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Essai Ford Fiesta ST-Line : plus extravertie pour plus de fun !

La Fiesta vient chambouler la hiérarchie des citadines depuis plus de 40 ans. Nous essayons la nouvelle génération que Ford vient de lancer à la conquête de l’Europe, dans sa version ST-Line, instigatrice de la sportive Fiesta ST qui devrait débarquer incessamment sous peu. Qu’apporte la nouvelle Fiesta de plus ou de mieux que l’ancienne (voir notre essai de la Black Edition) ? Et quelle pertinence pour ce niveau de finition dans la gamme ?

Un design dans la continuité

D’extérieur, la Fiesta ne présente pas de révolution mais s’assagit tout de même nettement. Plus de maturité dans les courbes, celles-ci se montrant moins agressives et taillées à la serpe que celles de la précédente génération.

   

En finition ST-Line, qui correspond au troisième niveau d’équipement (équivalent en tarif au sobre Titanium), les boucliers sont spécifiques pour montrer une allure plus sportive. Les suspensions réglées sport ainsi que nos jantes de 18 pouces (en option, contre du 17 de série) finissent d’asseoir la Fiesta sur ses roues. En outre de série, les feux de jour à LED, la sortie d’échappement chromée et les badges ST-Line font leur apparition.

 

Dans cet accoutrement et même en 5 portes, la Ford Fiesta fait preuve d’un charisme renouvelé ; ce gris pourtant sobre et charmant porte en lui la sportivité de la ligne, à laquelle le becquet sport et les pneus typés taille basse font honneur. Avec le regard acéré par ses feux de jour à LED, la petite américaine attire les regards.

Un intérieur en net progrès

La bonne surprise lorsque l’on entre dans cette Fiesta ST-Line, c’est que son habitacle n’est enfin pas triste ! Moyennant tout de même 950 euros de Pack Rouge Plus (exclusif à cette finition, existant aussi en gris et en jaune), l’intérieur intègre avec goût des touches de rouge dans les surpiqûres du cuir, sur les sièges et sous la forme d’inserts au niveau de la planche de bord et des portières. Une atmosphère sport se crée immédiatement avec en sus le pommeau spécifique et le pédalier alu.

Le progrès est aussi perceptible en termes d’ergonomie. Plus facile à prendre en main au niveau des commandes, la nouvelle Fiesta les intègre de manière plus harmonieuse et naturelle. Sync 3 (ici en version tactile sur écran 8 pouces) est performant ; mon seul regret fut de ne pas pouvoir conserver le GPS natif du système en marche en même temps que j’utilisais Apple CarPlay via mon téléphone. Point à surveiller : la lisibilité au tableau de bord, dans la zone entre les deux compteurs, me paraît très chargée selon le menu choisi. Facile pour un jeune ou un technophile ; attention pour un couple de retraités.

Selon le menu contextuel choisi, l’affichage central peut vite devenir une « usine à gaz », lorsque s’y ajoutent le témoin de passage de rapport ou les icônes du régulateur de vitesse et du maintien de voie.

La qualité perçue est elle aussi en hausse. Les matériaux sont de facture inégale, mélangeant du bon et du cheap, mais l’assemblage tient ses promesses (à quelques légers craquements près) et les finitions sont soignées. Mention très bien pour les sièges qui assurent un bon maintien et une position de conduite tout à fait correcte.

Côté habitabilité, la Fiesta offre un espace de vie suffisant et agréable. La boîte à gants a été agrandie et présente un volume qui comble un léger déficit de rangements à bord. A l’arrière, les genoux passent même pour un grand bonhomme d’1m90 ; la garde au toit est excellente. Pour ce qui est du coffre, son volume de 318 litres est légèrement supérieur aux cadors de la catégorie.

Technologique

Sous couvert d’options, notre Fiesta peut se montrer – comme notre modèle d’essai – la plus technologique des citadines actuelles. En effet, elle embarque des assistances à la conduite la rapprochant d’une conduite semi-autonome. Cet apanage comprend régulateur adaptatif, maintien de voie et freinage automatique d’urgence. Une offre inédite chez les généralistes du segment. Se réveille parfois également une détection de la somnolence ! Notre ST-Line s’adjoint enfin les services d’une caméra de recul.

A l’image, on constate que le régulateur adaptatif modère automatiquement ma vitesse pour respecter la distance de sécurité (signifiée par le rectangle vert, niveau 1 du réglage) vis-à-vis du véhicule qui me précède.

Le régulateur adaptatif, dont la distance de sécurité est réglable sur 4 niveaux, est efficace. Le maintien dans la voie de circulation, facile à activer ou désactiver, reste une assistance qui ne dispense absolument pas de tenir son cap. Le système est relativement « loose », dans la mesure où il attend que la voiture se rapproche franchement de la ligne pour ajuster légèrement sa trajectoire. Prévenant et sécurisant sur autoroute ou 2x2 voies, le système n’est en revanche pas adapté au réseau secondaire, là où les premiums « se laissent conduire » par le maintien de voie.

Prévenante, la Fiesta avertit lorsque l’on ne respecte pas les distances de sécurité, par l’icône rouge située au dessus du compteur analogique de vitesse; juste en dessous celui-ci, on constate que le maintien de voie est ici actif.

Facile à prendre en main, agréable à conduire

Cette Ford Fiesta est un plaisir à découvrir. Dès qu’on en prend le volant, on a l’impression de connaître la voiture. Il faut dire que tout semble parfaitement bien calibré : la direction est plaisante et informative, la commande de boîte est précise, et on trouve sans peine son confort au niveau des différentes pédales, même si ces dernières paraissent « molles » au premier abord. Le confort de roulage est appréciable, avec un amortissement généralement efficace malgré notre monte en 18 pouces.

Le petit bloc 3 cylindres Ecoboost est une crème : ici en version 140 chevaux, il est assez coupleux pour se conduire « comme un diesel », et pour autant il apprécie être cravaché dans les tours pour montrer son allonge, sa puissance et sa jolie sonorité. La boîte de vitesses (manuelle à 6 rapports) m’est parue très longue : poussez la 2 et vous atteignez les 90 km/h ! Ce qui a pour avantage de jouer en faveur des consommations de carburant en éco-conduite.

En conduite dynamique, le moteur dispose d’une bonne reprise dès 3-4000 tours/minute, une fois le turbo lag (délai de mise en branle du turbo) passé. Toutefois, ce petit moteur se plaît dans les tours (puissance maxi à 6000, zone rouge à 6500), et on dépasse ainsi très vite les 100 km/h tant il est joueur. De plus, châssis et trains roulants ont été très bien travaillés par Ford : associés à des Michelin Pilot Sport 4, impossible de prendre en défaut le grip de la voiture. Ludique sur petites routes !

L’agrément de conduite semble avoir été au centre des préoccupations de Ford. C’est une réussite tant la Fiesta est plaisante à mener, quelque soit le rythme imposé.

Un moteur économique si l’on est raisonnable

J’ai été très agréablement surpris par la frugalité de ce moteur. Même sans utiliser le mode Eco dont dispose la Fiesta, j’ai tenu un impressionnant 4.7L/100 sur mon trajet retour au parc presse, d’Orléans à Paris 17ème. Beaucoup de secondaire stabilisé évidemment, mais tout de même une partie de trajet en urbain parisien et je ne me suis pas retenu d’appuyer sur la pédale de droite en sortie de rond-point ! Quel intérêt de conduire un diesel si on peut avoir ce petit moulin de 140 chevaux avec une consommation encore moindre ?

 

Evidemment, lorsque l’on appuie d’avantage, la consommation moyenne augmente. Sur un mixte avec un tiers de ville, un tiers de conduite sportive et un tiers de secondaire, j’ai obtenu une moyenne de 7L/100. Ce qui en soi n’est vraiment pas abusif, une fois considéré l’agrément offert par ce 1.0L Ecoboost. Cette version 140 chevaux me paraît ainsi relativement pertinente pour chapeauter ses petits frères de 100 et 125 canassons, surtout en mariage avec la ST-Line.

La Ford Fiesta ST-Line côté budget

Hors remises, la gamme débute en finition minimaliste à quasiment 14 000 euros. En finition ST-Line basique, incluant les appendices esthétiques décrits plus hauts, les suspensions sport ou encore les feux de jour à LED (liste non exhaustive), la Fiesta se touche à partir de 17 000 euros. C’est l’équivalent exact d’une version Titanium, cette dernière privilégiant un positionnement chic à la sportivité assumée d’une ST-Line : tout est question de goûts !

Equipée du 1.0L Ecoboost de 140 chevaux – la motorisation la plus généreuse – on obtient un tarif pour la Fiesta ST-Line sans options de 19 500 euros. Mieux, elle est actuellement remisée (sous conditions) à un tarif de 16 000 euros, ce qui lui donne un positionnement prix pour le moins agressif.

Partant de 19 500 euros, notre modèle d’essai fait grimper la facture avec une longue liste d’options. Parmi lesquelles l’ensemble des aides à la conduite (détection d’obstacles dans l’angle mort, prévention de collision, régulateur adaptatif, maintien de voie…) quasi-inédites sur le segment, les jantes 18, le becquet sport, plusieurs packs d’équipement dont le pack multimédia Bang & Olufsen + tablette 8 pouces et le pack de l’intérieur orné de rouge, ainsi que de nombreuses options de confort dispensables. On atterrit tout juste sous la barre des 25 000 euros.

Notre Fiesta ST-Line, équipée du 1.0L Ecoboost de 140 chevaux et richement dotée, s’échange pour 24 960 euros hors remise.

Très franchement, même si la liste est à rallonge, je ne trouve pas le tarif individuel des options exagéré. Ce qui permet de ne pas gonfler la note excessivement si l’on s’en tient à ce qui nous véritablement est utile.

En somme, le moteur en 140 chevaux n’engendre un surcoût que de 500€ face à son équivalent en 125 chevaux, ce qui le rend particulièrement attractif aujourd’hui. En revanche, pour le client moins attiré par la puissance, le bloc Ecoboost en 100 chevaux réclame tout de même 1300€ de moins pour un agrément quotidien largement suffisant, donc s’avère un choix plus raisonnable.

Conclusion : une Fiesta polyvalente, plus plaisante à vivre, technologique et abordable

De manière générale, cette Ford Fiesta se montre d’extérieur plus sage mais plus mature, et surtout plus aboutie à l’intérieur. Avec une ergonomie mieux pensée et un package d’équipements et de technologies à la pointe de sa catégorie, la Fiesta joue la carte de la modernité. En outre, elle bénéficie de l’excellent compromis Ford entre un bon confort et un réel dynamisme.

Les atouts de la version ST-Line sont de rendre la sobre Fiesta plus extravertie et encore plus accueillante à l’intérieur. De plus, les suspensions sport et cette pertinente motorisation autorisent une conduite sportive assez ludique, tout en gardant au besoin un contrôle remarquable sur sa consommation en utilisant les principes de l’éco-conduite.

Avec quelques options, elle en devient une citadine très désirable et affirmée technologiquement, lui donnant des airs de petite GTI des temps modernes. Une réussite sur presque tous les plans, dont les petits défauts sont vite oubliés au profit de l’agrément qu’elle distille à coût mesuré. Vivement l’essai de la Fiesta ST qui en plus de tous ces arguments offrira la bagatelle de 200 chevaux sous son capot !

Julien Landry

Julien Landry

Commercial, musicien, je suis ici parce-que j'aime conduire et j'aime écrire. C'est avec grand enthousiasme que j'essaie de transmettre ma passion pour la bagnole et le sport auto, le tout en défendant avec ferveur le plaisir de conduite.

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