Avec une nouvelle C6, Citroën est-il devenu bipolaire ?

Avec une nouvelle C6, Citroën est-il devenu bipolaire ?

Le C4 Cactus, le SpaceTourer, la e-Mehari et maintenant cette C6 : les Citroën se suivent et ne se ressemblent pas vraiment. Voilà qui va rajouter de l’eau au moulin de ceux qui pensent (un peu comme moi) que la marque française n’a plus aucune cohérence.

Après avoir posé les bases d’une nouvelle philosophie avec le Cactus (lire notre essai), qui ose esthétiquement, gomme le superflu mais ne fait pas l’impasse sur les innovations, Citroën fait son retour sur le segment des routières avec une berline ultra conventionnelle, sans grande personnalité.

Elle n’est pas pour nous

Enlevez les chevrons de la calandre, et il est bien difficile de dire qui a signé cette auto. On chercherait presque la logique. Mais Citroën peut se défendre en rappelant que les cas de bipolarité n’ont jamais manqué dans son histoire. La 2CV côtoyait bien la DS, la Méhari la SM…

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Il y a quand même une différence avec ces références du passé. Alors que celles-ci pouvaient se faire face dans un showroom, le Cactus et cette nouvelle C6 ne se croiseront pas dans une concession. Cette nouvelle berline n’est en effet conçue que pour la Chine… ce qui explique son allure très germanisante, qui ne fait pas vraiment honneur à son appellation. L’originalité de la première C6 est loin.

Réclamée par le partenaire chinois

Alors qu’en Europe la C6 a été classée sans suite, et la C5 ne peut plus cacher ses rides, Citroën réserve donc à la Chine son nouveau fleuron. Il faut être honnête, nous n’allons pas nous plaindre de cette situation. Esthétiquement, cette auto ne fait pas envie. Elle aurait connu chez nous un destin à la Renault Latitude.

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La mise en chantier d’une nouvelle C6 a été fortement réclamée par Dongfeng, le constructeur chinois partenaire de Citroën dans l’Empire du Milieu, pour qui il était impensable qu’un label français comme Citroën abandonne le marché des berlines haut de gamme. Dongfeng a eu d’autant plus de poids dans la décision qu’il est devenu actionnaire de PSA. Il avait d’ailleurs montré sa désapprobation devant le projet de faire descendre en gamme avec une lignée de Cactus.

Bel intérieur

Longue de 4,98 mètres, la nouvelle C6 reprendrait d’ailleurs la base d’une berline Dongfeng… qui elle-même est empruntée à la Peugeot 508. Pour plaire à la clientèle chinoise, les designers ont mis le paquet sur le chrome, comme le prouve la calandre.

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Il y a tout de même un point où cette voiture se rattrape : son intérieur. La planche de bord est inédite et est l’une des plus réussie de la production actuelle de Citroën. La présentation est classique, mais soignée. Elle est moderne avec un écran tactile et une instrumentation 100 % numérique. La C6 double d’ailleurs le Peugeot 3008 pour cet équipement ! Impossible d’en juger avec de simples photos, mais la qualité semble au rendez-vous. Grâce à un empattement généreux de 2,90 mètres, l’habitabilité s’annonce excellente.

Fabriquée sur place, la C6 chinoise sera lancée en fin d’année.

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Audi TT RS : la mini R8

Audi TT RS : la mini R8

Vous avez un compte en banque plutôt bien fourni… mais pas au point de pouvoir acheter une R8, facturée au minimum 167.378 € (lire notre essai). Audi a pensé à vous, en proposant une version condensée de sa supercar, la TT RS ! Alors certes, son allure est moins démoniaque, la puissance est moindre, mais en rapport du gabarit (4,19 mètres de longueur), elle impressionne.

La barre des 400 ch atteinte

Surtout, le tarif devrait être divisé par deux et côté accélérations, les valeurs n’ont pas à rougir de la comparaison. En déclinaison coupé, le nouveau TT RS passe de 0 à 100 km/h en 3,7 secondes, soit seulement deux dixièmes de plus que la R8 V10 Coupé. La variante roadster pointe à 3,9 secondes.

Audi TT RS Roadster, Audi TT RS Coupé Audi TT RS Coupé Audi TT RS Roadster

Le TT RS reste fidèle au cinq cylindres 2.5 TFSI. Mais il est de conception nouvelle, plus compact et plus léger. Avec ses 400 ch, il dépasse l’ancien TT RS de 60 ch. Il délivre un couple de 480 Nm, disponible entre 1.700 et 5.850 tr/min. A n’en pas douter, la RS 3 restylée profitera de cette évolution moteur pour redevenir la plus puissante des compactes.

Le TT RS est doté d’une boîte double embrayage 7 rapports et de la transmission intégrale Quattro. La vitesse maxi peut être relevée en option à 280 km/h. Les ingénieurs ont, sans surprise, revu de nombreux réglages du châssis pour améliorer l’efficacité et l’agilité. Par rapport à un TT classique, le RS est abaissé de 10 mm. Il est doté en série de disques de frein avant de 370 mm. Comme sur la RS 3, des freins fibre de carbone et céramique sont disponibles en option.

LED organiques

Le look change par petites touches. Il était connu depuis quelques semaines : l’auto utilisée pour la séance photos avait été surprise… à une station service. Le RS se reconnaît au premier coup d’œil avec sa lame argentée qui souligne la face avant, dotée d’une nouvelle grille de calandre. L’arrière reçoit un aileron fixe. De série, l’auto est dotée de jantes 19 pouces. Le TT RS inaugure chez Audi les feux OLED, une technologie qui permet des signatures lumineuses encore plus complexes.

Audi TT RS Coupé Audi TT RS Coupé Audi TT RS Coupé

A l’intérieur, l’ambiance très sombre est rehaussée par quelques touches de couleur rouge. La présentation dépouillée fait toujours son effet, avec un minimum de boutons. L’instrumentation numérique Virtual Cockpit profite d’un mode RS, où seul un compte-tours avec rappel de la vitesse apparaît. Le conducteur aura bien en mains le volant recouvert de cuir et d’Alcantara.

Les nouveaux TT RS Coupé et Spider arriveront dans les concessions à la rentrée.

Smart Fortwo et Forfour Brabus : le retour des micro-bombinettes

Smart Fortwo et Forfour Brabus : le retour des micro-bombinettes

Nous guettions leur arrivée depuis plusieurs mois et plusieurs Salons. Les nouvelles Smart Brabus ont finalement fait leurs débuts en public de l’autre côté de la planète, à Pékin. Plutôt curieux comme choix, la Chine n’étant pas un marché prioritaire pour les puces de Daimler.

0.9 turbo de 109 ch

Nous étions impatients de savoir quels étaient les changements mécaniques. Pourquoi ? Parce que les nouvelles Smart sont des cousines techniques de la Renault Twingo. Cette dernière pourrait donc reprendre à son compte la mécanique gonflée des Brabus pour donner naissance à une finition épicée. A la vue de la puissance, ce serait plus une GT qu’une RS !

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C’est la petite déception du jour : le bloc des nouvelles Smart Brabus ne développe que 109 ch, soit 7 ch de plus que l’ancien modèle. Cela reste un record pour la marque. Le moteur est une évolution du 0.9 turbo d’origine Renault, qui délivre au départ 90 ch et un couple de 135 Nm. Ici, le couple grimpe à 170 Nm.

Les performances sont logiquement en progrès, avec une vitesse de pointe pour la Fortwo de 165 km/h et de 180 km/h pour la Forfour, soit 10 et 15 km/h de mieux. Sur l’exercice du 0 à 100 km/h, la petite met 9,5 secondes, une seconde de mieux que la grande. On est loin de ce que peut proposer une Abarth 500 (lire notre essai), qui propose au minimum 140 ch.

Un Launch Control, comme les grandes

Les Smart ne vous colleront donc pas au siège, mais donneront quelques sensations, renforcées par le son de l’échappement sport et un mode Race Start, pour des démarrages rapides. La boîte est une double embrayage 6 rapports, revue par Brabus pour des passages de vitesses plus rapides. Le préparateur allemand a également revu les suspensions, plus rigides, et la direction.

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Le look était connu, puisqu’un pack esthétique Brabus était déjà proposé depuis quelques mois. Les versions sportives reçoivent notamment un petit diffuseur intégrant deux sorties d’échappement bien visibles. Leurs jantes sont inédites (pour la Fortwo, ce sont des 16 pouces à l’avant et des 17 pouces à l’arrière ; la Forfour a quatre 17 pouces). Les nouvelles Brabus sont dévoilées avec des carrosseries monochromes. Le rouge de la Forfour n’est pas sans évoquer le fameux Rouge Flamme de Renault. La présentation intérieure est très sombre !

La commercialisation débutera en juillet.

Nouveau Renault Koleos : la fin des moqueries ?

Nouveau Renault Koleos : la fin des moqueries ?

Lorsque Renault a commencé à plancher sur la remplaçante de la Laguna 3, il a vite été décidé que le patronyme de l’auto changerait. Laguna avait une trop mauvaise image, entre les soucis de fiabilité de la deuxième mouture et le design extérieur raté de la troisième.

Il aurait pu en être de même avec le Koleos, dont la première génération, moquée pour son absence totale de personnalité, n’a pas eu une carrière bien brillante. L’auto est même devenue la cible préférée, sous forme de running-gag, des animateurs de Top Gear France.

Proche cousin du Nissan X-Trail

Mais Renault n’a pas souhaité passer à la trappe le nom Koleos, et propose donc une seconde génération. Celle-ci n’a cependant plus rien à voir. Plus grand, plus familial, le Koleos 2 est plus séduisant esthétiquement, bien que très sobre. A cela une raison : il se veut très international, devant plaire sur différents continents.

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Comme le premier, le second Koleos est très connoté « Asie ». Mais cette fois, ce n’est pas un Samsung rebadgé. Il s’agit d’un Nissan X-Trail recarrossé… de la même manière que le Kadjar est un très proche cousin du Qashqai.

Autre association avec l’Asie : le Koleos 2 vise en priorité la Chine, où il fait ses débuts. Le nouveau grand SUV sera l’un des fers de lance du Losange dans l’Empire du Milieu. Ce n’est pas un hasard : 135.000 des 300.000 Koleos première génération produits ont été vendus en Chine (d’où la conservation du nom).

Limité à 5 passagers

D’un point de vue esthétique, le Koleos version 2016 peut s’apparenter à une Talisman SUV. De nombreux codes esthétiques de la berline sont repris : grande calandre chromée, crosses de LED sous les optiques, feux qui se prolongent sur le hayon. L’œil est attiré par une originale baguette de chrome qui traverse l’aile avant, reliant le phare à une fausse ouïe sur la portière.

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L’habitacle va encore plus loin dans la ressemblance avec la Talisman. La planche de bord est quasiment identique à celle de la berline, avec la console centrale qui intègre le grand écran tactile 8,7 pouces. Il y a quelques éléments pour faire la différence : une épaisse baguette décorative face au passager ou encore des poignées de maintien entourant le levier de vitesses. Ceux-ci ont le mérite de supprimer les très moches éléments de plastique qu’il y a sur la Talisman (lire notre essai).

Avec ses 4,67 mètres de longueur, le Koleos visera une clientèle plus familiale que le Kadjar (lire notre essai). Mais il fait l’impasse sur la troisième rangée de sièges, pourtant présente sur le X-Trail. Renault ne souhaite pas gêner le futur Grand Scénic et le nouvel Espace. La marque met une avant une bonne habitabilité en rang 2 et un coffre généreux de 624 litres. Le hayon profite d’un système d’ouverture mains libres.

En France début 2017

Reprenant la base technique du X-Trail, le Koleos repose sur la désormais bien connue plate-forme CMF. Il pourra profiter d’une transmission intégrale. Les moteurs proposés en France ne sont pas encore connus mais il ne devrait pas y avoir de surprise. La gamme de diesel comportera les 1.6 dCi de 130 et 160 ch. En essence, Renault pourrait proposer un TCe de 150 ch. Plutôt étonnant, le Losange n’annonce pas de boîte double embrayage EDC, mais la boîte automatique X-tronic de Nissan.

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L’Europe devra attendre son tour pour la commercialisation. Le Koleos sera d’abord lancé cet été en Australie, Turquie et dans les pays du Golfe. Puis il ira en Chine, en fin d’année. Le Vieux Continent ne sera servi que début 2017 !