Essais

Essai 1 500 km en BMW M440i xDrive cabriolet : le cabriolet n’est pas mort !

Un temps à la mode, les découvrables ne sont plus en odeur de sainteté. Alors quand des constructeurs, à l’image de BMW, persistent à en proposer dans leur gamme, on a envie de saluer l’effort !  Nous avons découvert la Série 4 à travers sa version cabriolet, avec sous le capot une spécialité maison : un 6-cylindres en ligne.

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Les capotes n’ont plus la cote. Il n’y a qu’à regarder les chiffres pour s’en convaincre : selon l’Ademe, les cabriolets n’ont représenté que 0,39 % du marché en France l’année dernière ! Une sacré déculotté pour les voitures plaisirs, qui tendent à disparaitre des catalogues au profit de modèles plus pragmatiques. La réduction des émissions globales de CO2 passe aussi par là… Dès lors, on ne peut que saluer l’effort de quelques marques, dont BMW fait partie, de continuer à proposer une gamme riche qui n’oublie pas ceux qui veulent se faire plaisir avec un bel objet roulant. On ne va y aller par quatre chemin : à la présentation de la Série 4 en 2019, beaucoup (dont votre serviteur) ont été pris de court, voire se sont indignés, de la direction que prenait le design BMW. Mais d’où sort donc cette calandre ?!

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Le coup de massue passé, on peut s’en détacher et s’attarder sur le trait finalement assez classique de la Série 4. Un capot qui plonge, des flanc marqués et un arrière qui se termine en pointe avec un becquet intégré à la malle, les codes de l’univers GT sont bien présents et flattent l’œil. L’ablation du toit (assuré ici par une capote en toile renforcée) ne fait que mettre en valeur ce joli profil… Et les dimensions gigantesques qui viennent avec cette génération de Série 4. 4,77 m de long, c’est seulement 8 cm de moins qu’une luxueuse Série 8 ! La 4 en impose, pas de doute là-dessus, mais il est dommage de voir la catégorie des coupés et cabriolets « mid-size » (Audi A5, BMW Série 4, Mercedes Classe C) enfler au point de brouiller les pistes quant à son positionnement intermédiaire dans une gamme.

L’espace est compté

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Pire, ce gabarit imposant ne joue même pas en faveur de l’habitabilité, qui reste assez étriquée malgré la présence de quatre vraies places. Disons simplement que deux adultes tiennent à l’arrière, mais qu’ils risqueront de devenir aussi insupportables que des bambins dès lors que le trajet s’étend sur plus de quelques dizaines de kilomètres. Au moins profiteront-ils, à l’image des passagers avant, d’une qualité de finition vraiment appréciable. Les cuirs sont doux et agréables au toucher, les matériaux respirent le sérieux et il va falloir se lever tôt pour trouver quelque chose à redire aux ajustements. Simplement peut-on regretter la sempiternel présentation de la planche de bord, avec son empilement écran/clim’/radio, que l’on voit depuis trop de générations maintenant. Mais tout espoir de changement n’est pas perdu, en témoignent les efforts faits sur les toutes récentes productions de la marque, i4 et nouvelle Série 2 Active Tourer en tête.

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Ce que l’on ne regrette pas en revanche, c’est que BMW ait conservé beaucoup de commandes physiques, faciles à mémoriser et à trouver en tâtonnant, sans quitter la route des yeux. Niveau ergonomie, on ne fait pas mieux ! La technologie à bord est abondante, on s’en doute à ce niveau de gamme, mais impose forcément quelques sacrifices, notamment pondéraux.

La rançon des kilos

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Car à l’exercice de la pesée, la M440i cab’ n’a pas peur d’afficher ses rondeurs : 1 965 kg à vide, ça commence à causer ! Et ça se ressent au volant, surtout. Pas tant en virage, à moins de vraiment lui forcer la main, mais plutôt au freinage, LE point noir de cette bavaroise enjouée. Non seulement l’attaque manque beaucoup de mordant, mais la puissance de freinage est elle aussi discutable, au point que l’on aimerait franchement voir BMW monter un système plus efficace lors du restylage. Car de son côté, le 6 en ligne turbo, même muselé par le poids, pousse sacrément fort ! Véritable bijou, ce moteur micro-hybridé (réseau de bord 48V) sait tout faire : enrouler sur le couple (avec 560 Nm il y a de quoi voir venir), prendre des tours (les 374 ch sont atteints à 5 500 tr/min), cruiser en se faisant oublier… Un régal, doublé d’une sonorité très mélodieuse et travaillée même si on l’aimerait un peu plus expressive et un peu moins artificielle. Les filtres à particules mènent la vie dure aux mélomanes !

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Jamais les accélérations ne sont dantesques ou particulièrement impressionnantes, mais cet effet de poussée qui ne s’essouffle jamais à vitesse légale est franchement addictif. Le tout est superbement aidé par une boîte auto à 8 rapports dont on loue la gestion électronique. Totalement transparente en ville, elle ajoute juste les petits à-coups qui vont bien en mode Sport, tout en sachant quand rétrograder efficacement et passer ses rapports. Et si l’on veut prendre la main avec les palettes (un peu petites et solidaires du volant), un véritable mode manuel existe, vous laissant seul maître à bord sauf si le régime tombe assez bas pour faire caler le moteur. C’est simple, pour trouver mieux il faut viser l’excellence de la boîte Porsche PDK.

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La polyvalence avant tout

Ce côté très polyvalent se retrouve aussi dans le comportement routier de la M440i. Plus GT que sportive, elle se montre agréable tout le temps sauf quand on lui rentre dedans. N’essayez pas de la mettre en travers, le xDrive à beau privilégier les roues postérieures, ce n’est pas un exercice sur lequel elle excelle. Pas de raison non plus de vouloir d’elle qu’elle soit ultra fidèle en remontée d’informations, ou qu’elle dispose d’une agilité de ballerine. Même en Sport Plus, suspension pilotée réglée au plus dure, elle n’annihile pas tous ses mouvements de caisse et ne procure pas ce feeling de scalpel typique d’une auto sportive.

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La direction, presque trop directe, déroute même un peu en conduite engagée. En revanche, posez-là sur une route qui serpente, adoptez une rythme de balade dynamique et surtout roulez cheveux aux vents pour l’apprécier sous son meilleur jour. Conciliante mais rigoureuse, assez confortable (quelques trépidations demeurent toujours) mais pas malhabile, la M440i invite au gentleman driving plus qu’à l’attaque. Et une fois le tour de manège fini, repasser en mode confort vous replonge dans le flegme caractéristique des bonnes GT dans lesquelles on peut aligner les kilomètres sans fatigue, ce que nous n’avons pas manqué de vérifier pour remonter notre modèle d’essai jusqu’à Paris depuis Grenoble. Même les bruits d’air sur autoroute ne viennent pas perturber le voyage !

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Le juste milieu ?

Les modèles badgés MXXXi de BMW on ça de bien qu’ils connectent efficacement les versions standards à leurs homologues Motorsport, autrement radicaux. Cela se ressent d’ailleurs dans le tarif : à 74 900 € sans options (90 810 € pour notre modèle d’essai), la M440i cabriolet rend plus de 40 000 € à une M4 découvrable et son malus oscille entre 4 818 et 10 488 €, quand la M4 s’en paye 30 000 d’office. Assez engageantes pour filer la banane aux amateurs de conduite sans pour autant faire une croix sur leur savoir-vivre, ces « demi-M » sont un intermédiaire convaincant pour ceux qui utilisent leurs autos en daily. A ce propos, vous en connaissez beaucoup des voitures de 2 tonnes et près de 400 ch capables de s’en tenir à moins de 8 l/100 km de moyenne en conduite coulée ? BMW prouve une fois encore ses talents de motoriste avec cette M440i cabriolet, dont il serait bête de ne pas profiter avant qu’elle ne quitte le catalogue, tuée par les normes anti-pollution de plus en plus drastiques. La voiture plaisir n’est pas encore morte, et ses très faibles volumes ne seront pas ceux qui grèveront un bilan carbone entaché par des décennies d’excès en tout genre.

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Un grand merci à l’ami Baptiste, toujours présent quand il le faut, pour son aide sur les images dynamiques.

Jalil Chaouite

Jalil Chaouite

Tant que ça roule, ça me plait... Ou presque. En tout cas je suis toujours curieux d'essayer tout ce que je peux, pour multiplier les points de comparaison. Je mentirais si je disais que je ne préfère pas une sportive à une banale citadine, mais je mets un point d'honneur à aborder chaque nouvel essai avec la même neutralité. Mes avis sont en général très tranchés, mais je ne suis jamais fermé à la discussion ! Bonne lecture :)

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