Permis et carte grise : l’ANTS condamnée à cause de dossiers en retard

Permis et carte grise : l’ANTS condamnée à cause de dossiers en retard

Un automobiliste qui attendait depuis des mois sa carte grise avait porté plainte contre l’Agence Nationale des Titres Sécurisés. Cette dernière a été condamnée puis déboutée par le Conseil d’Etat ! 

Voilà déjà un an que les guichets dédiés dans les préfectures ont été fermés. Depuis, les démarches pour les permis de conduire et les cartes grises se font uniquement en ligne. Cela partait d’une bonne intention, vu que l’on peut faire ses demandes en quelques clics depuis son salon, à n’importe quel moment.

Mais cette dématérialisation s’est faite dans la douleur. L’Agence Nationale des Titres Sécurisés, l’ANTS, n’a pas su faire face à la concentration des demandes. La situation s’est rapidement dégradée, avec des bugs provoquant des centaines de milliers de dossiers en attente. A la clé : de nombreuses conséquences désagréables. Alors que des professionnels se sont retrouvés avec des modèles impossibles à livrer faute de papiers, des particuliers n’ont pu utiliser des autos d’occasion qu’ils venaient d’acheter, car ils ne recevaient pas leur carte-grise. Certains ont d’ailleurs perdu patience et se sont mis dans l’illégalité en prenant tout de même la route.

D’autres sont carrément allés en justice. Et depuis le printemps, l’Etat a été condamné à plusieurs reprises. Par exemple, le 20 juin, par décision du juge des référés du tribunal administratif de Paris, l’ANTS a été condamnée à délivrer sous astreinte le permis de conduire d’un automobiliste après plusieurs mois d’attente et de démarches restées sans réponse. Ce qui n’a visiblement pas plu à l’ANTS.

L’agence a ainsi contesté et a saisi le Conseil d’Etat. L’ANTS a estimé que le juge des référés avait commis plusieurs erreurs de droit, en jugeant notamment que le délai anormalement long constituait une situation d’urgence ou encore que l’injonction de délivrance ne présentait pas un caractère d’utilité pour le requérant. Mais fin octobre, le Conseil d’Etat a débouté l’ANTS de ses demandes et confirmé sa condamnation en rejetant l’admission de son pourvoi.

De quoi conforter les automobilistes qui ont envie de porter plainte à cause d’un retard considérable dans leur dossier, d’autant que la situation n’est toujours pas arrangée. Aux dernières nouvelles, il y aurait un délai d’attente de deux mois.