Essai BMW 330d Touring xDrive : TGV première classe

Essai BMW 330d Touring xDrive : TGV première classe

Face à l’armada de SUV, quelques voitures résistent encore et toujours à la surélévation. L’une d’elles est la série 3 Touring que nous essayons ici. Équipée d’un onctueux 6 cylindres en ligne diesel et d’une transmission intégrale, elle promet performance et sobriété, confort et comportement affûté, le tout réuni dans une seule automobile.

BMW 330d
BMW 330d touring

Faites un Break

La famille s’agrandit, vous avez besoin de plus de place ? Vous souhaitez changer de voiture et tout le monde vous conseille un SUV ? Pratique, confortable, il a tout pour lui. Et puis en plus, c’est à la mode ! Des grands, des petits, des moyens, chez les constructeurs français, allemands, asiatiques et j’en passe, ils sont partout ! Oui mais voilà, vous, les SUV, ce n’est pas trop votre truc, se trouver haut perché, et avoir la même auto que tout le monde, très peu pour vous. Heureusement, une catégorie de véhicule destiné aux familles résiste encore et toujours face à l’envahisseur surélevé : les breaks ! Plus bas que les SUV pour un comportement routier plus élevé mais possédant une soute plus pratique que les berlines dont ils dérivent, les breaks marient le meilleur des deux mondes. Nous sommes partis dans les alpes savoyardes pour essayer la BMW Série 3 Touring 330d équipée de la transmission intégrale xDrive pour ne pas être en reste face aux SUV.

BMW 330d touring

Une plastique avantageuse

Esthétiquement, cette série 3 Touring est une réussite. Si la beauté est affaire de goût, il faut bien reconnaître que les designer bavarois ont réussi leur coup. La longueur de 4,71m est identique à la berline (déjà essayée ici), tout comme la face avant. C’est bien sur l’arrière qui change le plus avec l’ajout d’un hayon, plus pratique au quotidien que la traditionnelle malle. La ligne est élancée avec notamment une chute du toit tombante et des passages de roues arrière galbés. Notre finition M-Sport apporte un soupçon d’agressivité avec son pack esthétique aux entrées d’air majorées, des étriers de freins bleu et un Logo  »M » disposé sur les ailes avant.

BMW 330d touring logo M
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Le volume de chargement pâtit quelque peu du style dynamique. En effet, la lunette inclinée abaisse la hauteur d’ouverture. du hayon. Il n’y a cependant pas lieu de s’inquiéter puisque le volume annoncé est de 500 L sous tablette, soit 20 L de plus que la berline. Un espace qui place ce break au niveau de la concurrence premium (une Audi A4 Avant Annonce 495 L). La banquette rabattable (40/20/40) permet de charger des objets longs. Une fois tous les dossiers rabattus, on profite d’un volume de chargement total fort appréciable de 1 510 L. Petite astuce pratique, un rangement sous le plancher du coffre permet de ranger le cache bagage si l’on souhaite l’ôter. À l’arrière, avec une place aux jambes suffisante sans être exceptionnelle, les passagers seront bien installés, surtout si vous disposez comme nous du pack hiver. Il comprend le volant ainsi que les sièges avant et arrière chauffant, pour la modique somme de 1 650 €.

BMW 330d touring
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Un équipement riche mais imparfait

Après avoir chargé les sacs de voyage, on prend place derrière le volant 3 branches à la jante épaisse très agréable en main. On trouve derrière le même combiné d’instrumentation numérique que dans la berline, tout comme la console centrale orientée vers le conducteur. Premier soucis au moment de brancher son téléphone: si plusieurs prises USB sont bien présentes dans l’habitacle, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, une seule, à l’avant, est au format  »USB A » (le plus courant) quand les autres sont de l’USB C, certes plus rapide mais qui demande un adaptateur. Dommage, tout comme le fait que BMW ne propose toujours pas Android Auto, même en option, alors qu’une simple Clio en bénéficie d’origine. Un oubli qui devrait être réparé à partir de Juillet, date à laquelle les BMW pourront, enfin, en être équipées. En revanche, bon point pour les possesseurs d’Iphone, qui peuvent déjà profiter d’Apple CarPlay .

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Gadgets technologiques

Après avoir appuyé sur le bouton Start, le 6 cylindres en ligne s’ébroue en douceur. Sa mélodie de diesel est perceptible à froid et depuis l’extérieur mais ce bruit s’estompe rapidement pour laisser place à un discret ronron, une fois le moteur à température ou les portières refermées. On se lance sur un filet de gaz, tout en douceur. La circulation en ville, sélecteur de conduite réglé en mode Comfort, se fait sans difficulté. Seules les jantes de 19 » peuvent se faire sentir sur les raccords de chaussée les plus sévères. Après la ville, place à l’autoroute, véritable terrain de prédilection de ce break. Les kilomètres défilent sans fatigue grâce au régulateur adaptatif et au maintien dans la voie, ce dernier étant très efficace. On profite du silence de fonctionnement grâce à l’insonorisation maîtrisée, ce qui nous laisse tout le loisir d’apprécier l’excellente sono Harman / Kardon. La commande gestuelle pour le son n’étant toujours pas convaincante, nous nous contentons d’utiliser cette vieille méthode : user des boutons physiques comme ceux situés sur le volant ou celui de la console centrale. Et incroyable mais vrai, ça fonctionne ! Pourquoi compliquer une action pourtant si simple…

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Un moteur enjôleur

Nous approchons de la vallée de la Tarentaise en Savoie et quittons l’autoroute. Les petites routes nous tendent les bras et nous nous y engageons avec joie. On passe du mode Comfort à Sport : la boite auto tombe automatiquement un rapport, l’amortissement se raffermit et la direction se durcit quand les compteurs virent au rouge. Malgré la route humide, les 580 Nm de couple se transmettent aux quatre roues sans aucune perte. Le comportement reste tout de même joueur grâce au typage propulsion de la transmission intégrale. La plupart du temps, la majeure partie du couple est envoyée aux roues arrière. Si une amorce de patinage est détectée, jusqu’à 50% du couple est renvoyé vers l’avant. Les différents réglages des trains roulant rendent cette familiale fort plaisante à emmener sans jamais la rendre piégeuse. Dans les virages serrés, on ressent cependant une légère lourdeur dans le train avant par rapport à une Série 3 propulsion. Les quelques kilos supplémentaires du xDrive se font ici ressentir. La boite ZF exploite pleinement les 265 ch de l’un des derniers 6 cylindres en ligne de la série 3 (hormis les versions Motorsport, seul les M340i et M340d ont encore droit à cette architecture si chère aux béhèmistes). Toujours sur le bon rapport, on ne ressent jamais le besoin de jouer avec les palettes situées derrière le volant.

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La bourse ou la 330d

Le tarif, voila le chapitre qui fâche. Cette 330d équipée de ce 6 cylindres diesel est une formidable auto. Capable de se plier au quotidien, de vous faire traverser la France en toute décontraction puis de vous mettre la banane lorsque la route se met à tournicoter. Mais voilà, tout ça a un prix, et pas des moindres. Si la 330d Touring est disponible à partir de 43 450 €, notre finition M Sport, à la présentation alléchante, ne s’échange pas à moins de 64 100 . Et si vous souhaitez disposer des derniers raffinements technologiques présents dans notre modèle d’essai (vision tête haute, sièges et banquettes chauffants, sellerie cuir, sièges électriques à mémoires etc) c’est plus de 20 000 € qu’il faut encore ajouter ! Pour se rassurer on peut jeter un coup d’œil à la consommation. Le motoriste qu’est BMW sait faire des moteurs efficaces et efficients pour contenir la note de gazole lors du passage à la pompe. Durant notre essai d’environ 1 500 km, dont 1 000 km sur autoroute, notre consommation moyenne s’est établie à 7,0 l / 100 km d’après l’ordinateur de bord. Les portions de route de montagne ont été menées bon rythme, quand les trajets autoroutiers se sont déroulés chargés mais à allure modérée (ce qui nous a permis d’atteindre un excellent 6,7 L / 100 km).

Au final vous l’aurez compris, la 330d xDrive Touring qui nous a emmené jusqu’au sommet savoyard nous a convaincu. Véritable croiseur autoroutier, tout en sachant chasser l’ennui dès que la route se met à tourner, elle saura vous combler. Surtout si vous préférez descendre pour vous installer dans un habitacle accueillant plutôt que de grimper dans une voiture à étages que l’on croise à tous les coins de rue. Malheureusement, le prix à payer est (beaucoup trop) élevé pour accéder à ce bonheur automobile.

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