A la une

Essai nouvelle Peugeot 308 (2021) : Peugeot frappe fort !

Attendue depuis des mois, la nouvelle compacte au Lion arrive bardée de technologie et d’ambition. L’objectif ? Rien de moins que s’imposer comme une référence incontestable du segment C. Et elle a tout pour y parvenir !

essai peugeot 308 hybrid225 2021 10
essai peugeot 308 hybrid225 2021 15

Étrange sensation que de se retrouver dans une Peugeot, en France, et de surprendre les regards interrogateurs des passants qui se retournent sur mon passage. Ok, la très belle teinte Vert Olivine (peinture gratuite !) y est pour quelque chose, mais le look de la nouvelle venue joue lui aussi pour la surprise. Crocs LED acérés, calandre béante, nombreuses arrêtes saillantes et plis de carrosseries marqués, on comprend vite que les designers ont voulu mettre le paquet. Il n’y a qu’à regarder la forme de la trappe à carburant pour se convaincre que peu de dépenses ont été épargnées sur l’autel du style. Tout n’est pas parfait non plus, notamment au niveau des proportions avec un porte-à-faux avant très important, qui peut parfois donner une impression de lourdeur suivant l’angle sous lequel on l’aborde. Question de goût me direz-vous.

essai peugeot 308 hybrid225 2021 12
essai peugeot 308 hybrid225 2021 8
essai peugeot 308 hybrid225 2021 11
essai peugeot 308 hybrid225 2021 9

Ce qui est certain en revanche, c’est que certaines personnes croisées lors de l’essai, pour qui l’automobile n’est pas une grande passion, se demandent franchement quelle marque a bien pu sortir une compacte aussi énervée visuellement. La raison ? Peugeot brouille les pistes et profite de cette 308 pour introduire son nouveau logo, un lion stylisé argenté sur un blason noir, qui rappelle l’emblème de la marque dans les années 60.

Présentation soignée mais ergonomie perfectible

essai peugeot 308 hybrid225 2021 4

On aurait pu craindre que cette débauche à l’extérieur donne lieu à un intérieur un peu fade, mais heureusement il n’en est rien lorsque l’on s’installe à bord. Comme dans une 508, ce qui frappe immédiatement depuis le siège conducteur est la sensation d’être dans un cocon. On le doit à une planche de bord incurvée et un tunnel central très haut, situé au-dessus de l’assise des sièges. Le dessin de l’ensemble est moderne et laisse beaucoup de place à la technologie, notamment avec l’arrivée d’un nouveau système multimédia doté d’un écran tactile de 10 pouces, livré de série dès l’entrée de gamme. Il surplombe une série de raccourcis tactiles personnalisables que Peugeot nomme i-Toggle, et qui peuvent être configurés selon les fonctions que l’on utilise le plus. L’ensemble marche bien, mais l’on ne peut s’empêcher de pester contre une ergonomie vraiment perfectible. Déjà parce que la partie logicielle est un peu longue à la détente, mais surtout parce que l’arborescence des menus est franchement compliquée à appréhender. Il va falloir passer du temps avant de ne plus chercher telle ou telle fonction ! Il y a aussi encore quelques non-sens, notamment au niveau des compteurs numériques. Cet i-Cockpit 3D est certes impressionnant visuellement (une première série d’information est affichée sur l’écran devant vous et une deuxième série d’information est affichée sur un deuxième écran placé sous la casquette du tableau de bord, avant d’être réfléchi par un miroir pour venir se superposer au premier écran), mais il n’est pas le plus fluide dans ces transitions et il empêche parfois carrément de changer les modes de conduite, suivant l’affichage dans lequel on se trouve ! En outre, il dispose de quelques menus et d’un ordinateur de bord complet, mais n’espérez pas le configurer sur mesure comme un Digital Cockpit que l’on retrouve dans des autos du groupe Volkswagen.

essai peugeot 308 hybrid225 2021 1
essai peugeot 308 hybrid225 2021 2
essai peugeot 308 hybrid225 2021
essai peugeot 308 hybrid225 2021 3

Si la technologie embarquée souffle un peu le chaud et le froid, la qualité de réalisation de l’habitacle est heureusement bien moins sujette à la critique. Les matériaux sont bons (surtout sur notre finition haute GT Pack gréée d’une belle sellerie), les ajustements rigoureux et la place allouée aux passagers suffisante pour que quatre adultes voyagent à l’aise. On doit notamment cette générosité à des mensurations en forte hausse, puisque la 308 grandit de 11 cm pour atteindre 4,36 m de long (empattement 2,68 m, + 6 cm). Le coffre de la berline sur les motorisations hybrides rechargeable prend cependant un sacré coup dans les rotules, puisqu’il ne revendique que 361 l quand les thermiques avancent jusqu’à 412 l de chargement. Logique, puisque ces dernières n’ont pas à loger la batterie de 12,4 kWh.

Punchy mais sans saveur

essai peugeot 308 hybrid225 2021 6

Au chapitre motorisation justement, Peugeot propose deux essences (3-cylindres 110 et 130 ch), un diesel (130 ch) et deux hybrides rechargeable, de 180 et 225 ch cumulés. Les deux versions électrifiées sont mécaniquement strictement identiques et embarquent le tandem bien connu 4-cylindre PureTech 1.6 + moteur électrique. La seule différence entre les deux, c’est que le bloc thermique de la plus petite version est électroniquement limité à 150 ch au lieu de 180. De la à dire qu’il est inutile d’acheter la plus grosse version il n’y a qu’un pas… Que nous ne pouvons pas franchir, puisque cela dépend aussi de la finition que vous choisirez. Sur notre GT Pack par exemple, le seul hybride dispo est le 225 ch. Sans surprise, ce dernier se comporte exactement comme dans la 508 et le 3008 Hybrid. La transition entre les deux énergies est quasi imperceptible en conduite coulée, la boîte auto à 8 rapports est globalement douce et le punch bien suffisant pour abattre le 0 à 100 km/h en 7,5 s. Mais le tableau se gâte vite dès que l’on veut hausser le rythme. Quand l’on passe en mode Sport, la boîte donne alors des à-coups sporadiques et désagréables autant qu’elle tire ses rapports plus que de raison, faisant alors hurler le thermique qui dispose, c’est malheureux, de l’une des pires sonorités de la production actuelle. On peut temporairement le museler et le garder dans une plage de régime intéressante via les palettes (maintenant des boutons solidaires du volant et non plus des petites palettes fixes) mais l’absence d’un vrai mode 100 % manuel est un vrai manque, surtout en montagne.

essai peugeot 308 hybrid225 2021 7

C’est dommage, d’autant que le châssis est remarquablement équilibré et efficace. La nouvelle 308 passe fort en courbe et repousse bien les limites du sous-virage, même avec les gommes Michelin Primacy 4 non-sportives que nous avions lors de l’essai. Simplement, cela se fait dans le confort et la filtration. On ne retrouve en effet plus du tout le côté incisif et engageant de la précédente génération, Peugeot ayant préféré revoir sa copie pour rendre sa compacte plus cossue. Les amateurs de conduite en seront pour leurs frais, mais le grand public devrait apprécier, d’autant plus que l’insonorisation des trains roulants est elle aussi bien travaillée.

essai peugeot 308 hybrid225 2021 5

Peugeot montre les crocs

Avec cette 308 troisième du nom, Peugeot vise clairement la Golf, rivale toute désignée qui fait le pont entre les constructeurs généralistes et les premiums. Et si ses prestations la rendent légitime sur cet aspect, ses tarifs vous le rappelleront sans vergogne. Son prix d’appel de 24 800 € est alléchant, mais comptez plutôt 29 000 € pour une configuration milieu de gamme avec le PureTech 130 ch. Du côté des mandataires, la Peugeot 308 est disponible à partir de 18 490 €. Quant à notre version Hybrid 225 GT Pack, il faudra carrément se délester de 44 900 €, soit 1 650 € de moins seulement qu’une Golf GTE de 245 ch… Peugeot veut viser le ciel, reste maintenant à voir si son image de marque suffira à convaincre les clients, particuliers comme entreprises, à investir autant dans une auto dont la valeur résiduelle risque de se retrouver (une fois encore et malgré ses qualités intrinsèques) en dessous de sa rivale allemande.

essai peugeot 308 hybrid225 2021 13

Merci à Aymeric de Blog Automobile pour son aide sur les images dynamiques.

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

Shares