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Essai BMW M240i xDrive Coupé 2022 : intrépide améthyste

L’impatience nous gagne quant à la sortie de la nouvelle M2 cet automne. Pour ronger notre frein, quoi de mieux que de tester en profondeur la plus puissante Série 2 actuelle, à savoir la M240i xDrive Coupé ? Après tout, on nous promet sur le papier un comportement de propulsion, une répartition des masses parfaite et un 0 à 100 km/h en 4.3 secondes : la recette est très alléchante. Elle développe d’ailleurs 4 petits chevaux de plus que la précédente M2 « standard » à sa sortie, une auto que je connais plutôt bien pour l’avoir conduite sur circuit comme sur route. Et bien après plus de 1000km à son volant, je vais prendre un malin plaisir à vous expliquer pourquoi la M240i 2022 est bien plus que ce que je viens d’en dire dans cette intro. Moteur !

 

Prise en main : un cheval docile

Lorsque j’appuie sur ce bouton START, les petites pétarades de l’échappement me rappellent l’essai de la M235i Gran Coupé. Toutefois, le feulement de notre BMW M240i xDrive montre immédiatement le timbre plus noble d’un 6 cylindres en ligne bien familier. Les fonds de compteur rouges en mode Comfort mettent également dans l’ambiance sportive du coupé bavarois, dont la pédale de droite est instantanément très réactive.

Rien d’intimidant toutefois tant elle se laisse guider en douceur et sobriété au quotidien. Le 3.0 turbo donne des vocalises aisément mais sans exagération dans ce mode de conduite, alors que les bruits de roulement et la boîte de vitesses automatique à 8 rapports se font tout bonnement oublier. Le confort est surprenant tant que le mode sport des suspensions n’est pas activé (modifiable via le SelectDrive M (560€ en option))… et que la route n’est pas trop amochée. Car évidemment, nids de poule et bandes rugueuses sont à éviter. J’ai par ailleurs beaucoup profité du mode Eco Pro -ce qui n’est pas forcément dans mes habitudes- tant il est idéal pour cruiser : le moteur est aphone en conduite coulée, et l’excellente insonorisation permet de voyager en tout confort y compris sur autoroute. En Eco Pro, l’affichage à fond bleu délaisse compte-tours pour un indicateur de consommation moyenne et instantanée : celui-ci permet de mettre en exergue la remarquable frugalité du moteur malgré sa puissance, avec une consommation de sans plomb 98 aux alentours des 7 litres aux 100 en mixte. Seule l’alerte au franchissement de ligne m’a laissé quelque peu perplexe en conduite souple, avec une intervention sur la direction configurable mais peu tangible : je la désactivais quasi-systématiquement.

Intérieur pur jus BMW

Le rythme doux me permet de me familiariser avec les commandes. Celles-ci font honneur aux boutons physiques, que ce soit sur le volant ou la console centrale. En 2022, c’est une touche quasiment old school dans le premium mais qui ne me dérange absolument pas. Le classicisme BMW se retrouve dans la planche de bord, semblable aux autres productions de la firme à l’hélice. Comme toujours, la qualité des matériaux et des assemblages est parfaite. Les finitions sont léchées et notamment les quelques apports M spécifiques présents dans notre M240i xDrive Coupé. Les plastiques durs sont rares et peu visibles.

 

Coup de cœur pour les contre-portes lumineuses aux couleurs du département Motorsport (210€ tout de même), qui compense ma petite déception sur la présentation somme toute banale du levier de vitesse. Mais BMW n’oublie pas la technologie avec un système iDrive performant associé à une molette qui se prend vite en main. Les boutons de navigation associés forcent parfois à quitter la route des yeux mais ce n’est que le temps de s’y habituer. Le seul bémol que j’ai à remonter se situe au niveau d’une connectivité certes moderne mais parfois compliquée : filaire, Bluetooth et Wifi (en option ici) se mélangent pour parfois créer des conflits qui nuisent à l’utilisation d’Apple CarPlay. Une fois en bon ordre de marche, la connectivité smartphone sans fil est toutefois un vrai confort (450€ bien investis), et l’écran jouit d’une définition et d’une réactivité exemplaires.

Les sièges sont superbes, assurent un bon maintien et un excellent confort sur long trajet. La banquette arrière est étonnamment accueillante, y compris pour deux adultes à condition que les passagers ne dépassent pas 1m80 et que le conducteur ne recule pas son siège outre-mesure. Après tout, cette Série 2 mesure 4m54, ce qui est plus long qu’une Série 3 E46 ou E90… qui étaient des routières familiales ! D’ailleurs, ces passagers pourront prendre leurs bagages avec eux tant le coffre est spacieux (390 litres) pour un coupé 3 portes.

Objet de désir

Une fois les grands trajets terminés pour arriver sur les petites routes du nord de l’Auvergne, il est bientôt temps de réveiller l’âme de notre BMW M240i… Mais d’abord, nous traversons au pas les jolis villages du secteur, toit ouvrant déployé, afin de laisser les passants poser leurs yeux sur la sublime robe violette de notre exemplaire (peinture métallisée Thundernight, facturée 890€). Aucun doute, la M240i xDrive Coupé ne laisse pas indifférent. Son regard acéré et le pare-chocs agressif, surplombés de ce capot bombé, accrochent le regard. Quel charisme !

La ligne tri-corps typiquement BMW rappelle la précédente génération ; les rétroviseurs M et l’aileron de requin violet font leur effet. Le trois-quarts arrière me laisse personnellement plus perplexe, en cause les feux arrière qui me dérangent dans leur enrobage et leur positionnement. Cela n’enlève en rien le charme de l’ensemble, avec notamment le becquet et l’échappement intégré au diffuseur, plus plaisant en vrai que sur photo.

 

Un vrai coupé BMW sur les routes auvergnates

J’ai passé l’entièreté du séjour sur place à alterner entre le mode Eco Pro, pour profiter de notre beau patrimoine, et le mode Sport dès que la route s’ouvrait. La chanson est alors bien différente : les vocalises du 6 en ligne 100% thermique sont relevées, et l’échappement se montre plus expressif. La poussée du coupé allemand est franche et linéaire, ce qui la rend grisante mais pas si impressionnante. Ça pousse tout de même fort à tous les étages, jusqu’à quasiment 7000 tours/minute. Les passages de rapport sont plaisants et l’ambiance à bord se réchauffe vite ! D’ailleurs, plus l’échappement prend en température et plus il nous surprend de légères pétarades.

Niveau châssis, c’est tout simplement excellent : la M240i xDrive Coupé est d’une efficacité hors pair, avec un grip redoutable à l’avant et un différentiel qui enroule les virages à la réaccélération. Oubliez la sensation de sous-virage des anciennes 4 roues motrices… En outre, on ne sent jamais le poids de la voiture. Le freinage est mordant mais semble manquer un poil d’endurance : largement suffisant pour une conduite dynamique le weekend, mais certainement pas à l’épreuve d’une journée circuit, comme en témoignent des disques non ventilés. J’ai trouvé le toucher de route très agréable, et la direction consistante et informative. Toutefois à mon niveau, la sportive bavaroise n’a même pas eu à me rappeler à l’ordre avec une correction électronique tant elle est bien campée sur ses appuis. Merci le xDrive ! Ce que j’ai aimé, c’est qu’on sent le comportement de propulsion facilement, sans déconnecter l’ESP ou avoir un gros niveau de pilotage, et surtout sans se faire peur !

Un produit BMW qui fait du bien en 2022

Finalement, la M240i xDrive Coupé m’a surpris sur bien des points, que je vais rassembler en trois :

Premièrement, merci à cette peinture violettel’améthysteabsolument magnifique. Elle m’a véritablement aidé à tomber amoureux du look de la voiture, malgré une face arrière que je trouve légèrement disgracieuse.

Secundo, je ne m’attendais pas à de si bonnes sensations, à l’heure où les sportives tendent à s’aseptiser. Evidemment, je n’ai pas exactement retrouvé l’âme des coupés BMW que je connais bien : plus efficace, elle procure le plaisir d’en tirer de la performance relativement aisément. A l’inverse, on va moins vite avec une M2 F87, qui nous rend plus fébrile, mais les sensations sont toutes autres. Reste que l’ambiance à bord est sportive, et le plaisir de conduire bien présent.

Enfin, cette BMW M240i xDrive Coupé est une vraie Série 2, confortable et accueillante, si ce n’est qu’elle dispose de la cavalerie et du châssis d’une supercar… Cela rend le compromis extrêmement attirant. Avec 9.2L/100 de conso sur l’intégralité de notre essai, c’est en somme tout à fait envisageable au quotidien au vu de l’agrément, des performances et du standing du coupé bavarois. Intrépide donc, tant la M240i sait tout faire.

Toutefois, il faut admettre que ce bijou n’est pas destiné à toutes les bourses. Le ticket d’entrée à 59.900€ était pourtant bien placé face à la concurrence. Mais le catalogue d’options nécessite quelques ajouts -comptez 71.725€ pour notre modèle à l’essai- et le malus écologique ne fait qu’accroître une note finale assez élevée. Le prix à payer pour une polyvalence exceptionnelle qui ne délaisse pas l’héritage de la passion de conduire, si chère à mon coeur dans une BMW.

Julien Landry

Julien Landry

Commercial, musicien, je suis ici parce-que j'aime conduire et j'aime écrire. C'est avec grand enthousiasme que j'essaie de transmettre ma passion pour la bagnole et le sport auto, le tout en défendant avec ferveur le plaisir de conduite.

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