Essais

Ford Ranger: Quelles séries spéciales choisir ?

En fin de carrière, le Ford Ranger s’offre quatre nouvelles versions du best-seller des pick-up européen. Adaptées à différents usages, ces séries limitées offrent des prestations différentes. Nous les avons essayées pour vous dans des mises en situations mettant en exergue leurs qualités.

Avant de vous présenter ces nouveautés, il est à noter que les Ford Ranger ne sont pas assujettis à des malus, même avec des émissions au-dessus des seuils fixés par le gouvernement. La raison est que les Ford bénéficient d’une homologation ancienne en camion plateau passant pour des véhicules utilitaires pour lesquels les malus ne s’appliquent pas. Seul Isuzu bénéfice du même type d’homologation l’affranchissant du barème punitif. Ce qui explique en partie les bons résultats des Ranger sur le marché hexagonal.

Ford Ranger Wolftrak pour vous servir :

Le Woftrak représente le milieu de gamme en série limitée, 400 unités de cette version devraient sortir des chaînes d’assemblage. Avec ses différentes carrosseries, ils convient à divers usages en super-cab 2 + 2 places et double cabine 5 places. Équipé de ses suspensions à lames à l’arrière, il accepte plus d’une tonne de chargement dans la benne (1145kg de charge utile). Il présente de bonnes aptitudes en tout terrain. En effet, comme les autres Ranger, il est équipé de 4 roues motrices débrayables pour le passer en propulsion, mais aussi d’une gamme de rapports longue et courte ainsi qu’un blocage de différentiel arrière, permettant de faire face à toutes éventualités même avec du chargement. Cela, bien aidé par un moteur 2.0L écoblue de 170cv et 420nm de couple. Au sujet des transmissions deux solutions sont possibles, une boîte automatique à 10 vitesses dérivée de la Mustang et une boîte mécanique à 6 rapports. La facilité de la boîte auto permet de vous concentrer d’avantage sur votre trajectoire de franchissement, la transmission mécanique demande un peu plus d’attention mais rien d’insurmontable. Sur le terrain, cela donne un véhicule facile à diriger malgré son grand gabarit (5m35 de longueur, 1m92 de largueur). Lors de notre essai, les marches pieds présents avaient tendance à frotter lors de passages engagés, de même pour les pare-chocs avant et arrière (garde au sol de 23cm, angle d’approche de 28 degrés et 27 degrés de fuite). Son côté franchiseur est accentué par une monte de pneu tout terrain d’origine. Ce modèle est principalement destiné aux professionnels ayant besoin d’un espace de chargement important mais qui souhaitent du confort. Vous y trouverez tout ce que l’on est en droit d’avoir dans un véhicule moderne, phares et essuie-glaces automatiques, sièges chauffants, système multimédia et de navigation Ford Sync 3, climatisation automatique bi-zones, régulateur de vitesse etc. 

Le Ranger Woltrak en boîte mécanique, comme ici est proposé à partir de 30 755€ HT.

Le Ford Ranger Wolftrak constitue un bon outil de travail, disponible à partir de 30 755€ HT (super-cab BVM6) et 41 706€ TTC (double-cabine et BVA10), pour les professions ayant besoin d’un véhicule utilitaire aux bonnes capacités de franchissements sans oublier le confort de ses passagers.

À l’aise en franchissement, lors de croisements de ponts et de passage d’ornières.

Ford Ranger Stormtrak la croisée des mondes :

Le Stormtrak, présenté dans sa livrée exclusive Rouge Lucid permet une bonne synthèse entre un pick-up et un véhicule plus adapté à l’usage routier. Pour cela, il offre des aptitudes en chargement et en tout terrain identiques au Wolftrak susdites précédemment, en y ajoutant des effets de style plus travaillés et des équipements le rendant plus adapté à un usage de particulier. Il est donc équipé de phares à led, de jantes plus grandes car celles-ci ne sont plus en 17 mais en 18 pouces, de touches de noir brillant, d’une sellerie cuir et en tissu technique avec les logos brodés « Stormtrack » sur les sièges avant, de seuils de portes rétroéclairés, d’un rideau de benne mécanisé et d’un séparateur de chargement coulissant dans le coffre. De quoi le rendre plus agréable au quotidien, notamment pour le chargement de bagages qui est maintenant couvert et qui ne glissent plus tout au fond du plateau, plus pratique pour décharger les courses. Un pack d’aides à la conduite est disponible en option qui comprend entre autres, le régulateur adaptatif ou encore l’aide au stationnement par caméra arrière et radars avant et arrière, pratique en raison des dimensions imposantes. Nous l’avons essayé sur les pistes du domaine de Riboux où le passage en mode 4 roues motrices n’a pas été nécessaire en raison d’une bonne accroche des gommes tout terrain, le moteur diesel 2.0L de 213 chevaux et 500nm de couple permet largement de se déplacer hors asphalte et la boîte de vitesses à 10 rapports se fait assez douce. Néanmoins, celle-ci offre peu de frein moteur avec la boite longue engagée. De plus, il n’y a pas de véritable mode manuel, il faut sélectionner le rapport à bloquer manuellement, pas très intuitif.

Cette teinte Rouge Lucid offre un rendu éclatant.


Ce rideau motorisé peut transformer la benne en coffre fermé.

Cette version Stormtrak du Ranger limitée, elle aussi, à 400 exemplaires est proposé au prix de 41 255€ HT (simple-cab) et 52 026€ TTC (double-cabine) pour un public désirant un véhicule relativement polyvalent qui saura aussi bien transporter vos bagages qu’une palette dans sa benne. Si toutefois vous trouvez cette dernière trop petite, le Stormtrack est comme le Wolftrack disponible en Super-cab 2 + 2 avec un espace de chargement plus vaste.

Ford Ranger Raptor SE born to be wild: 

Calandre spécifique, regard agressif et ailes larges font de ce pick-up un bad boy.

SE pour Special Edition, ce pick-up limité à 300 exemplaires représente la version la plus sauvage du Ford Ranger. Une carrosserie sulfureuse élargie de 15cm pour atteindre maintenant 2m de largueur ! Ce beau bébé en édition exclusive se reconnaît de l’extérieur par des bandes noires et rouges sur le capot, le toit, la ridelle, le long des portes et sur ses flancs. On y trouve aussi une plaque de protection en acier qui laisse apercevoir des crochets rouge vif. Ces éléments rehaussent le style déjà très bad-ass du Raptor. Sous cette carrosserie se cache toujours le châssis performance du Raptor, plus de suspensions à lames à l’arrière mais place à des suspensions à long débattement et des amortisseurs Fox aux 4 coins, par la même occasion il se voit rehausser de 51mm par rapport à ses frères plus sages. Le freinage arrière n’est plus à tambours contrairement aux autres versions mais à disques, les jantes restent en 17 pouces mais les pneus sont plus larges et avec de gros crampons pour avoir une adhérence optimale en condition hors piste extrême (General Grabber AT3 en 285/70 R17). Ces modifications lui apportent des capacités de franchissement exacerbées car l’angle d’approche devient plus grand pour atteindre maintenant 32 degrés, la garde au sol est de 28,3cm et seul l’angle de fuite est plus aigu avec 24 degrés. À l’intérieur, le Raptor se veut plus sportif que les autres de la gamme, les sièges en cuir et en alcantara offrent un meilleur maintien, le volant est en cuir avec un repère à 12 heures rouge, de grandes palettes viennent prendre place derrière le volant, les fonds de compteur sont spécifiques. En usage, cela donne un pick-up sans équivalent sur le marché européen, il met en confiance et permet de rouler vite et de manière plutôt engagée sur les pistes. Nous avons même eu la chance de sauter avec, peu de véhicules sont capables d’enchaîner les sauts sans problème et sans vous effrayer. Ce sentiment de confiance est en grande partie aidé par les modifications de suspension, attention, celles-ci ne permettent plus un chargement dans la benne d’une tonne mais de 600 kg. Les 6 modes de conduite permettent d’adapter le comportement du véhicule à un usage plus ou moins extrême en modifiant la réponse des aides à la conduite et de la boîte automatique à 10 vitesses. Le Raptor est aussi le seul Ranger à proposer un véritable mode de sélection des rapports manuels grâce aux palettes, il montre encore ici son aspect plus sportif. Néanmoins, mon seul regret est qu’avec une version aussi agressive du Ranger, le seul moteur disponible soit le diesel 2,0l écoblue de 213 chevaux comme sur le reste de la gamme. Cela le rend poussif au regard de ce qu’on espère en l’approchant. Ce moteur s’avère juste pour déplacer de manière dynamique les plus de 2500kg, donnant un 0 à 100kmh en plus de 10 secondes, bien loin derrière son cousin aux Etats-Unis, le F150 Raptor équipé d’un V6 bi-turbo qui pousse sévèrement. Un choix de motorisation d’autant plus regrettable car comme évoqué précédemment, les Ranger ne sont pas soumis au malus écologique.

Un pick-up aux capacités off-road bluffantes.


Un intérieur spécifique avec des éléments plus adaptés à une conduite sportive.

Malgré cette petite déception, le Raptor SE reste une excellente machine sans équivalent pour qui veut un véhicule ultra efficace et sportif hors du bitume proposée à 60 270€ TTC uniquement en double-cabine. Un coup d’essai convaincant sur le marché français qui sera à transformer avec la future génération de Ranger qui sera présentée officiellement dans quelques jours avant d’être commercialisée fin 2022.

Presque échappé d’un rallye raid.

Ford Ranger MS-RT, pour qui ? 

Ford Ranger MS-RT en super-cab (2+2 places).

C’est le plus exclusif, Ford prévoit d’en produire seulement une trentaine. Développé en partenariat avec le préparateur MS-RT qui s’occupe de la préparation des Ford WRC, il se veut plus sportif que le reste de la gamme, comme le Raptor SE, mais cette fois-ci en restant sur le bitume. Des modifications stylistiques viennent affirmer ce caractère, on retrouve un kit carrosserie avec des ailes larges, une calandre spécifique en effet fibre de carbone, des antibrouillards intégrés au pare-chocs et des jantes OZ de 20 pouces. C’est également le mieux équipé des Ranger, il se base sur la version Wildtrak avec une sellerie noire avec des surpiqûres et des écussons « MS-RT » orange. Des insignes spécifiques rappelant la série spéciale sont disposés sur le tableau de bord, et les seuils de portes. Un look plus sportif et un véhicule suréquipé donc. Je l’ai essayé sur les petites routes autour du Castellet et je dois vous avouer que je ne comprends pas réellement son positionnement sur le marché. Sur route, il conserve les défauts d’un véritable 4×4 utilitaire, le châssis prend du roulis dans les virages et à tendance à plonger légèrement au freinage. Comme pour le Raptor SE en raison de son poids, lui aussi d’environ 2500kg et de son moteur diesel de 213 chevaux associé à la boîte 10 vitesses, il n’est pas réellement vif. La consommation est difficile à contenir sous les 12l/100km. En tout terrain, il perd de sa superbe en raison de sa liaison au sol maintenant assurée par des jantes plus grandes et par des pneus typés route. Néanmoins, il garde les mêmes capacités de chargement que les Wildtrak, Stormtrak et Wolftrak. En voulant rendre ce Ranger plus proche d’un SUV, il perd de ses qualités en off-road pour trop peu de gains sur la route. Le client voulant uniquement un SUV sera difficile à convaincre pour ce MS-RT et la personne voulant un pick-up utilitaire s’orientera certainement vers une version évoquée précédemment moins chère, car Ranger MS-RT exclusif est proposé au prix de 67 986€ TTC en double-cabine. Cela représente une grosse différence en comparaison du Stormtrak déjà très bien doté.

Jantes OZ en alliage de 20 pouces pour le MS-RT.


Intérieur très bien équipé avec brodures et badges spéciaux à cette série très limitée.

La personne séduite par ce MS-RT sera certainement un client voulant absolument un pick-up mais ayant une exigence particulière envers les détails et équipements apportés à son véhicule. Il constitue un concurrent au Volkswagen Amarok ou au défunt Mercedes Classe X.

Avec ces quatre nouvelles versions, Ford offre des series exclusives pour la dernière année du Ranger. Ils viennent renforcer l’offre afin d’avoir une gamme maintenant plus que complète qui permet de s’adapter aux usages de chacun. 

 

Paul-Emile

Paul-Emile

Passionné d'automobile au sens large, j'ai une préférence pour tout! J'écris en parallèle de mes études de science politique pour le bonheur de partager. Au plaisir sur les routes.

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