, puisque avec 5 m de long et 1,9 m de large pour seulement 1,4 m de haut, il dispose d’une vraie présence qui force le respect dans la circulation. Si la peinture noire de notre modèle d’essai mettait en valeur la ligne de toit fuyante, elle masquait aussi habilement les hanches plus que généreuses de la belle, ainsi que son kit carrosserie suggestif. Tous les CLS profitent d’un pare-choc avant aux entrées d’air béantes et de flancs marqués par une ligne de carrosserie tendue au-dessus des bas de caisses, tandis que l’AMG 53, que vous avez sous les yeux, dispose en plus de deux doubles sorties d’échappement rondes qui encadrent un diffuseur. Pourquoi celui-ci est-il resté en vulgaire plastique sombre qui tranche avec la peinture, je ne saurais vous le dire. Toujours est-il que le choix est étonnant et qu’il fait un peu cheap dans cet univers autrement haut de gamme. Tout l’inverse des magnifiques jantes optionnelles de 20 pouces au dessin agressif à souhait, mêlant branches concaves et cerclage plein. J’en suis raide dingue ! Le coupé quatre portes est donc un savant mélange de grâce et de muscles, de classe et d’agressivité, de luxe et de sportivité.

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L’art du compromis

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Et la conduite joue tout autant sur ces ambivalences. Le CLS n’a ni la douceur et la prévenance d’une Classe S, ni la violence d’une E 63 S. C’est un entre deux, un compromis, qui fonctionne d’ailleurs étonnamment bien. On ne peut pas parler de sportivité pure et dure, ne serait-ce parce que le poids élevé (1 980 kg annoncés) induit une inertie immédiatement perceptible avec laquelle il faut composer lors des mise en appuie. Il n’empêche, le CLS fait preuve d’une certaine agilité, d’un équilibre enviable et vire d’un bloc quand la route se fait sinueuse. Ce n’est pas une voiture joueuse mais elle est saine et efficace au besoin, avec un certain degré d’implication au volant qu’il n’est pas aisé de trouver dans des autos aux gabarits similaires. La direction bien calibrée est précise et agréablement consistante, tandis que le beau volant est agréable à prendre en main. Un bon point tant il faut le manœuvrer en ville : le rayon de braquage est médiocre ! Il faut dire que le CLS ne bénéficie pas de roues arrière directrices, qui l’aideraient à virer plus vivement mais dont il se passe tout de même avec brio sur route. De son côté, la suspension pneumatique jugule efficacement le roulis, même si elle profiterait d’être un poil plus onctueuse et conciliante avec les petites aspérités de la chaussée.

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La version AMG 53 embarque un 6-cylindres en ligne 3.0 turbo de 435 ch et 520 Nm de couple. A l’usage c’est un régale de douceur et d’onctuosité, qui sait se faire oublier autant que performer quand le besoin s’en fait sentir. Certes, la poussée n’est pas très impressionnante, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : un 0 à 100 km/h effectué en 4,5 s, pour une voiture lourde et avant tout luxueuse, c’est déjà excellent. Le petit bonus auquel je ne m’attendais pas, c’est qu’il distille une sonorité si mélodieuse, gratifiante et enivrante. On ne parle pas ici de pétarades à tout va et de fausses contre-pressions censées affirmer le caractère belliqueux du bloc, mais d’un son rond, plein et élégant, qui colle parfaitement à la ligne du CLS. Un système électrique 48V et un alterno-démarreur font du CLS 53 un modèle micro-hybride qui n’apporte pas tant un gain en consommation (n’espérez pas descendre facilement en dessous de 12 l/100 km en moyenne) qu’un supplément de douceur extrêmement agréable au quotidien. Le stop and start est ainsi l’un des plus imperceptible qu’il m’ait été donné d’essayer. Il fonctionne de manière totalement transparente, au point qu’on ne le sente parfois pas du tout au redémarrage. Ajoutez-y la douceur de la boîte automatique à 9 rapports, qui pourrait être un peu plus rapide, et vous obtenez un cocktail performant mais feutré qui singe lui aussi le compromis idéal.

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Salon roulant

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On ne présente plus la disposition intérieure Mercedes, désormais reprise sur tous les modèles de la gamme, de la petite Classe A à l’increvable Classe G. La finition est sans faille, les matériaux flatteurs et l’équipement pléthorique. Vous voulez le fin du fin ? Optez pour l’incroyable sono Burmester High-End 3D Surround, et vous redécouvrirez tous vos morceaux de musique avec une fidélité et une spatialisation du son que seuls les meilleurs systèmes audio de salon sont en mesure d’offrir. Et que l’option vous déleste de 4 900 € n’est qu’une broutille, puisque cela ne représente en définitive que 5 % du prix de la voiture.

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Le Mercedes-AMG CLS 53 s’échange en effet à partir de 99 800 €, qui peuvent (trop) rapidement s’alourdir de 15 ou 20 000 € d’options pour peu que vous soyez d’humeur dépensière. Et tout ça alors que malgré les quatre portes, les passagers arrière ne sont pas à la fête à cause de la bassesse du toit ! Il n’empêche, le CLS reste un sacré bijou, décalé et peu pratique mais ô combien attachant. Un bijou qui réussit, mine de rien, à marier élégance et sportivité en toute décontraction comme peu de berlines, aussi « coupé » soit-elles, arrivent à le faire.

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Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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