Koenigsegg, ce nom, peu connu du profane, mais familier du passionné, recèle bien des secrets, nous avons eu la chance d’en découvrir certains, que nous vous dévoilons à présent…

Note : cet article est le premier de la sortie Koenigsegg dont le deuxième est « Reportage : la chaîne de montage de la Koenigsegg Agera ! » et le troisième « Baptême de piste en Agera« .

l'usine koenig

L’usine Koenigsegg bâtiment discret, bénéficie pour ses essais, d’une ancienne piste d’avion de chasse !

Entreprise Suédoise récente, mais riche en histoire, le constructeur fait parti désormais du panthéon automobile.

emblemes de koenigsegg

Le logo de la marque est dérivé du blason de la famille datant du XIIème siècle.

Partie de rien, aujourd’hui la marque cumule les records.
Petit saut dans le temps, de plus de 20 ans en arrière…

Années 80-90

Depuis toujours, Christian Von Koenigsegg est fasciné par les machines. Comme beaucoup de garçons, il a même rêvé de créer la voiture de sport parfaite. Créer SA voiture de sport parfaite.
La vue du film d’animation norvégien « Flåklypa Grand Prix », dans un cinéma de quartier, à l’âge de 5 ans,  y est certainement pour beaucoup. Il n’a jamais perdu de vue cet objectif.

le dvd Flaklypa Grand Prix

L’affiche du film déclencheur !

Enfant déjà, il s’amusait à démonter nombres d’appareils domestiques, pour en comprendre le fonctionnement, comment les améliorer, assimiler les nouvelles technologies, etc…

Passant ensuite à l’adolescence sur de la mécanique, notamment sur cycle, où il était réputé pour être le meilleur préparateur de 2 roues de la ville !

Véritable touche à tout, Christian, à force de détermination et de vision, a exploré les limites de la technologie et de l’innovation.
C’est ainsi, qu’aux alentours de 18 ans Christian, fait germer 2 idées dans sa tête.

La première, insensé pour l’époque, stocker l’équivalent d’un disque entier de données ou de musique, dans une puce électronique, afin d’en diminuer le coût et l’encombrement.
A ce moment-là, personne n’y a cru et n’a semblé intéressé. Et pourtant ! Vous connaissez la suite…

La deuxième, tout aussi innovante, consistait en une nouvelle solution pour assembler du parquet, sans adhésif et sans clou, juste en clipsant 2 lames de bois mitoyennes.
Son beau-père, dirigeant une usine de revêtement de sol, à qui il a présenté son invention, a tout bonnement rejeté la trouvaille, prétextant que si l’idée, pourtant si simple, était vraiment viable, elle aurait déjà été inventé par un autre depuis longtemps.
Ne perdant pas espoir, il propose l’idée à d’autres fabricants, mais tous écartent le concept.
En 1995, une entreprise belgo-suédoise fait breveter quasiment la même solution. Aujourd’hui, le système est vendu partout dans le monde & représente une industrie de plusieurs millions de dollars !

Les débuts

S’en est assez ! Lassé de la direction de sa société d’import/export et non découragé par les déceptions de ses premières idées, il est bien décidé à écouter son cœur et franchir le pas de construire enfin, la voiture de ses rêves !
Conscient de la difficulté de l’entreprise, car nombreux sont ceux qui ont essayés avant lui, sans succès. Mais pour lui c’était une véritable mission, créer l’auto parfaite, sans compromis, ne s’imposant aucune limite, ni crainte d’échec. Son cahier des charges est simple : la voiture doit être une 2 places, découvrable (avec hard-top, logeable sous le capot avant), se déplacer aisément en ville, contenir la technologie d’un bolide de formule 1 et capable de performances hors du commun.

dessin premiere voiture koenigsegg

Les premières esquisses sont sommaires, mais l’idée de fond est bien là.

En 1994, à tout juste 22 ans, Christian Von Koenigsegg lance la société qui portera son nom, tout comme les prestigieux constructeurs Bugatti, Ferrari ou Maserati portent le patronyme de leur créateur.
Le 12 août de cette même année, il pose les dessins originels de la première Koenigsegg et qui marqueront toutes les autos qui en découleront.

la première koenig dessinee

C’est David Craaford qui dessinera la première Koenigsegg.

Le premier prototype CC est enfin assemblé après 2 ans de dur labeur, de persévérance, d’imagination, de sacrifices, de persuasion, de talent. En effet, bien aidé par quelques personnes qui, croyant au projet, ont mis la main à la pâte et se contentant de maigres salaires, ont permis à Christian de réaliser son rêve.
Notamment Volvo, qui mettra à disposition son tunnel de soufflerie, pour tous les réglages aérodynamiques.
Il est montré au public pour la première fois sur la Croisette, au festival du film de Cannes, en 1997.

Années 2000

  • En 2000 est présenté au salon de Paris, le proto CC de pré-série, qui fait forte impression. La première usine de production est établie à Olofström.
  • Après avoir été testé durant l’été 2002, la première Koenigsegg de route, sous l’appellation CC8S, est commercialisée et entre en production. La voiture est bel et bien homologuée pour le marché européen.

Christian Koenigesegg a prouvé au monde entier qu’il était possible de réaliser son rêve.
A partir de là, la progression de l’entreprise est fulgurante !

L'entrée de la ville d'angelholm en suède

Ängelholm, petite ville d’à peine 22 000 hab. dans le sud de la Suède, enferme en son sein, l’usine Koenigsegg.

  • En 2003, alors en pleine expansion, un incendie éclate brusquement dans les locaux Koenigsegg…
    Alerté par les pompiers et en chemin pour constater les dégâts, Christian Von Koenigsegg et sa femme Halldora, redoutent le pire.
    Mais quelle ne fut pas leur surprise, lorsque, arrivé sur les lieux, ils virent leurs employés sortir divers matériels et pièces… ! Et surtout 2 voitures ont pu être sauvées. Ce qui donna du courage à la famille Koenigsegg.
    Malheureusement, divers documents personnels et notamment des dessins uniques furent détruits dans le brasier.

Déménagement oblige, ils s’installent à présent sur la commune de Ängelholm, dans les locaux de l’ancienne base militaire de l’unité F10 de la Swedish Air Force, à seulement 10 min de l’usine précédente.

le long batiment de l'armee qui devient la deuxieme usine du constructeur

Les nouveaux locaux de l’usine Koenigsegg suite à l’incendie de 2003, ont d’abord servi l’armée suédoise.

L’escadron Fighter Jet No. 1 avait pour emblème un fantôme. On retrouve ce « Fighter Spirit » sur chaque modèle sorti de cette usine, en hommage.

le "ghost" de koenigsegg

Le fameux fantôme, omniprésent et cher à Koenigsegg, témoignage d’un glorieux passé, apparait sur le fenestron du capot moteur.

  • En 2004 la production, repartie de plus belle, atteint des sommets avec la CCR et 20 voitures fabriquées !
  • 2005, marque un pallier important. Le 28 février, est pulvérisé le record du monde de vitesse, sur l’anneau de

Nardo dans le sud de l’Italie, où les 388,87 Km/h sont atteints ! Le record précédent était détenu par la Mc Laren F1, avec 386,24 Km/h.

la koenigsegg ccr vue de profil

La CCR lors de son record du monde sur l’anneau de vitesse de Nardo.

Pour la petite histoire, le record aurait dû être établi le dimanche 27, mais les conditions météo pluvieuses ont contraint l’équipe à réussir l’exploit que le lendemain. Seulement, ce fameux lundi 28 février, les exposants présents au Salon de l’Auto de Genève doivent livrer leurs véhicules. Le transport se fait en camion, dans la journée. En tout cas jusqu’à la douane.
Les formalités administratives de transport de marchandises prenant un certain temps, Koenigsegg décide de descendre la voiture et de passer la frontière par la route ! Et oui, un véhicule roulant n’est pas considéré comme de la marchandise et par conséquent soumis à quelle que disposition que ce soit !

Le voyage s’est donc terminé ainsi, le bolide arrivant au Palexpo dans un état lamentable, pour un véhicule de salon.

la ccr koenigsegg vue de l'avant

806 ch & 93,7 Nm pour seulement 1180 Kg (à sec). Résultat, un 0-100 abattu en 3,2 sec. et un record à 388 Km/h en pointe !

Koenigsegg s’est engouffré dans la voie, ouverte par Bugatti, avec la Veyron, de la course à la puissance et a désormais sa place dans la sphère très fermée*, des voitures de route d’une puissance à 4 chiffres et passant la barre des 400 Km/h !
* Seul SSC (Shelby Super Cars) avec l’Ultimate Aero, rejoint le duo dans le cercle privilégié.

  • Le premier véhicule de la marque à présenter ces caractéristiques remarquables est la CCXR, commercialisée en2007, avec ses 1 018 ch et 417 Km/h et a définitivement fait de Koenigsegg, un constructeur reconnu et craint par ses pairs.

D’autant plus, qu’elle est la première supercar « écolo ». En effet, elle est la première à utiliser un carburant vert, le bioéthanol E85.
Un modèle compétition en découle, la CCGT. Mais cet exemplaire unique ne suffit pas à Koenigsegg pour s’engager en FIA GT1, où l’homologation impose une production minimum de 350 voitures. Le rythme de production de la marque est bien loin du compte. Ceci dit, les premiers tests s’avèrent très prometteurs. Ce véhicule est néanmoins utilisé pour clore des événements mondiaux, tel que le Goodwood Festival of Speed par exemple.

la voiture de competition de koenigsegg

La CCGT, unique exemplaire, non homologable, mais néanmoins conforme à la réglementation, a été développée pour la compétition.

  • En 2008, la CCX explose également un record, celui du 0-300-0 Km/h, réalisé en seulement 29 sec. !

Temps, qui sera lui-même, anéanti en 2011 par l’Agera, avec un fabuleux 21,19 sec. !!

  • Enfin, une série spéciale voit le jour en 2009, la Trevita (abréviation en suédois signifiant « trois blancs »), éditée en seulement 3 exemplaires. Arborant une livrée blanc diamantée, scintillant sous la lumière du soleil, elle était l’automobile la plus chère de l’année 2010, affichée au tarif de 1,61 M€ (soit 2,2 M$) !
la koenigsegg trevita vue de profil

La Trevita n’est autre qu’une CCXR version « grand luxe ».

le feu arrière de la ccxr trevita

Admirez la peinture scintillante « Koenigsegg Proprietary Diamond Weave » et les splendides feux imitant le diamant.

L’année 2009 voit aussi naitre un modèle à part et surprenant. En partenariat avec la société Suisse NVL Solar AG (spécialiste des panneaux solaires et des batteries), Koenigsegg a développé la Quant (« au sujet de » en suédois). Une astucieuse combinaison de panneaux solaires, sous forme d’enduit, de modules électriques et de batteries spécifiques révolutionnaires dites FAES (Flow Accumultor Energy Storage), permettrait au véhicule d’accomplir des prouesses.

la koenigsegg quant vue de l'avant et de l'arrière

La Koenigsegg Quant promet de belles perspectives d’avenir, avec ses 4 moteurs électriques d’un total de 512 ch, 715 Nm (!) de couple et une vitesse de pointe de 275 Km/h !

  • Pour fêter les 15 ans d’existence, Koenigsegg développe l’Agera, dernière arme fatale de la maison, surtout dans sa version R.

Respectivement « Top Gear Hyper Car of the year 2010 » & « Top Gear Hyper Car of the year 2011 ». Rien que ça !

la koenigsegg agera vue au loin

L’Agera, dernière-née, possède tous les superlatifs !

Aujourd’hui, Koenigsegg possède son propre département R&D à la pointe de la technologie actuelle.

Koenigsegg n’a de cesse, depuis, que de repousser toujours plus loin les limites.

Christian Von Koenigsegg s’efforce d’établir une relation très simple et très humaine avec ses clients, qu’il peut recevoir à tout moment sur site. Il reste très accessible, tant avec la clientèle qu’avec les employés ou les différents visiteurs, dont nous avons eu l’honneur de faire partie. C’est aussi une des raisons pour laquelle Mr Koenigsegg ne souhaite pas grandir trop vite, et ainsi pouvoir garder ce contact si particulier.

la tête de monsieur christian von koenigsegg à bord de l'une de ses voitures

Christian Von Koenigsegg, l’homme qui réalisa son rêve, après 22 ans de projet !

Pour lire la suite : Reportage : la chaîne de montage de la Koenigsegg Agera !