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Essai Ford Mustang Bullitt : road trip direction Le Mans !

Ford nous a invité à nous rapprocher du team Ford Chip Ganassi Racing pour sa dernière participation au 24h du Mans avant la fin du programme compétition. L’occasion d’aller leur rendre une petite visite lors de la journée test avec une monture de choix : la Mustang Bullitt.

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1968, Steve McQueen signe une poursuite d’anthologie face à une Dodge Charger à San Francisco, dans le film Bullitt. Je vous passe les détails et les 50 ans de retombées médiatiques, qui ont permis à Ford d’imposer la Mustang comme une icône dans le monde. En 2018, la marque à l’ovale bleu décide de restyler sa sportive iconique et se permet également une petite fantaisie avec une version spéciale en hommage au coupé Fastback vert qui a crevé l’écran. Tout comme son ancêtre, la Mustang Bullitt dernière génération est totalement désiglée et le pur-sang est remplacé par un logo Bullitt en forme de cible.

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Seul les jantes spécifiques de 19 pouces, d’inspiration American Racing, reprennent le cheval galopant. Même combat à l’intérieur ou seules quelques touches viennent rappeler que l’on est dans une édition spéciale, à l’image des sièges Recaro brodés de vert, la plaque numérotée ou encore le pommeau de levier de vitesses (boite 6 manuelle imposée) façon boule de billard. En dehors de ça, la présentation est identique et la qualité perçue est toujours en deçà des standards européens. Qu’importe : sur une Mustang, l’intérêt est ailleurs.

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Techniquement parlant, la Bullitt reprend le même V8 que la GT classique mais y apporte un nouveau système d’admission d’air avec un collecteur différent et un boîtier papillon majoré (87 mm, comme sur la Shelby GT350). Le gain de 10 ch est négligeable, mais avec 460 canassons, la cavalerie ne manque pas. Dès le démarrage, le 5.0 donne des frissons. Sa sonorité rauque et caverneuse sied à merveille à l’image de Bad Boy de la Bullitt et l’échappement particulièrement loquace colle instantanément le sourire.

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Sur la route, il est tellement souple qu’il s’utilise comme un diesel au quotidien. Inutile de dépasser les 3 500 tr/min en conduite normale ! En revanche, les 529 Nm de couple arrivant à 4 600 tr/min, il profite d’un réel regain de santé à mi-régime et s’envole ensuite dans une sonorité métallique jusqu’à 7 000 tr/min. Un pur régal pour les oreilles. Côté châssis, même sans la suspension pilotée MagneRide optionnelle, il offre un bon compromis confort/tenue de route pour une GT. Malgré tout, le poids élevé, plus de 1,8 tonne, limite physiquement les capacités du gros coupé sur route sinueuse. La Mustang Bullitt n’en reste pas moins une auto très attachante, caractérielle et assez atypique. Elle démarre à 55 400 €, 7 000 € de plus qu’une Mustang GT Fastback classique.

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Au cœur de l’équipe Ford Racing

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Ford l’avait annoncé dès son retour officiel en championnat d’endurance avec la GT : le programme s’étendrait sur quatre ans, pas plus. Nous y voilà, et le constructeur américain a préparé une petite célébration pour l’occasion. Les livrées des quatre auto usines engagées rendent en effet hommage à différents moment marquants de l’histoire de la marque durant l’épreuve mancelle.

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La Ford GT n°66 de l’Allemand Stefan Mücke, du Français Olivier Pla et de l’Américain Billy Johnson affiche une livrée noire faisant écho à celle de la Ford GT40 de Bruce McLaren et Chris Amon, qui a remporté le Mans en 1966.

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La Ford GT40 conduite par Dan Gurney et A.J. Foyt au Mans en 1967 sera célébrée par la nouvelle livrée de la Ford GT n°67 pilotée par les Britanniques Andy Priaulx et Harry Tincknell ainsi que par l’Américain Jonathan Bomarito.

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La Ford GT n°68, dernière Ford victorieuse au Mans lors de la course 2016, sera pilotée par l’Allemand Dirk Müller, l’Américain Joey Hand et le Français Sébastien Bourdais, qui courront sous les mêmes couleurs que lorsqu’ils avaient remporté le Mans en 2016.

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Enfin, la Ford GT n°69 du Néo-Zélandais Scott Dixon, de l’Américain Ryan Briscoe et du Britannique Richard Westbrook s’inspire de la Ford GT40 qui s’est classée deuxième lors de la célèbre course où Ford avait réalisé le triplé victorieux au Mans en 1966.

Pour cette journée test, l’ambiance était encore détendue dans les stands. Les sourires sont nombreux, quelques blagues s’échangent, la pression n’est pas encore là. Mais bien vite, dès qu’un des pilotes annonce qu’il va rentrer au stand, les hommes s’animent. Dans un ballet coordonné, chacun fonce à son poste, se prépare à sa tache, répétée des milliers de fois, pour viser l’efficacité maximum. Pas d’hésitation, pas de cafouillage, le stand est d’un coup devenu une scène remplis d’acteurs de talents. Les changements de pneus sont faits, le réservoir rempli et les réglages effectués. La GT repart dans un vacarme tonitruant (tout le monde sans exception porte des casques anti-bruit) et le calme retombe dans le box. Derrière, un petit bureau bien gardé rempli d’écran montre toute la télémétrie en temps réel. Enfin, la plus partie la plus éloignée de la piste concentre les nombreuses pièces de rechange et les motorhomes des pilotes. Tout le team Ford Chip Ganassi Racing espère réitérer les exploits de 1966 et 2016, et repartir avec une dernière victoire pour un départ en fanfare du championnat. Réponse le 16 juin, à 15h.

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Crédits photo : Julien Landry et Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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