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Essai Audi A6 Avant 50 TDI quattro 2020 : la forme et la fonction

Autobahn cruiser par excellence, l’Audi A6 est la proposition de la marque aux anneaux à ceux qui mangent les kilomètres par plusieurs dizaines de milliers chaque année. Au top de la technologie mais plus abordable qu’une A8, affichant moins de 5 m de long tout en restant plus logeable qu’une A4, l’A6 est une routière de standing qui évolue discrètement de génération en génération. Nous avons pris le volant de sa déclinaison break pour constater qu’elle appartient toujours aux ténors du segment.

Essai Audi A6 Avant 2020
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L’A6 fait partie de ces voitures discrètes, presque anonymes (méchante version RS6 exceptée), qui ne font pas spécialement tourner les têtes. Difficile de faire plus statutaire qu’une berline routière allemande, et notre Audi du jour n’est pas l’exception qui confirme la règle. En version break Avant toutefois, l’A6 gagne autant en look qu’en capacité de chargement, avec un coffre gargantuesque de 565 l (déjà 530 l sur la berline) dont l’accès est facilité par le large hayon. Ce dernier profite d’une vitre arrière très inclinée ce qui offre un profil racé à l’Allemande, qui soigne ainsi son image sport-chic.

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Cocon douillet

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L’habitacle n’est pas en reste, avec une présentation sobre et technologique qui reprend la planche de bord à deux écrans présente sur les modèles haut de gamme de la marque. Celui du haut est dédié au système d’infodivertissement connecté, quand celui du bas permet de saisir une adresse dans le GPS en dessinant les lettres et de commander toutes les fonctions de la climatisation. Et Dieu sait qu’il y en a : entre les sièges massants, chauffants et ventilés, le volant chauffant ou encore la climatisation quadri-zone, il y a de quoi y perdre son latin. Et si l’on peut regretter qu’il faille assez souvent passer par l’un des deux écrans tactiles pour trouver telle ou telle fonction en roulant, ce qui oblige parfois à quitter la route des yeux un peu plus longtemps que de raison, on ne peut en revanche que louer le retour haptique qui donne réellement la sensation de cliquer sur l’écran, comme on le ferait sur un trackpad d’ordinateur portable. Il s’agit en réalité d’un électroaimant excité par un champ magnétique qui provoque le déplacement d’une petite pièce métallique, et le cerveau interprète cette vibration comme un retour de force vers le bas, comme si l’écran s’enfonçait de façon perceptible. Résultat, il y bien une confirmation physique qu’une pression a été détectée par la dalle tactile, ce qui, associé à la bonne réactivité du système, renforce grandement son ergonomie. Bluffant !

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Quant à la qualité de la finition et des ajustements, elle est simplement sans faille. Tout est précis, solide, aucun craquement n’est audible, aucune commande ne paraît un peu légère et le plastique ne fait que de rares apparition, en bas de l’habitacle ou sur les branches du volant. Et s’il tranche avec le bois ou le métal, il est de bonne facture et ne paraît jamais cheap. La finition Avus Extended de notre vaisseau amiral est en outre blindée d’équipements tous plus agréables les uns que les autres, à l’image du vitrage teinté et insonorisé, du grand toit ouvrant panoramique ou encore de la superbe Sono Bang & Olufsen à 16 haut-parleurs.

Efficacité à toute épreuve 

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Si l’A6 Avant est comme un poisson dans l’eau sur autoroute, elle ne démérite pas sur le réseau secondaire, surtout quand deux options sont cochées sur le bon de commande : la direction  dynamique intégrale à 2 250 € et la suspension pneumatique adaptative à 2 350 €. La première offre des roues arrière directrices, garantes d’une belle agilité, quand la seconde permet à l’Audi d’offrir cet effet tapis volant en absorbant toutes les déformations de la route, pour une conduite sereine en toute circonstance. Les grandes jantes de 21 pouces de notre modèle d’essai répercutent parfois quelques chocs dans l’habitacle, mais ils apparaissent lointains et filtrés et le confort n’est jamais pris en défaut, quel que soit l’état de la route sur laquelle on roule. Mieux, ces deux options combinées permettent, une fois en mode dynamique, de jouir d’une auto précise et engageante dans les enchaînement de virages, sans jamais se montrer cassante.

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Mais il faut savoir raison garder et ne pas bousculer l’A6, qui a tôt fait de vous rappeler qu’elle n’est pas faite pour être menée tambour battant. Ses presque deux tonnes, si elles sont habilement masquées dans les virages, sont bien sensibles à la décélération, et les freins ne feront pas long feu à rythme soutenu. Quant à sa direction, elle a une précision enviable et une consistance rassurante, mais son manque de feedback est sensible à vive allure. Malgré tout, l’Audi reste plus engageante pour son conducteur qu’une Mercedes Classe E, même si elle ne peut prétendre au même confort.

Couple de camion

De con côté, la motorisation 50 TDI (V6 3.0 diesel de 286 ch et 620 Nm de couple) est parfaitement adaptée à l’A6, offrant à la fois souplesse, vigueur et relative sobriété au quotidien (nous avons relevé 8 l/100 km de moyenne sur parcours mixte avec 75 % d’autoroute, sans jamais chercher à battre des records de conso), le tout dans une sonorité travaillée et agréable pour un diesel. On peut simplement noter un certain lag du turbo qui, combiné à la gestion de la boîte auto tiptronic à 8 rapports, demande parfois d’anticiper un peu la remise des gaz et de ne pas écraser la pédale d’accélérateur sous peine de voir le couple débouler sans prévenir.

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En bref, l’Audi A6 Avant singe un peu le daily familial parfait, avec de la place, toutes les dernières aides à la conduite et technologies disponibles actuellement, un châssis rigoureux et une ligne agréable. Tout ceci a bien évidemment un prix, et si l’A6 Avant démarre à 51 150 €, il vous faudra débourser plus du double pour vous en configurer un exemplaire comme celui que vous avez sous les yeux, puisqu’il flirte avec les 104 000 €. Trop cher ? D’un point de vu subjectif c’est à vous de voir, mais le ticket d’entrée n’est objectivement pas déplacé au regard des tarifs affichés par la concurrence, qu’elle s’appelle Mercedes Classe E break (dès 58 800 €) ou encore BMW Série 5 Touring (dès 50 300 €). A chacun, donc, de trouver sa chacune, qu’elle soit frappée de quatre anneaux, d’une étoile à trois branche ou d’une hélice.

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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