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Essai DS 7 restylé hybride 360 ch (2022) : le made in France qui donne envie

Alors qu’il a profité d’un restylage bienvenu, le DS 7 gagne aussi une inédite version Performance forte de 360 ch. Si sa puissance peut sembler alléchante sur le papier, c’est surtout son châssis qui mérite le détour. Nous l’avons découvert dans le sud de la France, le temps d’une journée.

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On nous le serine à longueur de journée, le made in France doit redonner envie d’acheter local. Même sans être chauvin, on peut comprendre que stimuler l’économie française en valorisant notre savoir-faire permet en théorie de faire gagner tout le monde. Mais encore faut-il pour cela disposer des produits qui donnent envie d’investir, et en matière d’automobile, on ne peut pas dire que toutes les dernières créations tricolores sont logées à la même ancienne. Et si le haut de gamme « à la française » n’est plus ce qu’il était dans la première moitié du XXème siècle, on peut tout de même louer l’effort de DS de se faire une place sur un marché premium dominé par les Allemands. Jouons carte sur table : je n’ai jamais vraiment porté la marque dans mon cœur depuis sa créations. Si des modèles rigolos comme la DS3 Racing ou stylistiquement intéressants comme la DS5 n’ont pas manqué de me faire me retourner dans la rue, les produits ne m’ont jamais vraiment convaincus. Et dans la gamme actuelle, j’avais un sérieux problème avec le look du DS 7 Crossback, dégoulinant de chromes et trop rondouillard à mon goût.

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Plumage retravaillé

Aussi ai-je accueilli d’un œil favorable son remplaçant, qui range au placard l’appellation Crossback pour ne garder que DS 7. Plus statutaire, plus agressif aussi, il me plaisait déjà sur les premières photos et mon avis s’est renforcé en le rencontrant en vrai. En voilà un qui s’est acheté une gueule ! A fortiori dans cette version Performance, dont les très belles jantes de 21 pouces parachèvent la transformation visuelle. La nouvelle signature lumineuse à LED, partagée par toutes les versions du nouveau DS 7 et fondue dans le pare-chocs avant (de la matière est enlevée au laser pour que la lumière puisse passer à travers), lui procure un vrai style différenciant dans la circulation.

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Le fait que la plupart des chromes aient aussi disparus au profit de noir laqué n’est pas non plus pour me déplaire. La poupe change également, avec un hayon redessiné qui apporte quelques arrêtes saillantes. Mais pour le reste, c’est bonnet blanc et blanc bonnet !

Habitacle chaleureux

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La bonne impression se poursuit quand on ouvre la lourde porte donnant sur un habitacle tiré à quatre épingles. Matériaux valorisants, présentations soignée, assemblages précis, sellerie originale façon bracelet de montre… DS n’a pas lésiné pour que les passagers se sentent bien à bord, où l’ambiance est plus chaleureuse que dans bien des marques allemandes. Tout n’est pas cependant parfait, notamment au niveau de la technologie embarquée qui reste basique face à la concurrence premium. De plus, le nouveau système d’infodivertissement (dont l’arborescence des menus n’est pas très intuitive) dispose de graphismes malgré tout un peu vieillots et se commande par une dalle tactile agrandie qui pourrait être un peu plus fluide et réactive. Rien de rédhibitoire, mais ces détails ont leur importance quand l’on revendique un statut plus haut de gamme que cœur de marché !

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Au moins quatre adultes se sentiront à l’aise dans ce cocon douillet et bien insonorisé, avec de la place à l’avant comme à l’arrière, alors que le coffre reste très décent malgré l’hybridation (541 litres annoncés). Et la personne prenant les commandes pourra profiter, elle, d’une position de conduite assez naturelle avec une amplitude de réglages satisfaisantes, même si le volant pourrait bouger un peu plus en profondeur.

Châssis qui mérite les honneurs

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S’il est primordial d’être bien assis dans n’importe quelle auto, c’est d’autant plus important dans une voiture qui se veut un tant soit peu dédiée au plaisir de conduite. Chose dont je doutais fortement avant de m’installer à bord du SUV français, mais sur laquelle je suis revenue après une dizaine de kilomètres seulement. Quel châssis ! Avec une garde au sol abaissée de 15 mm, des ressorts, amortisseurs et barres antiroulis spécifiques, ainsi que des voies élargis, le DS 7 Performance se démarque très clairement des plus sages versions classiques. Le roulis est étonnamment bien contenu pour un SUV pesant tout de même 1 885 kg à vide (poids annoncé par le constructeur), tandis que le train avant accrocheur encaisse sans broncher les entrées en courbe un peu musclées. Ajoutez-y d’excellents pneus Michelin Pilot Sport 4S et le niveau d’efficacité atteint est franchement bluffant. On se prend vite au jeu dans les enchaînement de virages, où le DS 7 parvient à masquer efficacement sa masse. Les freins majorés (disques de 380 mm à l’avant) sont suffisant à rythme soutenu mais ne supporteront tout de même pas 20 minutes de conduite couteau entre les dents. Et quand l’on décide de repasser du mode Sport à de plus sages Confort ou Hybride, le confort de roulement redevient franchement bon grâce à une suspension pilotée progressive. Impossible d’éradiquer quelques percussions toutefois, les lourdes jantes ayant tendance à beaucoup rebondir quand le revêtement de la route devient mauvais.

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Puissance sans saveur

Mais il y a un mais. Deux, en fait, à commencer par la direction. Cette dernière est suffisamment précise et rapide, mais manque autant de consistance (même en mode Sport) que de remontée d’information. On aimerait savoir avec plus de fidélité ce qui se passe sous les roues avant, surtout que la grande démultiplication implique de faire des mouvements de volant importants pour changer de cap à vive allure. Le deuxième point décevant du DS 7 Performance, c’est sa motorisation. Cette machinerie hybride déjà présente dans les Peugeot 508 PSE et DS 9 Performance est absolument sans saveur et ne donne jamais envie d’exploiter ses performances pourtant intéressantes (le 0 à 100 km/h est annoncé en 5,6 s). Et ce n’est pas tant le faute de l’électrification que du moteur thermique.

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Le 4-cylindres essence 1.6 turbo de 200 ch est d’une linéarité sans pareille, tandis que sa sonorité est presque déplaisante quand il monte dans les tours. Il donne l’impression de forcer en permanence, desservi dans sa tâche par une boîte automatique à 8 rapports en progrès, mais encore un peu lente et trop peu réactive. Là où ce tandem fonctionne le mieux est encore en mode Confort lors des phases de conduite paisibles, quand il se fait oublier et qu’il devient alors inaudible dans l’habitacle.

Encore un petit effort…

Au moment de rendre les clés, c’est finalement un sentiment un peu amer qui reste dans la bouche. Parce que si l’on s’en tient strictement aux prestations pures, ce DS 7 Performance est franchement attrayant. Entre un look sympa, un habitacle agréable et un très bon châssis, il a de quoi faire saliver. Mais c’est dommage qu’il doive composer avec une motorisation qui fait le job côté performances sans lui correspondre en termes de philosophie. C’est rageant, car il ne manque que ce détail à DS pour prouver que la marque est tout à sa place dans la cours des grands ! Si vous n’avez pas déjà l’habitude d’un 6-cylindres teuton ou que vous mettez l’accent sur un châssis au poil plutôt qu ‘une mécanique enivrante, vous avez tout intérêt à jeter un œil à ce DS 7 Performance, vendu à partir de 68 700 €. Et si même le président de la République l’utilise pour ses déplacements officiels, il y a de quoi crier Cocorico !

Merci à l’ami Kwamé de la chaîne YouTube PlaneteGT pour son aide sur les images dynamiques

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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