Sponsor de longue date pour le milieu du football, Kia revient dans la compétition avec une troisième génération de Ceed revue de fond en comble. La berline compacte perd son apostrophe tout en proposant toujours plus d’équipements dès l’entrée de gamme. Suffisant pour entamer une réelle remontada face aux ténors du segment ?

On taxe souvent les footballers d’excentriques de par leurs coupes de cheveux et styles vestimentaires. Loin de taper dans les clichés, la Ceed millésime 2018 joue plutôt la carte du passe-partout. Si son maillot s’inspire de la berline Stinger et propose quelques appendices aérodynamiques qui virilisent la ligne, l’ensemble reste tout de même très consensuel. Non pas que l’on s’en plaindrait, simplement faut-il avoir un œil averti pour repérer au premier coup d’œil tous les changements effectués sur la carrosserie. A l’avant, le bouclier devient plus agressif tandis que les phares adoptent une signature lumineuse à quatre points rappelant les finition GT et GT-Line des autres modèles de la marque. C’est l’arrière qui évolue le plus : les feux prennent du relief, la plaque d’immatriculation migre du pare-choc au hayon de coffre et, c’est dans l’air du temps, un faux diffuseur vient habiller la partie basse de l’auto. Plus large (+ 2 cm) et plus basse (-2,3 cm) que sa devancière, la Ceed a fière allure une fois campée sur ses jantes de 16 ou 17 pouces. La version break SW s’allonge également, notamment au niveau du porte-à-faux arrière, ceci afin de proposer un volume de chargement toujours plus important (625 L, contre 395 L pour la 5 portes). Nous n’avons pu essayer que la version berline 5 portes pour une raison simple : le coupé 3 portes a purement et simplement disparu du catalogue, faute d’intérêt de la part des clients du segment C, pour une carrosserie peu pratique.

L’équipement comme atout majeur

Disponible avec la boîte auto, le bouton sport influe sur la direction, la réponse de l’accélérateur et les lois de passage des rapports.

Une fois dans l’habitacle, impossible de ne pas penser immédiatement aux productions d’outre-Rhin. L’ambiance est très teutonne, sombre, bien finie, sans fioritures. On peut compter sur le toit ouvrant électrique optionnel pour amener un peu de lumière dans cet univers un poil triste, pour peu que l’on ait opté pour le plus haut niveau de finition Edition #1. Ce dernier, accessible dès 24 090 €, inclue des accessoires comme la charge de smartphones par induction, le frein de parking électrique et le démarrage sans-clé, mais il donne également droit au pack Premium facturé 2 500 € et qui comprend, entre autres, une bonne sono signée JBL, une sellerie full cuir avec sièges avant électriques et ventilés, sièges arrière chauffants et des phares Full LED. Ceci dit, nul besoin de dépasser le premier niveau de finition Motion à 20 990 € pour profiter de rétroviseurs dégivrants, d’une caméra de recul, d’un écran de bord tactile de 7 pouces, d’une sono 6 HP avec Bluetooth pour la téléphonie et le streaming audio ou encore d’un volant en cuir. Quant à la finition intermédiaire Active (dès 23 090 €), elle offre notamment un écran de 8 pouces avec GPS et services TomTom Live mis à jour pendant 7 ans -même durée que la garantie de la voiture, un rétroviseur électrochromatique, les essuis glaces automatiques et des feux arrière à LED. La Ceed n’est pas non plus en reste en ce qui concerne les aides à la conduite, puisqu’elle embarque notamment un système de conduite autonome de niveau deux qui couple le régulateur de vitesse adaptatif à l’assistant de maintien dans la voie (boîte auto uniquement).

Solide sur route

C’est véritablement sur le terrain que la nouvelle Ceed fait un bond en avant. A l’écoute de ses clients, la marque a su apporter les retouches nécessaires pour faire de la compacte une recrue de choix. Le jeu de jambes est soigné, avec une suspension totalement revue composée d’amortisseurs avant durcis, de barre antiroulis plus fines mais plus rigides, le tout ayant fait l’objet de nombreuses heures de mises au point sur l’impitoyable Nürburgring Nordschleife. Mais la coréenne n’en oublie pas les bonnes manières : le confort de roulage est réel, les aspérités de la route correctement filtrées et l’insonorisation de bon aloi. Afin de prendre toute la mesure du travail réalisé par les ingénieurs, Kia nous a invité à faire quelques tours sur circuit derrière un instructeur. Si la voiture ne procure aucune sensation d’excitation (elle ne revendique d’ailleurs aucune velléité sportive), elle fait preuve d’une belle neutralité et ne sous-vire que tardivement, les mouvements de caisse étant bien contenus pour une auto de tous les jours. Eléments indispensables à la bonne prestation de l’asiatique, les Michelin Pilot Sport 4 de série sur la finition haute sont aussi à saluer. Pas sûr que les clients choisissent de débourser autant quand ils devront changer les quatre en revanche…

Côté motorisations, on peut compter sur un nouveau 4-cylindres essence 1.4 turbo de 140 ch pour emmener la Ceed à bonne allure. Couplé à la boîte à double embrayage DCT7, il est discret et se contente sans mal d’un petit 7 L/100 km en conduite paisible. Un 3-cylindres 1.0 de 120 ch est également disponible en entrée de gamme et contre toute attente, il se montre à la hauteur. Seule une voiture bien chargée le mettra à la peine et sa consommation dépassera alors largement les 10 L/100 km, comme tous les trois pattes lorsqu’ils sont fortement sollicités. Dans le camp diesel, on retrouve un nouveau bloc 1.6 CRDi disponible en 115 et 136 ch. Le dernier, avec lequel nous avons roulé, est volontaire bien que sonore à l’accélération et saura se montrer frugal. La boîte manuelle s’est pour sa part révélée très douce et précise.

En conclusion

Quand vient l’heure de regarder les statistiques du match, force est de constater que la Kia Ceed troisième du nom a bien joué. Bien qu’elle reste un peu fade autant visuellement que derrière le volant, elle est au point techniquement parlant et se montre apte à affronter la concurrence sans devoir botter en touche. Et comme l’esprit d’équipe est primordial, la gamme Ceed va se décliner dans les mois à venir : berline compacte 5 portes et break SW sont d’ores-et-déjà disponibles à la commande, mais une inédite version Shooting Break arrivera à la fin de l’année. Si le résultat final est aussi beau et audacieux que les premières esquisses, il y a de quoi de réjouir… Suivront ensuite une version Mild-Hybride en 2019 et encore une autre déclinaison que l’on découvrira très probablement pendant le mondial… De l’auto, bien sûr. SUV ? Version sportive GT dérivée de la Hyundai i30N ? A vos pronostics !

 

Ce qu’il faut retenir de la Kia Ceed

 

Les plusLes moins
  • Très bon rapport prix/équipement
  • Châssis efficace
  • Bonne insonorisation
  • Style très consensuel
  • Peu de sensations au volant

Modèles essayésPrix (hors options)
Kia Ceed Edition #1à partir de 24 090 €