Les Japonais ont toujours su prouver qu’ils n’étaient pas en permanence sages, voire… coincés. Et cela concerne aussi bien les habitants de l’Archipel que leurs constructeurs automobiles. Ces derniers nous impressionnent régulièrement avec des véhicules osés.

Sur la voie du Juke

Mais ce sont souvent des concepts ou des modèles à petite diffusion. Quand vient le moment de dessiner une voiture grand public, la raison l’emporte. Toyota était ainsi le spécialiste de la voiture banale, qui sous prétexte de plaire au plus grand nombre, ne faisait aucune vague… quitte à ne plaire à pas grand monde.

Les choses ont changé. L’homme à la tête de la marque, Akio Toyoda, a souhaité donner aux designers une plus grande liberté. Cela a commencé par la petite Aygo (lire notre essai), au look très manga. Aujourd’hui, la firme pousse le bouchon encore plus loin avec le crossover C-HR !

Toyota C-HR Geneve 2016

La marque justifie son choix de faire très original par la volonté de se démarquer sur un segment de plus en plus encombré. Toyota veut attirer la clientèle à la recherche d’un véhicule différent, que l’on remarque. Cela ne vous rappelle rien ? Le Nissan Juke bien évidemment !

Clivant (euphémisme)

Mais à côté du C-HR, le Juke serait presque normal. Toyota a poussé l’idée à l’extrême, quitte à franchir la ligne de la caricature. C’est simple, on aime ou on déteste. Les proportions de tous les éléments sont volontairement exagérées. Les phares avant (entièrement à LED) sont ainsi immenses, les passages de roues généreusement gonflés, la lunette très inclinée…

Le profil est fortement nervuré. Selon Toyota, cet aspect est inspiré d’un diamant. Ces flancs rappellent les productions de la marque luxe de Toyota, Lexus. Preuve que le design a primé sur la fonction, la vitre arrière est une meurtrière… et la visibilité pour les manœuvres s’annonce catastrophique. Toyota a parfois confondu originalité et bizarrerie inutile, à l’image de la poignée de porte arrière en position haute !

Toyota C-HR avant Geneve 2016-5 Toyota C-HR avant Geneve 2016-2 Toyota C-HR arriere Geneve 2016

Avec un tel extérieur, on se demande comment peut-être l’intérieur. Mais à ce niveau, c’est la déception. Toyota n’a rien dit et rien montré. Au Salon, un seul véhicule était exposé, inaccessible sur un plateau tournant. Au moins, il reste de la curiosité.

Disponible en hybride

Nous en savons plus sur la fiche technique. Le C-HR repose sur la nouvelle plate-forme globale de Toyota, inaugurée par la Prius 4. Ce n’est pas la seule chose qu’il emprunte à la compacte hybride : il lui reprend son moteur. La C-HR sera ainsi disponible en version écolo… ce qui n’est pas un cas unique chez les crossovers urbains, puisque Kia vient de présenter le Niro.

L’ensemble hybride/électrique développe 122 ch. Il est associé à une boîte à variation continue, dont nous ne sommes pas fans, mais Toyota promet de gros progrès à ce niveau. La marque annonce aussi que les qualités routières seront au goût des conducteurs européens, les plus exigeants au monde.

Toyota C-HR avant Geneve 2016 Toyota C-HR arriere Geneve 2016-3 Toyota C-HR profil Geneve 2016

Pour ceux qui ne sont pas tentés par l’hybride, Toyota proposera le nouveau bloc essence 1.2 turbo de 116 ch. Mais aucune offre diesel n’est au programme. Après les citadines, ce sont donc les compactes qui commencent à renoncer au gazole !

Produit en Turquie, le C-HR devrait arriver dans les concessions en fin d’année.