Le nouveau Sportage débarque en concession dès cet automne. Nous avons pu prendre le volant du SUV coréen sur les routes de la région Champagne, de quoi apprécier les menus changements apportés sur ce millésime 2019.

Kia fait partie de ces constructeurs qui priorisent le dynamisme pour la vie de leur gamme. Avec une durée de vie de 5 ans et demi en moyenne, les modèles de la marque asiatique sont donc relativement souvent remis au goût du jour, cela afin de continuer à séduire une clientèle qui n’a que l’embarras du choix dans des segments automobiles toujours plus fournis. Après la Ceed au début de l’été, c’est au tour du SUV Sportage de se rajeunir. Restylage oblige, les changements sont ici plus limités. Le best-seller de Kia depuis 2010 (11 000 exemplaires ont été vendus l’année dernière) gagne une face avant modernisée comprenant une calandre revue, des phares légèrement redessinés et un bouclier intégrant un ski de protection pour un look baroudeur. Le profil reste inchangé, tandis que la partie arrière arbore des feux avec une nouvelle signature lumineuse et un pare-chocs remanié. Toutes les finitions reçoivent de nouvelles jantes, allant de 16 à 19 pouces.

L’intérieur évolue peu : seul le nouveau volant piqué à la compacte Ceed saute au yeux quand l’on s’installe à bord. La console centrale est équipée d’un écran tactile de 7 pouces combiné à un système audio 6 haut-parleurs dès le premier niveau de finition Motion. A partir du deuxième niveau de finition, il reçoit en plus la navigation avec service connecté TomTom Live, le tout mis à jour pendant 7 ans, soit la durée de la garantie complète du Sportage. Dommage que seul le haut de gamme (GT Line Premium) puisse profiter d’un écran de 8 pouces, un peu plus agréable à l’utilisation, et surtout de la sono JBL 8 hp de 320 W, tant celle de série se montre timide et manque de basses.

Crédit photo : Kia.

Pour le reste, aucune surprise. La finition est correcte malgré les plastiques durs assez présents, les ajustements sont dans la moyenne et l’ergonomie générale ne souffre pas la critique. C’est simple et fonctionnel ! Les sièges avant sont intelligemment dessinés et n’engendrent pas d’inconfort après quelques centaines de kilomètres tandis que les passagers arrière devront composer avec une banquette un poil ferme mais assez spacieuse pour accueillir confortablement la plupart des gabarits. Seul le coffre annoncé à 480 L mérite vraiment quelques reproches. En plus d’une contenance assez moyenne (un Peugeot 3008 offre 520 L), il présente un seuil de chargement assez haut et un double plancher anecdotique. Gare au trop plein de bagages lors des départs en vacances !

Crédit photo : Kia.

Excès de douceur

Les premiers kilomètres au volant du Sportage se sont révélés très étranges. Mon modèle d’essai était équipé du 1.6 CRDi 115 ch, associé d’emblée à une boîte manuelle à 6 rapports. La pédale d’embrayage est tellement molle et linéaire qu’il est bien difficile de déceler le point de patinage lors des démarrages ! Il ne s’agit que d’une question d’habitude, mais j’ai été surpris lors des premiers tours de roues. Même constat avec la direction ultra légère qui ne renvoie absolument aucune information. Elle n’est pas spécialement désagréable à manipuler, bien que le ressenti soit totalement artificiel. Autre point qui m’aura valu une réflexion au moment de décélérer, la pédale de frein dispose d’une assistance électrique bizarrement calibrée. Si vous appuyez légèrement, l’assistance va amplifier le freinage avec une latence inattendue, au risque de secouer un peu vos passagers quand elle entre en action. Rien de rédhibitoire, mais l’ensemble pourrait être plus finement réglé pour faciliter la prise en main du véhicule.

Question motorisation, le diesel 1.6 115 ch ne fait pas de miracles. Il est juste suffisant pour les 1 579 kilos à vide du Sportage et il se montre sonore à l’accélération. Malgré l’obligation de le cravacher, il reste toutefois sobre, avec une moyenne de moins de 7 L relevée lors de l’essai. J’ai également pu tester le même bloc en version 136 ch avec la boîte DCT7 à double embrayage, suffisamment rapide en conduite coulée. Il profite de 40 Nm de couple supplémentaires (320 Nm), ce qui aide un peu mais ne transforme pas non plus le Sportage en véhicule franchement dynamique. De toute façon, le châssis dispose de suspensions largement typées confort, ce qui induit un roulis relativement important qui n’invite pas à attaquer. La filtration des aspérités de la route est bonne, simplement ai-je relevé quelques trépidations désagréables quand le bitume est bosselé.

En conclusion

Sans jamais briller, le Sportage restylé en offre toutefois assez pour plaire au plus grand nombre. Sa plastique rajeunie est toujours reconnaissable, ses équipements sont à la page et il offre flegme et confort pour les rouleurs calmes. Malgré l’introduction d’une finition intermédiaire Design censée combler le vide entre les deux niveaux de gamme inférieurs (Motion et Active) et supérieurs (GT Line et et GT Line Premium), le mix des ventes tourne clairement en faveur du haut de gamme avec 55 % de clients choisissant les deux plus hautes finitions. Les tarifs s’échelonnent entre 24 390 € pour un Sportage Active avec un bloc essence 1.6 132 ch atmosphérique (à proscrire) et 42 490 € pour un Sportage GT Line Premium doté du nouveau 2.0 diesel CRDi 185 ch Mild-Hybride. A noter que cette hybridation légère sera déclinée plus tard sur le bloc diesel 1.6. Pour ma part, un Sportage Design avec le diesel 136 ch et la boîte DCT7 affiché à 33 390 €, auquel on ajoute le toit ouvrant optionnel à 900 €, me paraît être le bon compromis. C’est également lui qui offre le malus le plus bas de la gamme, puisqu’il se limite à 73 €.

Ce qu’il faut retenir du Kia Sportage 2018

Les plus Les moins
  • Rapport prix/équipement intéressant dans la catégorie
  • Finition correcte
  • Confort
  • Consommation 1.6 CRDi
  • 1.6 CRDi bruyant et légèrement à la peine en 115 ch
  • Trépidations de la suspension
  • Ressenti très artificiel des commandes

Modèles essayés Prix (hors options)
Kia Sportage Design 1.6 CRDi 115 à partir de 30 890 €