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Essai Volkswagen T-Roc Cabriolet : microclimat chez Volkswagen

Le Volkswagen T-Roc s’est récemment offert un restylage qui aurait pu conduire à l’arrêt du T-Roc cabriolet. Cependant Volkswagen a fait le choix de maintenir un cabriolet 4 places dans sa gamme, une espèce en voie de disparition.

Ce SUV cabriolet réclame une introduction d’un autre ordre. En effet, si l’association des mots cabriolet et SUV peut faire sourire ou crier certains à l’hérésie, il y a en réalité une demande. Volkswagen en a déjà écoulé 2 400 en France et cela peut continuer car son seul concurrent qui était le Land Rover Range Rover Evoque Cabriolet (n’hésitez pas à prendre un instant pour récupérer votre souffle) a été stoppé par le constructeur britannique. Ainsi, le T-Roc reste l’un des rares cabriolets à proposer 4 vraies places et exclusivité en profitant de la hauteur d’un SUV. Alors, bon à tout faire ou mauvais dans tout ?

Volkswagen a toujours eu des cabriolets 4 places dans sa gamme, que ce soit la Coccinelle (ou New Beetle), la Golf, l’Eos et maintenant le T-Roc qui est le dernier survivant des cabriolets chez le constructeur, un microclimat en quelque sorte. Il a forte à faire pour garder une tradition de voiture plaisir qui ne limite pas son usage uniquement à un véhicule de week-end.

Avant tout un T-Roc

Cela commence par une plastique consensuelle, rien ne vient jurer réellement avec le T-Roc 5 portes. Prenez le toit, enlevez-le et vous avez un T-Roc cabriolet ou presque. Pour des raisons techniques seulement 2 portes sont conservées et l’ouverture du coffre est vraiment réduite. Hormis ces deux éléments, il conserve tout ce qui fait le T-Roc et son succès.

Le peu d’originalité n’est pas un mauvais point, le T-Roc plaît puisqu’il s’en est déjà écoulé plus d’un million d’exemplaires. Il serait dangereux de changer une recette à succès pour la version cabriolet. Il profite donc comme le reste de la gamme des éléments qui ont été modifiés par ce restylage, à savoir les nouveaux projecteurs avant ainsi que le bandeau de leds qui court sur la calandre et les feux de jours verticaux. À l’arrière, les feux sont aussi nouveaux de même que le pare-chocs. Dans cette finition R-Line bouclier avant et arrière reprennent très franchement ceux de la version la plus exclusive, le T-Roc R de 300 chevaux, une motorisation qui n’est pas disponible sur la carrosserie cabriolet.

Le seul élément de style exclusif au cabriolet est le becquet arrière entre l’ouvrant du coffre et la capote en toile 3 couches. Il s’intègre parfaitement à cette finition R-Line lui donnant un caractère plus affirmé. Il permet aussi de cacher le 3 ème stop et en ce jour de pluie nous lui soupçonnons un intérêt particulier pour arrêter les projections d’eau avant la lunette arrière dépourvue d’essuie-glace, évitant ainsi que cette dernière soit salie.

En donnant un dernier coup d’œil à ce T-Roc cabriolet avec la capote dépliée, nous comprenons aisément son succès car même fermé, il n’est disgracieux.

Intérieur de T-Roc

Là aussi le T-Roc cabriolet reste avant tout un T-Roc, il perd une place dans l’opération pour devenir 4 places mais conserve une habitabilité convenable. Il garde une banquette rabattable en 50/50, le coffre est de 280 litres, les places arrière ne sont pas une punition contrairement à beaucoup de cabriolets. Ainsi on se voit bien aller faire les courses ou aller chercher les enfants à l’école. La seule véritable complication est la disparition des portes arrière qui rend plus compliqué l’accès à la deuxième rangée.

Il profite lui aussi de la montée en gamme du T-Roc, le haut de la planche de bord à un revêtement plus qualitatif. Le volant à méplat en cuir perforé est directement repris de la Golf 8R. Enfin les sièges à la sellerie spécifique à cette finition offrent un bon maintient et sont confortables. Visuellement l’ensemble est flatteur, cependant il est toujours possible de trouver des plastiques durs aux mauvais endroits comme le bas de tableau de bord et la console centrale, qui donne assurément une douleur au genou après s’y être appuyé longtemps.

En ce qui concerne l’équipement de ce T-Roc cabriolet dans sa finition R-Line, il contient tout ce que l’on est en droit d’attendre et même plus. Un digital cockpit dans sa version la plus aboutie de la gamme qui permet des affichages très complets, un écran multimédia qui comprend navigation ou encore le Connect-App (Android Auto, Apple CarPlay), des prises USB-C, un chargeur par induction, le Travel Assist (conduite semi-autonome de niveau 2), le Park Assist, les feux Matrix Led qui adaptent automatiquement leur faisceau… La liste est longue et ne pourrait être exhaustive.

Enfin lorsque l’on décapote, surtout en hiver, nous sommes très heureux de retrouver un volant et des sièges avant chauffants ainsi qu’une climatisation bi zone à commandes tactiles qui adapte son réglage lorsque l’on tombe le haut. Des éléments qui sont capables de vous faire croire avoir rejoint les tropiques en un simple mouvement de portière, un vrai microclimat.

Le plaisir d’un cabriolet

Une fois installé à son volant, il est un peu déroutant de se retrouver sans toit à une hauteur de SUV. Rare sont les véhicules cabriolets aussi haut perchés, les cabriolets 4 places sont plus souvent dérivés d’un coupé que d’un SUV. Ce qui donne un sentiment de dominer la route, surprenant dans un cabriolet. Ce n’est pas déplaisant, cela invite à profiter du paysage de la cote vermeille cheveux au vent et sur une allure coulée.

L’ensemble moteur et boite de vitesses permet de cruiser confortablement, le 1,5L TSI de 150 chevaux et 250nm de couple sait se faire discret, de même que la boîte DSG à 7 vitesses passe ses rapports toujours de manière très rapide et sans se faire sentir. Malgré sa prise de poids de 183kg lors de la perte de son toit par l’ajout de renforts de châssis, il reste dynamique. Il prend toujours peu de roulis mais le T-Roc cabriolet s’apprécie autrement qu’avec le couteau entre les dents.

Il s’apprécie davantage pour admirer les paysages lors d’une balade, un brin de musique, le Travel Assist activé et il est possible de se perdre le long du littoral pendant des kilomètres. À ce propos, le Travel Assist anticipe les virages et fait ralentir le véhicule pour adapter sa vitesse au prochain tournant. On se prend vite au jeu de plier la capote en seulement 9 secondes afin de profiter du moindre rayon de soleil, ou du moins de l’arrêt de la pluie pour profiter du microclimat que crée l’habitable du T-Roc cabriolet. Assurément le véhicule pour transformer le soleil d’hiver en douce journée du mois de mai. C’est l’occasion pour découvrir que l’installation du filet anti-remous n’est pas indispensable pour les balades sur le réseau secondaire, néanmoins il peut s’avérer utile lorsque vous souhaitez rouler sur autoroute en cabriolet.

Un cabriolet qui sait garder le confort d’un coupé. En effet, la capote à trois couches se déplie en 11 secondes jusqu’à 30km/h. Une fois dépliée, le véhicule se fait très silencieux grâce à une capote aussi hermétique que le mur de Berlin ne laissant rien passer. Ainsi, on peut largement envisager de traverser l’Europe dans un véhicule à la consommation raisonnable puisque nous avons noté 7,5l/100km lors de notre essai alliant villages, routes sinueuses et autoroutes. Le seul inconvénient avec le toit fermé est la perte de visibilité dans le rétro central en raison d’une lunette arrière plus petite. Heureusement, capteurs de recul et camera permettent de se garer en gardant une bonne vision de ce qui se trouve à l’arrière.

Conclusion

Au regard des qualités de ce T-Roc, il est facile de comprendre pourquoi Volkswagen ne propose plus de version cabriolet de la Golf. Le T-Roc est très polyvalent et repose déjà sur la plateforme MQB de la Golf, quel serait l’intérêt du constructeur d’avoir deux véhicules cannibales sur un marché de niche ? Une polyvalence qui fait nul doute sur sa capacité à séduire un public divers en quête d’une voiture plaisir sans sacrifier entièrement l’espace. La déclinaison cabriolet du T-Roc garde tout ce qui fait le succès de la version 5 portes et c’est sa plus grande force.

En ce qui concerne les tarifs de la version découvrable du T-Roc, une version 1.0 TSI 110 en boite mécanique est disponible à partir de 36 610 €. La version de notre essai est le plus haut de gamme et s’affiche à 45 225 €.

Paul-Emile

Paul-Emile

Passionné d'automobile au sens large, j'ai une préférence pour tout! J'écris en parallèle de mes études de science politique pour le bonheur de partager. Au plaisir sur les routes et sur mon Instagram.

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