Essai nouveau Volkswagen Tiguan : la bonne surprise

Essai nouveau Volkswagen Tiguan : la bonne surprise

Renouveler un best-seller n’est jamais chose facile. Faut-il tout changer au risque de perdre les habitués de la marque ? Jouer la carte du conservatisme au point d’avoir du mal à différencier deux générations d’un même modèle ? Les têtes pensantes de Volkswagen semblent avoir opté pour un compromis, en apportant juste le nécessaire à leur nouveau Tiguan, sans bousculer les codes stylistiques de la marque. Il serait toutefois bien sot de ne pas creuser plus loin tant le nouveau venu progresse par rapport à son prédécesseur. Recommandable le Tiguan millésime 2016 ? Sans l’ombre d’un doute !

Plus expressif

Volkswagen Tiguan 2016 - 32

Volkswagen Tiguan 2016 - 27

Comme je vous le disais en septembre dernier lors de la présentation des premières photos, le SUV mid-size de Volkswagen s’assume avec un style beaucoup plus affirmé. Exit les rondeurs, ce sont les ligne ciselés et les arrêtes saillantes qui sont à l’honneur. Et de visu, ça en jette ! Les dimensions évoluent également, ce qui fait son petit effet : il gagne 6 cm en longueur, 3 en largeur et en perd 3 en hauteur. Il paraît du coup plus expressif et agressif, surtout équipé de jantes de 18 pouces et plus.

Les jantes Kapstadt optionnelles affichent 20 pouces

Les jantes Kapstadt optionnelles affichent 20 pouces

Pour rappel, le Tiguan est disponible avec plusieurs styles différents selon que l’on opte pour une version normale, ou que l’on préfère choisir le pare-choc offroad offrant un angle d’attaque plus important bien utile en conduite tout-terrain.

Le Tiguan version Offroad...

Le Tiguan version Offroad…

... Et le pare-choc classique d'un Carat

… Et le pare-choc classique d’un Carat

Sur les finitions hautes Carat et Carat Edition, sachez qu’un pack extérieur R-Line est également disponible en option (2 000 €), composé de boucliers et de passages de roues bien plus marqués. Dommage que VW ne nous en ait pas mis à disposition durant les essais internationaux.

Volkswagen Tiguan 2016 - 26

A l’avant, les phares se veulent être le prolongement direct de la calandre ce qui lui donne un style très épuré au Tiguan. La ceinture de caisse haute joue en faveur du dynamisme de la ligne, au même titre que la lunette arrière très inclinée pour un SUV. Les optiques adoptent la technologie LED aux quatre coins à partir de la finition Carat.

Volkswagen Tiguan 2016 - 35

Volkswagen Tiguan 2016 - 33

Volkswagen Tiguan 2016 - 39

Triste mais irréprochable

En grimpant à bord, le constat est sans appel : nous sommes biens dans une Volkswagen, la rigueur prime ! L’ambiance plutôt tristoune est contrebalancée par une finition vraiment irréprochable. Les ajustements sont parfaits, les boutons et différents commodos ne font pas cheap, l’espace à bord est tout à fait satisfaisant, il n’y a absolument rien à redire de ce côté-là. Seuls quelques plastiques durs en partie basse de l’habitacle rappellent que nous sommes à bord d’une voiture de milieu de gamme.

Volkswagen Tiguan 2016 - Interieur - 12

Volkswagen Tiguan 2016 - Interieur - 10

Une des grandes nouveauté du Tiguan est son Active Info Display. Il ne s’agit ni plus ni moins que de l’Audi Virtual Cockpit version Volkswagen, soit un écran de 12,3 pouces (1440×540) à la place des compteurs classiques. Il est paramétrable à l’envie pour afficher aussi bien les compteurs que le GPS, les limitations de vitesse, le système multimédia, une boussole et un niveau lors des sessions tout-terrain… Il faut se pencher concrètement sur son fonctionnement, mais une fois assimilé, l’Active Info Display est d’une efficacité redoutable.

Volkswagen Tiguan 2016 - Interieur - 4

Volkswagen Tiguan 2016 - Interieur - 5

Les passagers arrières profitent d’un espace aux jambes augmenté de 3 cm mais aussi, c’est assez rare pour être souligné, d’une climatisation automatique tri-zone dès le 2ème niveau de finition Confortline. Le coffre fait pour sa part un bond de 145 L pour atteindre 615 L, voire 1 655 L sièges rabattus. Pas mal, c’est plus qu’une Passat berline et ses 586 L. Pour les fans de musique, le système Dynaudio optionnel ne m’est pas apparu indispensable, la sono Volkswagen de série (de la finition Carat, je n’ai pas essayé celui des plus petites finitions) étant déjà très à l’aise. Avec un peu de recul, la monté en gamme du Tiguan est sensible et c’est un réel plaisir de voyager à son bord. Qu’en est-il de ses prestations routières cependant ?

Volkswagen Tiguan 2016 - Interieur - 2

Volkswagen Tiguan 2016 - 36

Impérial

Ce qui m’a le plus bluffé durant cet essai, c’est le confort du Tiguan. La suspension filtre très bien les irrégularités de la route et ce n’est pas les grandes jantes de 20 pouces optionnelles qui équipaient les versions que j’ai eu entre les mains qui sont venus entacher le tableau. Le châssis peut être paramétré selon plusieurs lois (Normal, Confort, Sport et Individual paramétrable) mais même en Sport, les trajets sont fort agréables. Tout juste ai-je noté quelques quelques trépidations en plus à basse vitesse, et une réelle différence sur des routes pavées.

Volkswagen Tiguan 2016 - 52

Volkswagen Tiguan 2016 - 57

Volkswagen Tiguan 2016 - 47

Pour ce qui est du comportement routier, le peu que j’en ai vu m’a paru très bon mais j’aurais voulu pouvoir emmener le Tiguan sur des petites routes départementales ce qui m’aurait permis de mieux analyser le travail fait par les ingénieurs allemands. Le parcours berlinois prévu pour les essais était en effet composé de 50 % de ville, 30 % de voies rapides et seulement 20 % de réseau secondaire globalement assez insipide et limité à 80 km/h… Dommage et clairement insuffisant pour prendre en compte tout le potentiel du châssis. Les bruits de roulement sont très bien filtrés, même à haute vitesse.

Volkswagen Tiguan 2016 - 29

Les motorisations disponibles en France vont de 125 à 180 ch en essence (un TSI 220 sera disponible en Allemagne) et de 115 à 240 ch en diesel. J’ai pour ma part pu prendre le volant d’un TDI 150 4×2 en boîte manuelle, d’un TDI 190 4×4 avec une boîte DSG et d’un TSI 180 4×4 également avec la DSG. Le TDI 150 sera clairement suffisant pour la plupart des acheteurs de l’hexagone. Il devrait concentrer le gros des ventes, il est d’ailleurs le seul bloc de la gamme disponible avec les quatre finitions Trendline, Confortline, Carat et Carat Edition. Il vibre peu et se montre volontaire pour emmener les 1,5 tonne du Tiguan. La boîte manuelle est précise, bien guidée et n’accroche pas entre les rapports.

Volkswagen Tiguan 2016 - 55

Volkswagen Tiguan 2016 - 46

Avec les plus gros moteurs, le Tiguan passe vraiment pour un SUV premium. Le TSI 180 offre autant de couple que le TDI 150, soit 340 Nm, mais il est plus doux et surtout, la sonorité artificielle inhérente au mode sport lui donne un timbre de voix plutôt sympa alors qu’il est d’ordinaire très banal. Inutile donc indispensable, non ? Le TDI 190 offre quant à lui 400 Nm de couple ce qui joue bien en faveur des relances sur voie rapide. Dommage qu’il soit sonore quand on le cravache un peu. La boîte DSG à 7 rapports, modèle de douceur et de rapidité au quotidien n’est je pense pas étrangère à cet esprit cossu, le seul reproche à lui imputer étant un embrayage un peu brusque au démarrage, quand le stop & start sort le moteur de son sommeil. Certains de mes confrères présents sur l’essai ne jurant que par la sacro-sainte boîte mécanique ne partageaient pas mon avis, mais je pense pour ma part que c’est la boîte rêvée pour ce genre de voiture. Elle se fait oublier en ville, elle est exempte d’à-coups, elle vous laisse volontiers la main en mode sport via les palettes au volant… Que demande le peuple ?! A vous d’essayer et de vous faire votre avis, moi je suis conquis. Contrepartie, elle lisse forcément la courbe de couple ce qui donne un côté un peu « plan-plan » à la mécanique.

La gadoue

Volkswagen Tiguan 2016 - 16

Volkswagen Tiguan 2016 - 20

La météo n’aura pas été des plus coopérative durant l’essai. Le premier jour, la pluie tombait à verse et c’est bien évidemment ce moment que les organisateurs avaient choisi pour une petite session hors-piste sur un terrain de BMX spécialement aménagé pour l’occasion. Autant vous dire que mes chaussures n’en sont pas ressorties indemnes (chef, je peux faire passer le shopping en note de frais ?). Le Tiguan en revanche s’en est beaucoup mieux tiré que moi. La transmission intégrale 4Motion Active Control gère intelligemment les pertes de motricité et permet d’évoluer sereinement sur des terrains très glissants. Obstacles, ornières, pentes à forte inclinaison, le Tiguan ne démérite pas une fois le bitume quitté.

Volkswagen Tiguan 2016 - 10

Volkswagen Tiguan 2016 - 14

Sans aller jusqu’à proposer autant d’aides à la conduite tout terrain qu’un Range Rover, Volkswagen a tout de même implémenté quelques fonctions utiles sur le Tiguan 4Motion. Déjà, la transmission intégrale dispose de quatre modes : Automatique, adapté à la plupart des utilisation, Neige, Off-Road et Off-Road Individual paramétrable. La position Off-Road offre un assistant de freinage en descente, un ABS et un contrôle de stabilité adaptés à la surface sur laquelle vous évoluez, une régulation du régime moteur et une gestion spécifique de la boîte DSG. Le Off-Road Individual y ajoute en plus la possibilité de configurer les systèmes susmentionnés et de désactiver les différents avertissements sonores et autres voyants qui illuminent le tableau de bord dès que vous perdez en motricité.

Volkswagen Tiguan 2016 - Interieur - 7

Mieux équipé

Quand il s’agit de passer à la caisse, pas de miracle, le Tiguan affiche sans vergogne des tarifs très teutons. Mais, il propose globalement un peu plus d’équipements que son aîné à tarif équivalent. Pour l’heure, seuls les TDI 150 et TSI 180 sont disponibles. Les autres motorisations arriveront dans les mois à venir. Le choix raisonnable semble être le TDI 150 boîte manuelle en finition Confortline affiché 35 150 €, seul ensemble moteur/boîte dénué de tout malus. Agrémenté de quelques options, il fera un bon compagnon de route. Comptez 36 625 € pour ajouter le 4Motion et enfin 38 625 € pour le 4Motion et la boîte DSG. Les réfractaires au diesel devront se tourner vers les finitions hautes Carat et Carat Edition pour pouvoir accéder au TSI 180, forcément couplé au 4Motion et à la DSG. Il vous en coûtera alors respectivement 40 970 € et 44 470 €.

Volkswagen Tiguan 2016 - 58

Comme vous avez pu le constater, j’ai beaucoup aimé ce nouveau Volkswagen Tiguan, que je n’attendais pas si abouti. Il a tout pour plaire, sauf peut-être un blason récemment entaché par quelques affaires de dissimulation de chiffres. VW a en tout cas mis le paquet pour mettre à jour un de ses best-seller et ça se sent. Depuis son lancement, le Tiguan accumule plus de 2,5 millions de vente à travers le monde et ce n’est pas la cuvée 2016 qui devrait ralentir le processus.

Privilège de se lever tôt un samedi matin : une porte de Brandebourg quasi exempte de touristes !

Privilège de se lever tôt un samedi matin : une porte de Brandebourg quasi exempte de touristes !

Seat et Skoda pourraient-ils fusionner ?

Seat et Skoda pourraient-ils fusionner ?

Voilà 25 ans que Skoda fait partie du groupe Volkswagen. Le contrat unissant le Tchèque et l’Allemand a été signé le 28 mars 1991, et l’accord est entré en vigueur le 16 avril de la même année.

Dans un communiqué publié à l’occasion des célébrations de ce quart de siècle, Skoda n’hésite pas à parler de l’une des fusions « les plus réussies dans l’histoire de l’automobile ». Et nous n’allons pas le contredire. En 25 ans, Skoda est passé du statut de petit constructeur régional à celui de marque mondiale, de moins de 200.000 ventes par an à plus d’un million.

Skoda vend deux fois plus que Seat !

Précisément, 1.055.500 voitures ont été vendues par la firme dans le monde en 2015. Une jolie performance, même si les grands généralistes restent loin devant. Skoda s’en sort très bien avec une gamme plutôt réduite (7 lignes de produits) et son avenir s’annonce radieux.

Seat : Skoda

La raison principale ? Une offensive en vue sur le marché des SUV, où Skoda est encore discret. Trop décalé, le Yéti n’a pas pu ratisser large. Les choses évolueront dès la fin d’année avec le lancement d’un grand 4×4 familial, proche du concept Vision S.

Le bilan de Skoda est impressionnant quand on le compare à celui de Seat, autre généraliste du groupe Volkswagen. En 2015, l’Espagnol était tout content de dépasser à nouveau la barre des 400.000 ventes ! Quand on sait que Seat a fait partie du groupe Volkswagen avant Skoda, dès 1986, le gouffre qui sépare les deux cousins peut paraître incompréhensible.

Un positionnement clair et malin pour le tchèque

Alors que la courbe des ventes de Skoda monte crescendo depuis 20 ans, celle de Seat varie au gré des lancements entre 300.000 et 500.000 ventes. Skoda a pris le dessus à partir de 2005, avec seulement trois modèles dans sa gamme quand Seat en avait le double !

25 ans Skoda Volkswagen

Sans surprise, le petit en pleine croissance a été choyé, profitant d’un atout clé : un positionnement très intelligent, avec des voitures au rapport prix/prestations imbattable. Skoda a vite su se forger une image de marque à part avec des éléments clés : habitabilité, astuces pratiques, tarifs canons. Ajoutez à cela l’image rassurante de Volkswagen et le pack était parfait. Surtout, Skoda avait, et a toujours, de sacrées ambassadeurs : ses clients, qui font un bon bouche à oreille.

En face, Seat faisait pâle figure. Pourtant, l’Espagnol avait fait parler de lui en se relançant avec une génération de nouveaux produits dessinés par l’emblématique designer Walter da Silva. Mais après une Leon 2 réussie, et l’arrivée en 2008 d’une jolie Ibiza 4, Seat a souffert de l’incroyable montée en puissance de Skoda.

Seat à l’abandon pendant plusieurs années

Volkswagen a voulu tirer profit de la notoriété grandissante du Tchèque, véritable outil de conquête, délaissant un Seat qui n’avait rien de neuf à apporter. Skoda semblait bénéficier de toutes les attentions de la maison mère, et du budget qui va avec, pendant que l’Espagnol passait pour l’enfant abandonné.

L’ibérique a alors enchaîné les bricolages hasardeux (la nouvelle berline Toledo était un monospace Altea à coffre) et les rebadgages. Le summum a été atteint avec l’Exeo, une vieille A4 restylée ! Seat faisait vraiment figure de parent pauvre du groupe Volkswagen.

Seat Exeo

Mais en 2012, plein d’ambitions et de nouveau sous les bonnes grâces de VW, Seat s’est une nouvelle fois relancé, avec une toute nouvelle Leon (lire notre essai), très bien accueillie, et qui se vend bien. Pourtant, et alors que l’Espagnol s’apprête à lancer son premier vrai SUV qui devrait booster ses immatriculations, l’avenir de la firme reste incertain.

Relancées… et rapprochées

Seat et Skoda commencent vraiment à se gêner. Comme la dernière Leon le prouve, l’Espagnol propose en quelque sorte des Volkswagen rhabillées. Les prestations de la compacte sont quasi similaires à celles de la Golf (lire notre essai), la ligne est flatteuse, mais le prix est inférieur de quelques milliers d’euros, image de marque oblige.

Le souci est que les Skoda sont en train de devenir la même chose, comme l’a démontré la nouvelle Superb. Alors qu’il y avait toujours un retard technologique chez le Tchèque, assumé pour limiter les prix, celui-ci a proposé en 2015 une routière qui reprenait quasiment tous les équipements de la dernière Passat ! Il ne fait aussi aucun doute que le prochain SUV familial du tchèque sera moins cher que le Tiguan 7 places que VW prépare, avec pourtant des moteurs identiques et des équipements à peu de chose près semblables.

Gamme Skoda

Le positionnement de Seat et Skoda devient similaire. Et il en est de même niveau design. Très influencé par la maison mère VW, Seat et Skoda dessinent leurs autos avec une règle. Jusqu’il y a peu, les designers espagnols avaient un peu l’avantage. Il n’y a ainsi pas photo entre une Leon et une Rapid Spaceback !

Mimétisme esthétique

Les stylistes tchèques avaient un peu de mal côté élégance, mais ils ont fait de gros progrès comme en témoigne encore une fois la Superb. Vient alors le problème d’une sacrée ressemblance. Preuve en est avec l’Ateca, le dernier né de Seat. Il suffirait de peu de changements pour transformer ce SUV en Skoda. De là à imaginer qu’un rebadgage est dans les cartons…

Alors, se dirige-t-on vers deux marques qui feraient front commun, à l’heure où les constructeurs maximisent les économies d’échelle ? Encore plus quand Volkswagen, qui va perdre énormément d’argent avec le scandale lié aux émissions polluantes, doit faire des coupes budgétaires ?

Seat Ateca - 8

S’il n’est pas prévu de voir Seat disparaître au profit de Skoda, l’Espagnol et le Tchèque pourraient s’assembler pour couvrir avec ce qui leur reste de leur image de marque le public le plus large possible. A produit quasiment identique, les plus jeunes iraient du côté de l’Ateca, pendant que les plus âgés se tourneraient vers l’équivalent Skoda. Les deux firmes garderaient leurs particularités dans des domaines où elles sont légitimes  (les sportives chez Seat, les grandes berlines pour Skoda) et les zones géographiques où elles sont le mieux implantées.