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Essai BMW X7 xDrive40i : quintessence routière

Il y a mille façons de voyager par la route et, bien souvent, choisir une monture adaptée impose de faire des concessions. Confort, plaisir au volant, luxe, praticité, technologie sont autant de paramètres qu’il faut prendre en compte. Ou alors on peut choisir de ne pas choisir et vouloir une voiture qui fait tout ça à la fois. C’est là qu’entre en jeu le BMW X7.

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« Mon Dieu mais c’est énorme !» s’exclame mon copilote du jour à la découverte de l’objet de tous les désirs. Enfin, le terme désir reste sujet à interprétation, mais il faut bien avouer que la curiosité se lit dans tous les regards des journalistes présents. Comment un engin aussi imposant que le BMW X7 (quoi, vous pensiez que je parlais d’autre chose ?) se justifie-t-il dans la gamme du constructeur bavarois ? Aux USA, où il est produit, le plus gros SUV de BMW passe totalement inaperçu au milieu des Cadillac Escalade, Ford Expedition et consorts.

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Sur nos routes européennes en revanche, et plus encore du côté de la Slovaquie où nous sommes aujourd’hui, les mensurations du X7 paraissent démentielles : 5,15 m de long, 2 de large et 1,8 m de haut. Le premier adjectif qui me vient en tête en le découvrant est « intimidant ». Pourtant mon destrier du jour en finition Exclusive se passe des proéminents bouclier de la version M Sport pour se contenter de pare-chocs plus discrets et plus élégants.

Bus de luxe

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C’est en montant à bord pour poser mes affaires que je prends toute la mesure du bestiau. S’il est grand à l’extérieur, le X7 est encore plus vaste à l’intérieur où trois rangées de sièges peuvent accueillir confortablement 6 ou 7 personnes, en fonction de la configuration choisie pour la deuxième rangée (2 fauteuils ou une banquette). Seul le troisième rang et son plancher haut sera fatiguant sur long trajet, les deux précédents étant spacieux et accueillants. Si la présentation générale rappel bien évidemment la Série 7, l’ensemble se veut encore plus moderne, plus épuré, avec l’impression que la console centrale est flottante. Quelques délicates attentions telles que le pommeau en cristal, la sellerie cuir étendue ou encore le pavillon en alcantara doté du toit panoramique rappellent que nous sommes à bord d’une auto chère, très chère. Plus de 120 000 € pour ce modèle précis richement optionné, qui entre sans hésitation aucune dans la catégorie des voitures de luxe.

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Les finitions sont irréprochables, les matériaux de qualité et jamais la main ne se pose sur une matière qui ne soit pas agréable au toucher. Belle démonstration de force de la part de BMW ! Vous vous en doutez, la liste des équipements singe l’encyclopédie Universalis, aussi ne vais-je pas essayer de détailler l’ensemble au risque de vous faire mourir d’ennui. En trois mots : tout y est. De la connectivité la plus complète en passant par les dernières aides à la conduite disponibles et un affichage tête haute qui ne mérite que des éloges, jusqu’aux porte-gobelets chauffants et réfrigérés.

2,4 tonnes d’agilité

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C’est donc dans la décontraction la plus totale que j’entame par l’autoroute la longue boucle prévue pour aujourd’hui. Le confort ouaté de la suspension pneumatique fait immédiatement oublier l’état discutable (au mieux) du bitume slovaque, tandis que le 6-cylindres essence de 340 ch brille autant par sa souplesse que son silence. Il n’y a guère que quelques bruits d’air ou de roulements pour s’immiscer timidement dans l’habitacle. Et si ces derniers deviennent gênants, c’est que vous roulez beaucoup trop vite ! Rien ne vient troubler la quiétude à bord, malgré les immenses jantes de 22 pouces (21 en série). En attaquant le réseau secondaire, même combat, mais en mode Confort la direction se révèle assez flou et manque sérieusement de consistance. Une excuse parfaite pour passer en mode Sport. Le ressenti dans le volant devient alors un peu plus fidèle, mieux calibré et la consistance artificiellement alourdie profite à la précision de conduite, malgré un volant à la jante très épaisse.

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Plus les virages se resserrent, plus le rythme devrait baisser. Mais étrangement, il n’en est rien : grâce aux roues arrière directrices (option Direction ActiveDrive indispensable à 1 300 €), le X7 se joue des courbes avec l’agilité d’un X3 et en redemande encore et encore. Avec les Pirelli Pzero de mon exemplaire, les limites d’adhérence sont lointaines, mais tout excès d’optimisme ne pardonne pas. Quand l’on a 2,4 tonnes à mouvoir et un centre de gravité très haut perché, les lois de la physique font que les transferts de charge sont franchement marqués et bien vite, on se rend compte que toute sortie sera définitive : mieux vaut donc rester vigilant et ne pas se faire embarquer par la masse pachydermique du X7 sur un freinage optimiste ou une succession de virages rapides.

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Mariage heureux

De son côté, le bloc 40i donne enfin de la voix et se permet même quelques pétarades au levé de pied. A l’aise peu importe le relief, il est à la hauteur de sa tâche sans se montrer impressionnant. Il est secondé par une boîte auto à 8 rapports qui compte parmi les meilleures actuellement sur le marché. Douce en ville, elle est également alerte quand il le faut et se laisse volontiers guider par les palettes au volant. Cela tombe bien, c’est tout ce que l’on attend d’elle. Seul sur une route de montagne déserte ou a plusieurs sur l’autoroute, que la chaussée soit irréprochable ou le chemin caillouteux, en chantant à tue tète pour accompagner l’excellente sono ou dans un silence de cathédrale, voyager en BMW X7 est un bonheur. Il sait tout faire, le fait bien et déborde en plus d’attention pour ses occupants. Un SUV de luxe doué de bon sens et doté d’une agilité à faire pâlir bien des autos plus sveltes, c’est ça, finalement, le X7.

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Merci à Christophe Boulain du magazine Followed pour l’aide sur les images, ainsi que pour la photo dynamique du X7 de face. 

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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