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Essai Honda Jazz hybride (2020) : économique et pleine de ressources

Pour sa nouvelle génération de Jazz, Honda a décidé que seul l’hybride serait au programme pour notre marché. Pétrie de qualités, la Japonaise se pose comme une alternative intéressante aux citadines conventionnelles.

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Persévérer sur le segment à moitié-mort des monospaces compactes, tué par l’inébranlable vague des SUV de toute taille et toute forme, est un pari osé que Honda n’hésite pas à relever. La petite Jazz revient donc chez nous pour une génération, et elle conserve sa silhouette de petit monospace accueillant. Le style extérieur, moins fluide que sur les générations précédentes, n’est pas des plus aguicheurs. Mais il serait dommage de s’arrêter sur ce point tant la Jazz séduit en revanche par son intérieur. La sellerie claire en cuir et tissu disponible en coordination avec certaines peintures, dont notre Bleu Nuit Radiant (option à 550 €), amène une vraie luminosité dans l’habitacle. La présentation épurée est agréable, il y ajuste ce qu’il faut de boutons pour s’y retrouver facilement et l’écran tactile de 9 pouces est joliment intégré à la console centrale. Ce dernier pilote un système d’infodivertissement bien pensé car intuitif et ergonomique dans ses menus, d’autant qu’il est complet et bien servi par la réactivité appréciable de l’écran. La sono est elle aussi très correcte pour un système « noname » livré de série. Globalement la finition est bonne et les matériaux ne sont pas choquants à ce niveau de gamme, ce qui n’est pas toujours le cas dans le segment.

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L’avantage monospace

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Ce qui ne peut être pris en défaut, c’est la place dont on dispose à bord de la Jazz. Passagers avant comme arrière trouveront facilement leurs marques et tous auront de la place pour les jambes, même au deuxième rang. C’est précisément sur ce point que la Jazz se démarque facilement de ses concurrentes citadines telles que les Renault Clio, Peugeot 208 ou encore Toyota Yaris, qui ne peuvent en offrir autant à leurs occupants. Si la place du milieu, très inconfortable, est vraiment à réserver pour des dépannages, il est appréciable de savoir que la banquette est modulable : d’une seule main, les assises peuvent se replier à la verticale pour dégager un espace de chargement conséquent entre les sièges avant et arrière. Pratique pour transporter des objets plus hauts que large sans devoir les coucher. Annoncé à 304 l, le coffre n’est pas des plus spacieux mais la banquette peut se replier facilement pour offrir un plancher plat et jusqu’à 1 205 l de chargement.

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Pas cantonnée à la ville

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La Jazz est avant tout une citadine. C’est là qu’elle y est le plus à l’aise, que sa petite longueur de 4,04 m est pratique au moment de se garer, et que la douceur d’utilisation liée à l’hybridation est la plus appréciable. Car la Jazz 2020 n’est disponible chez nous qu’en full hybride (c’est à dire non rechargeable), avec une technologie qui sort de l’ordinaire et que Honda baptise e:HEV. Ici, le moteur thermique n’entraîne les roues qu’à haute vitesse, sur autoroute principalement, en étant en prise direct. Le reste du temps, la Jazz utilise son moteur thermique pour alimenter un moteur électrique qui génère de la puissance, puissance transmise ensuite à un deuxième moteur électrique qui est pour sa part dédié à entraîner les roues avant. Un mode tout électrique existe aussi, mais la faible capacité de la batterie ne permet de rouler que quelques kilomètres sans jamais réveiller le thermique, au mieux. En définitive, la Jazz fonctionne en fait comme une voiture électrique qui posséderait un prolongateur d’autonomie, comme la BMW i3 REX en son temps. Dans les faits, cela se traduit au volant par une poussée parfaitement linéaire, sans à-coups lié à un passage de vitesse, puisqu’il n’y en a pas. Seul écueil de ce système, le moteur thermique tourne à un régime stabilisé élevé et peut se montrer très sonore lors des grosses accélérations. Avec 109 ch et 253 Nm de couple, la Jazz est tout à fait à l’aise en dehors des villes, et il n’y a que sur autoroute que ses relances sont parfois un peu faiblardes.

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La Jazz fait preuve d’un bon confort au quotidien, même si les suspensions pourraient absorber un peu mieux les petites déformations de la chaussée. Le comportement est tout ce qu’il y a de plus tranquille, avec des mouvements de caisse perceptibles (mais pas envahissants) et une agilité correcte, sans plus. La direction est par contre assez agréable car très directe, même si ce n’est pas un modèle de fidélité question remontée d’informations. L’insonorisation est elle aussi perfectible, autant au niveau des bruits d’air sur autoroute que des bruits de roulement, clairement perceptibles dans l’habitacle. Mais peut-on vraiment le lui reprocher ? En tant que citadine, elle fait déjà preuve d’une belle polyvalence. Pour de meilleures prestations, il faut logiquement se tourner vers la catégorie des compactes.

Consos maîtrisées

L’intérêt de l’hybridation est de permettre des consommations plus basses qu’ avec un thermique. Si ce n’est pas toujours vrai sur autoroute et en ville, où les moyennes de l’essai se sont établis à 7 l/100 km et 6,6 l/100 km respectivement, c’est vérifiable sur le réseau secondaire où la consommation n’a pas dépassé 4,4 l/100 km. Un bon score qui, combiné au prix compétitif de la Jazz, en fait une auto facilement recommandable pour qui veut une petite voiture avec de la place à l’intérieur, autant qu’elle sait se tenir une fois la ville quittée. La Japonaise est disponible à partir de 21 990 € et le haut de gamme Exclusive ici à l’essai démarre à 25 190 €. Le prix n’augmentera pas beaucoup plus puisqu’elle échappe à tout malus et que seules les jantes et la peinture sont disponibles en option, tout le reste étant de série.

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Un grand merci à Alexis pour le coup de main sur les photos.

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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