Essai : on joue dans la boue avec le Ford Ranger Raptor !

Essai : on joue dans la boue avec le Ford Ranger Raptor !

Prenez un pick-up tout ce qu’il y a de plus classique, donnez-lui un méchant look et surtout, greffez-lui des suspensions dignes d’un Trophy Truck. Vous obtenez le Ranger Raptor, un petit bijou de technologie qui se joue du relief comme aucun autre.

Essai Ford Ranger Raptor 10
Essai Ford Ranger Raptor 12

Moi qui n’ai jamais fait de franchissement digne de ce nom, me voilà en train de grimper des côtes dont le degré me ferait chanceler s’il s’agissait d’alcool, de faire des croisements de ponts qui s’apparentent à des montagnes et de passer des ornières où je pourrai rentrer jusqu’à la taille. Et tout ça, dans une décontraction proprement sidérante tant le Ranger Raptor semble avaler le terrain sans se soucier le moins du monde de ce que je peux lui présenter. Rien ne l’arrête ! Avec des angles d’attaque et de fuite de 32,5 et 24 ° respectivement, la plupart des obstacles n’en sont pas vraiment. De même, la garde au sol de 28,3 cm (+ 5,1 cm qu’un Ranger classique) autorise bien des escapades en dehors du bitume.

Essai Ford Ranger Raptor 9
Essai Ford Ranger Raptor 8
Essai Ford Ranger Raptor 11
Essai Ford Ranger Raptor 7

Si passer les obstacles entre 5 et 10 km/h n’a rien de bien excitant sur le papier, c’est tout autre chose une fois au volant. L’exercice impose d’analyser finement le terrain pour anticiper le pertes de motricité et prédire l’équilibre général de l’auto, qui est bien vite mis à mal sur la piste d’Univers Tout Terrain à la Ferté-Gaucher. L’expérience a quelque chose d’irréel : de l’extérieur, le Raptor bouge dans tous les sens, il se cabre, prend de l’angle et fais jouer ses blocages de différentiels pour garder du grip. De l’intérieur, le confort est réel et on assiste la voiture plus qu’on ne la cravache. Il y a même un contrôle de vitesse en descente qui gère automatiquement le freinage ! Encore faut-il avoir le cran de lâcher complètement la pédale de frein en haut d’une côte abrupte et de laisser l’électronique gérer le dévers… Ce qu’elle fait mieux que vous, à moins que vous ne soyez un franchisseur né. Le pick-up fait en plus appel à une boîte automatique à 10 rapports (celle de la Mustang), ce qui facilite encore l’évolution en terrain défoncé.

Baja Spirit

Essai Ford Ranger Raptor
Essai Ford Ranger Raptor 3

Une fois revenu à une assiette correcte et remis de mes émotions, l’instructeur me guide jusqu’à la piste roulante, complètement détrempée et boueuse à souhait. Il est temps de switcher du mode de conduite Neige/Gravier/Herbe au mode Baja, spécialement conçu pour filer à grande vitesse en hors-piste (six modes au total, qui jouent sur l’intervention de l’ESP, la direction, la dureté des la suspension…). Si mon premier tour de piste est timide, je lâche la bride pour le second sur les conseils de mon instructeur et exploite un peu plus l’incroyable suspension du Ranger Raptor. Les amortisseurs Fox Racing encaissent sans broncher les 80 km/h, petits sauts et grands travers dans les virages relevés, tandis que l’ESP autorise de généreuses dérives relativement simples à contrôler grâce aux quatre roues motrices. Quel engin ! Un constat encore accentué quand l’instructeur prend ensuite le volant pour un tour à bloc. Le pick-up n’a beau être motorisé « que » par un 2.0 diesel de 213 ch et 500 Nm de couple, il est extrêmement capable et peut se montrer franchement rapide. De l’aveu d’un des instructeurs présents ce jour là, il ne manquerait guère qu’un arceau et un extincteur pour engager le Ranger Raptor en rallye-raid.

Essai Ford Ranger Raptor 6
Essai Ford Ranger Raptor 1
Essai Ford Ranger Raptor 5
Essai Ford Ranger Raptor 4

Ford signe ici un engin aux capacités franchement démentes pour un véhicule de série, à un tarif pas si délirant que ça puisque proposé 56 550 € (hors malus de 10 500 €). C’est 9 600 € de plus qu’un Ranger Wildtrak, mais la déco spécifique -dont une calandre inspirée du gros F-150 Raptor américain- et la fabuleuse suspension Fox sont à ce prix. Pour tout dire, il y avait longtemps que je ne m’étais pas amusé de la sorte avec une auto strictement d’origine !

Essai Ford Ranger Raptor 2