Saviez-vous que les limitations de vitesse que vous croisez quotidiennement au volant de votre auto ont été décidées il y a… 40 ans ? Oui, à l’époque où l’ABS, l’ESP, la direction assistée, les airbags et toutes les aides électroniques actuelles – qui sont si nombreuses qu’il serait difficile de ne pas en omettre – n’existaient pas. A peine la moitié des voitures étaient capables de dépasser la barre des 150 km/h et la crise pétrolière menaçait.

panneau de limitation de vitesse à 10 km/h

Des limitations de vitesse qui évoluent toujours dans le même sens : à la baisse (jusqu’où ?) avec bien souvent un radar installé pour piéger l’automobiliste – (crédit : Frédéric Bisson)

Le gouvernement dirigé par Pierre Mesmer décide de prendre plusieurs mesures alors que la France détient le triste record de près de 17 000 morts sur les routes et que le prix du baril de pétrole atteint des sommets.

Afin de réduire la mortalité routière, il est décidé en 1972 que le port de la ceinture de sécurité sera obligatoire à l’avant, le port du casque obligatoire pour les motards tandis que les sanctions à l’encontre du franchissement de stop ou de ligne blanche sont durcies.
Dans le but de diminuer la facture énergétique française, la décision est prise de généraliser les limitations de vitesse. Ainsi, les routes sont fixées à 100 km/h et les autoroutes à 120 km/h. L’année suivante, les limitations sont celles que l’on connait à l’exception des villes qui ne seront concernées par les 50 km/h qu’à partir de 1990.

statistiques mortalités et mesures sécurité routière

Retour en arrière sur 40 années de mesures pour endiguer la mortalité routière – (crédit : L’Argus)

Alors que la Sécurité Routière n’a jamais été autant critiquée qu’aujourd’hui, L’Argus a effectué un test qui mérite attention tout en relançant le débat sur les limitations : et si l’on comparait un modèle des années 1970 (une Renault R16 TS) avec un modèle du présent (une Renault Laguna). Quel est donc le résultat ?
Comment se comporte une auto du passé face à une production actuelle ? Pourquoi vouloir à tout prix appliquer des limitations décidées avec d’autres technologies, d’autres infrastructures, une formation des conducteurs améliorée et surtout une sécurité passive passée du néant à une presque omniprésence ?

Pour apporter un début de réflexion, le magazine est allé au circuit de Montlhéry (91) aux côtés de l’UTAC faire la confrontations des deux françaises qui ont été comparée sur leur vitesse maximale, leur reprise, leur freinage et enfin leur comportement.

Des tests qui débouchent sur plusieurs questions telles que supprimer les limitations dans certaines conditions (voir également l’étude sur l’assoupissement et la vitesse), les moduler à d’autres endroits en fonction de la circulation, météo, de l’état du réseau, … Par conséquent, on ne peut ignorer les changements de ces dernières décennies sans reconsidérer les panneaux de limitation qui peuplent le près d’un million de kilomètres de bitume français.