Tester un pneu n’est pas une chose facile, qui plus est en dehors d’un circuit. Voici donc mon expérience avec le Michelin Pilot Sport 4 essayé sur route ouverte au volant de voitures bien différentes et même insolite pour l’une d’entre elle !

Ne pas lésiner sur la quantité ?

Avant de vous faire part de mon ressenti, attardons-nous quelques instants sur le « curriculum vitae » de ce pneu destiné aux berlines sportives et haut de gamme.

Citroen C6 bas caisse

Le Pilot Sport 4 sera à terme proposé en 19 dimensions allant du 17 au 19 pouces

Pour le mettre au point, le célèbre manufacturier s’est appuyé sur des sources d’informations variées. Grâce à 3 000 personnes circulant en Europe ayant accepté de placer des capteurs électroniques sur leur véhicule, l’entreprise a pu récupérer une foule de données comprenant notamment les conditions de roulage et la façon de conduire de ses « cobayes ». Un total de 38 millions de kilomètres a été parcouru…

Un autre moyen de collecter des informations, plus connu cette fois-ci, est la compétition et notamment l’endurance. Les 24 Heures du Mans permettent à Michelin de mettre à l’épreuve ses gommes sur 48 voitures, soit 240 000 km. Il le fait également en rallye et depuis peu en Formule E (voir notre reportage).

Les constructeurs automobiles sont aussi des partenaires pour Bibendum. Il est assez impressionnant de constater que le Clermontois travaille à la fois avec Ford (comme nous l’avons vu lors de l’essai de la Focus RS), Toyota et Volkswagen, mais aussi des blasons très prestigieux tels que Ferrari et Bugatti !

Sur le pneu en lui-même, Michelin nous indique qu’il possède une bande de roulement « ultra réactive », la nouvelle technologique Dynamic Response assurant un meilleur contrôle de la trajectoire, ainsi qu’une fibre cinq fois plus résistante que l’acier pour conserver une aire de contact importante, y compris à vive allure. Le mélange de gomme (élastomères, silice, …) qui compose l’enveloppe noire est là pour offrir une durée de vie accrue et une faible résistance au roulement.

De belles promesses qui se vérifient sur la route ?

De la voiture présidentielle au coupé bavarois

Pour tenter de m’en rendre compte, j’ai pris le volant de quatre autos destinées à des usages variés. C’était également l’occasion de découvrir de nouveaux modèles et ainsi de vous faire part de mon ressenti.

La grande Citroën C6 pour quitter Paris

Les manufacturiers choisissent habituellement des voitures récentes et largement diffusées pour faire essayer leurs pneus. J’avais par exemple pris le volant des Peugeot 308 et Volkswagen Golf lors du test du CrossClimate. Pour débuter celui du Pilot Sport 4, je démarre avec une… Citroën C6 ! Voici une surprise de taille !

Citroen C6

Monter à bord de cette grande berline haut de gamme des Chevrons produite de 2005 à 2012 à la hauteur de 23 000 unités est très symbolique ! Imaginez donc, il s’agit de la limousine utilisée par nos trois derniers chefs d’état (Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande). De quoi se prêter au jeu de se mettre dans la peau d’un chauffeur, qui plus est en parcourant les rues de Paris.

Citroen C6 profil

Assez étonnamment, je constate que le design a bien vieilli. Certes, la C6 n’est pas un canon de beauté, néanmoins les lignes originales de sa carrosserie dégagent toujours une impression de luxe et de grandeur. Les éléments qui me font tiquer sont les deux optiques encadrant la plaque d’immatriculation. Elles paraissent bien trop peu travaillées au regard des blocs avant et arrière aux formes effilées. En outre, vous remarquerez que la présentation intérieure est assez épurée, en particulier pour une auto commercialisée il y a 11 ans (déjà !). La finition m’a parue bonne. Le tableau de bord numérique nous prouve que Citroën n’était pas en retard tant cet équipement se généralise aujourd’hui.

Citroen C6-2 Citroen C6 calandre Citroen C6 malle Citroen C6 interieur

En terme de conduite, le V6 diesel logé sous le capot offre un bon agrément en étant généreux en couple. Installé dans un imposant fauteuil en cuir, je profite du confort et du silence à bord. La boîte automatique se montre douce. La fameuse suspension hydropneumatique me semble fatiguée. Le moindre creux sur la route engendre un fort pompage qui décourage tout velléité sportive au volant.

Les quatre enveloppes dimensionnées en 245/45 ZR 18 vendues à l’unité aux alentours de 170 € doivent, à mon sens, assurer avant tout une longévité maximum sur ce type de voiture amené à parcourir beaucoup de kilomètres (notre exemplaire se contentait de seulement 75 000 km !). Le conducteur, comme le passager n’étant pas à la recherche de sportivité.

Citroen C6 jante Citroen C6 Michelin Pilot Sport 4

La « petite » Audi A3

Pour l’essai suivant, l’ambiance est tout autre à bord de cette Audi A3 d’une taille bien plus contenue. La présentation est plus moderne et rigoureuse en bonne germanique. Il faut oublier le moelleux de la Française pour un habitacle plus restreint et une suspension plus sèche (la hauteur des flancs des pneus est réduite). Je dois dire que je m’étais bien habitué à la démesure de cette C6 !

Audi A3 8V Audi A3 8V profil Audi A3 8V interieur

Le diesel assez pêchu qui équipe cette berline compacte au châssis autrement plus dynamique qu’une limousine permet de malmener bien plus facilement les gommes en 225/40 ZR 18 (environ 115 €). Un rond-point pris à allure soutenue en dépit d’un revêtement humide se négocie sans crainte. Le Pilot Sport 4 crie légèrement dans ces conditions.

Audi A3 8V arriere Audi A3 8V jante

Audi A3 8V Michelin Pilot Sport 4

Le grip est au rendez-vous avec ce Pilot Sport 4

La distinguée BMW Série 3

La C6 est trop encombrante et l’A3 trop peu confortable, la BMW Série 3 pourrait alors se révéler comme une bonne option, un entre-deux raisonnable. Je trouve cette dernière génération de la berline bavaroise toujours aussi élégante.

BMW Serie 3 F30

La Série 3 en finition Luxury ajoutant quelques chromes supplémentaires

BMW Serie 3 F30 arriere BMW Serie 3 F30 interieur

Au volant, les près de 190 ch du moteur diesel (encore un !) sont bien présents. La 320d ne manque pas de punch à défaut d’être trop sonore. La transmission automatique joue également bien son rôle en faisant preuve de douceur et rapidité. De quoi apprécier les kilomètres grâce à une position de conduite agréable et propre à la marque à l’hélice. Les gommes en 225/45 ZR 18 (175 €, soit 60 € de plus par rapport à l’A3 !) ne génèrent pas trop de bruits de roulement.

BMW Serie 3 F30 profil BMW Serie 3 F30 jante BMW Serie 3 F30 Michelin Pilot Sport 4

BMW Z4 : place au sport !

Pour terminer ce test du Michelin Pilot Sport 4 sur des modèles qui ne se ressemblent pas, quoi de mieux qu’un Z4 ? Le coupé sportif de BMW est équipé de la même monte que l’A3, soit des pneus taille basse permettant des remontées d’informations assez directes en provenance du revêtement. De quoi bien sentir l’auto qui développe 306 ch de son six-cylindres en ligne maison sur les roues arrière…

BMW Z4 35i

Malheureusement, la circulation et le parcours prévu n’ont pas permis de véritablement tester le capacités du Pilot Sport 4 sur cette Z4

BMW Z4 jante

Bien que ce bloc suralimenté effaçant le 0 à 100 km/h en 5,1 s sonne bien, je ne peux que regretter les quelques kilomètres que j’avais pu faire au volant d’un Z4 M qui cache sous son long capot le 3,2 l de la M3 E46 proposant seulement 37 ch en sus, mais surtout un tempérament et une sonorité me donnant des frissons !

modeles test Michelin Pilot Sport 4 modeles test Michelin Pilot Sport 4-2