La R25 : L’excellence à la Française par Renault

La R25 : L’excellence à la Française par Renault

Au début des années 80, Renault cherche à renouveler son haut de gamme, les Renault 20 et 30 ayant eu une carrière en demi-teinte. La régie décide de renouveler ces deux modèles par un seul, qui se voudra à la pointe de la technologie : La R25

Une superbe R25 phase 1 en version V6

Une ligne reconnaissable

 

Présentée en 1983 et commercialisée en Mars 1984, la R25 devient le porte étendard de la marque au losange. Pour se différencier de ses très classiques concurrentes de chez BMW et Mercedes, Renault mise sur un style moderne, à l’image de son hayon ‘’bulle’’. Mais ce dessin particulier offre surtout une aérodynamique poussée permettant à cette routière d’afficher un CX (coefficient de pénétration dans l’air) de seulement 0.28. Un record pour l’époque dans cette catégorie. L’habitacle n’est pas en reste puisque c’est l’œuvre d’une pointure du design automobile : maitre Marcello Gandini, auteur notamment de la spectaculaire Countach. Il offre à la ‘’25’’ un intérieur typique avec notamment les aérateurs centraux trônant au sommet de la planche de bord.

Une sellerie velours et de multiples réglages pour la Hifi. Bienvenue dans la R25 !

 

Technologie et modernité

 

Pour pallier le manque d’image de la Renault face aux allemandes, les versions haut de gamme ont droit à un équipement, non seulement pléthorique, mais aussi et surtout extrêmement novateur pour les années 80 : Régulateur de vitesse, sièges électriques à mémoire ou encore le fameux ordinateur de bord à synthèse vocale, tout y était pour faire de la R25 une des voitures les plus modernes qui soit. Malheureusement, cette débauche d’électronique fut aussi un calvaire pour les propriétaires. Les premières R25 souffrent alors d’une fiabilité déplorable obligeant certains acheteurs à rendre régulièrement visite à leur concessionnaire (Raymond Lévy, nommé président de Renault en 1987 n’hésita pas à déclarer que ça R25 de fonction devait se rendre à l’atelier tous les mois…). Cela s’arrangea avec le restylage de 1988 qui dépoussiéra la ligne qui commençait à souffrir de la comparaison avec la concurrence, notamment française (Peugeot 605 et Citroën XM). Le capot vient mordre sur la calandre, désormais à double barrette, et accueil le losange. Les phares sont quant à eux légèrement biseautés pour un regard plus expressif. L’arrière voit la disparation des feux multicolores pour l’utilisation plus sobre du rouge et du noir. Enfin, la célèbre finition Baccara fait son apparition avec un habitacle ou le cuir est roi.

Le restylage a redonné un vrai coup de jeune à la grande berline de Renault

 

L’icône V6

 

La R25 eu droit à de nombreuse motorisations. Avec des puissances s‘échelonnant de 64 ch à 205 ch en 4 cylindres, diesel ou essence, ou grâce au mythique V6 Turbo, on ne peut pas dire que le futur acquéreur manquait de choix !

Même si le gros des ventes fut réalisé par les 4 cylindres essences (de 103 ch à 140 ch) et diesel (64 ch et 85 ch) se sont les V6 injections, mais surtout Turbo qui vont faire rentrer la R25 de plein pied dans la cours des allemandes. Le haut de gamme de la R25 fut tout d’abord assuré par le V6 2.7l PRV (Peugeot Renault Volvo) de 144 ch repris de la R30. Conçu à la base pour être un V8, le cycle d’allumage de ce V6 ouvert à 90° n’était pas adapté. Il donnait la malheureuse impression de « tourner comme une patate » sous les 1800tr/min. Le problème fut résolu sur les version turbo en 1985. La cylindrée passe alors à 2.5 l pour une puissance de 182 ch. Mais c’est surtout l’ingénieuse apparition de manetons décalés qui permet à ce V6 un fonctionnement digne de son rang. Pour devenir encore plus exclusive, cette version Turbo pouvait s’équiper de superbes jantes BBS spécifiques. En 1988, le 2.7 l est remplacé par un 2.8 l atmo utilisant lui aussi la technique des manetons décalés. La puissance passe alors de 144 ch à 160 ch (153 ch une fois catalysé en 1990). En 1990, afin de répondre aux 605 et XM qui atteignent la barre des 200 ch, la grande Renault passe un cap et sort 205 ch de son V6 Turbo. Elle devient ainsi la voiture française la plus puissante de l’époque (hors Venturi), puisque même les Alpine s’arrête à 200 ch.

En 1992, la R25 fut remplacée par la Safrane après 8 ans de carrière et 780 000 exemplaires.

La R25 V6 Baccara : L’excellence du losange

La R25 à eu droit à de superbes jantes signées BBS

 

La folie des grandeurs

Pour l’anecdote, sachez qu’il existe aussi une version civile de la R25 limousine qui fut le véhicule présidentiel de François Mitterrand. Si la version publique se passait de blindage, elle était tout de même rallongée de 22,7 cm dans les ateliers d’Heuliez (qui produisit par la suite le toit rétractable de la Peugeot 206 CC).

Afin de mouvoir ce vaisseau amiral français, 3 motorisations étaient disponibles : le V6 2,7 l 144 ch, le V6 Turbo 2,5 l 182 ch et le 4 cylindres diesel 2,1 l développant la puissance exceptionnelle de… 82 ch. La finition de la V6 injection servant de base, le grand luxe était de mise. Surtout avec un catalogue de personnalisation permettant des options de toutes sortes (notamment la possibilité de remplacer la banquette arrière par deux sièges individuels). Avec seulement 832 exemplaires produits entre 1986 et 1988, Renault décida de ne pas renouveler cette limousine lors du restylage de mi-carrière.

La R25 Limousine en version Présidentielle

La version limousine  d’Heuliez garde une ligne équilibrée. On remarque quand même la vitre arrière plus longue.