La présentation du nouveau Scénic à Genève marque la fin d’un cycle pour Renault, celui de son renouvellement à vitesse grand V, lancé fin 2012 avec la Clio IV. Kangoo excepté, et dans l’attente du lancement de variantes comme le Grand Scénic, toute la gamme Renault a été revue sous la houlette du designer Laurens van den Acker.

Gamme Renault 2

Une transformation qui a rajeuni l’image de la marque et redonné l’envie d’acheter une Renault pour d’autres considérations qu’un prix promo ou un garage proche. Le plus dur est à venir pour le Losange. Il faut maintenant consolider cette nouvelle base et, surtout, l’améliorer pour éviter l’effet de mode passager. Voici les 5 points sur lesquels le Losange doit désormais progresser.

1- Vraiment soigner la finition

Renault a beau clamer que ses dernières réalisations ont fait de gros progrès, la marque est encore loin du compte en matière de finition. Attention, ici, il est question de la qualité à bord des autos. Côté fiabilité, la firme n’a pas à rougir face à la concurrence, même si les soucis électroniques sont de retour depuis le nouvel Espace (lire notre essai), qui inaugurait une foule de nouveaux équipements chez Renault.

habitacle Renault Espace V

Pour le Losange, le problème de qualité a deux visages. D’un côté, des petits modèles vraiment indignes, de l’autre, des grands véhicules dont les détails ne sont pas soignés. En ce qui concerne les modèles d’entrée de gamme, Renault a fait le choix d’une finition à minima pour améliorer la rentabilité des autos. Mais le Losange a vraiment poussé le bouchon loin et les mécontentements se multiplient parmi les propriétaires de Clio et Captur. Attention au contre-coup au moment où les clients changeront de voiture.

Pour les grandes autos, beaucoup d’éléments sont bâclés dès que l’on baisse les yeux. Certes, Renault reste un généraliste et n’a jamais souhaité concurrencer Audi. Mais la réalité est éloignée des discours, surtout quand on met en avant un audit chez Mercedes pour l’Espace… Le Losange doit corriger le tir. Peugeot fait par exemple nettement mieux. Espérons que le Losange apprenne de la future Alpine, que l’on nous promet irréprochable.

2- Muscler les moteurs

Les Talisman et Espace plafonnent à 200 ch en essence et 160 ch en diesel ! L’imposant crossover en est presque sous-motorisé. Les gros rouleurs fuient devant une offre de moteurs aussi pauvre. Alors oui, les blocs costauds représentent une faible part des ventes. Mais ils sont importants pour l’image.

Moteur Renault dCi

Que l’on se rassure, Renault n’a pas eu besoin de cet article pour en prendre conscience ! Il faut juste de la patience. Pour l’essence, le quatre cylindres 1.8 turbo que le Losange met actuellement au point pour la nouvelle Alpine devrait se répandre. Si la déclinaison la plus puissante, de 300 ch environ, sera réservée à la Mégane RS, on espère que le modèle 250 ch ira se glisser sous le capot des Talisman et Espace.

Pour le diesel, un nouveau 2.0 dCi biturbo est dans les cartons. Et celui-ci pourrait d’ailleurs être déjà connu. La nouvelle Mercedes Classe E a été présentée avec un inédit 2.0 diesel de 194 ch. Ce moteur pourrait être commun avec Renault, de la même manière que l’étoile s’est appropriée les plus petits blocs gazole du français.

3- Moderniser l’équipement

Avec le nouvel Espace, présenté fin 2014, Renault a comblé un important retard technologique, du moins sur le papier. Le nouveau porte-drapeau de la marque inaugurait ainsi chez Renault le système de stationnement mains-libres, les feux de route automatiques, la suspension pilotée, les différents modes de conduite Multi-Sense… Ces dispositifs ont ensuite été repris par la Talisman et la Mégane.

Mais la technologie évolue sans cesse. Quasiment deux ans plus tard, certains équipements sont déjà dépassés face à des dispositifs de la concurrence plus évolués… ou pire, ne font pas vraiment leurs preuves lors de leur utilisation. Les ingénieurs du Losange ne doivent absolument pas attendre la nouvelle génération de ces véhicules pour une mise à jour.

molette Renault Espace V

Signe encourageant : le nouveau Scénic peaufine déjà le contenu techno. Il va ainsi inaugurer chez Renault le freinage d’urgence avec détection de piéton, l’alerte de fatigue et l’assistant maintien de voie avec correction de trajectoire. Certes, ces équipements sont connus ailleurs. Mais le Losange nous rassure quand à sa capacité d’évolution. Il faut maintenant ne pas rater le prochain virage technologique, avec notamment les systèmes d’autonomisation de la conduite. A Renault de proposer ces technologies en même temps que ses concurrents généralistes.

4- Passer le virage de l’hybride

Il y a 8 ans, Renault ne voulait entendre parler que des électriques, pensant que cette solution enterrerait rapidement les hybrides. Pari à moitié raté, car si les électriques sont encore marginales en 2016, leurs ventes augmentent petit à petit et Renault profitera à l’avenir d’une légitimité sur ce secteur.

Mais à ce jour, la solution technique écolo la plus efficace reste l’hybridation, surtout lorsqu’elle est rechargeable. Un domaine où le Losange est totalement absent. Et il faudra encore attendre pour que les choses changent. La première Renault plug-in devrait être le Kadjar en 2018 ! Consolation pour Renault, ses concurrents Peugeot et Citroën ne feront pas mieux.

En attendant, Renault met en avant l’hybride light qu’il développe sur le dCi 110 et qui devrait être prêt en fin d’année. Il s’agit d’un petit système électrique qui apporte un supplément de couple lors des fortes sollicitations sur l’accélérateur, pour éviter de faire grimper le thermique dans les tours.

Renault hybride

5- Savoir faire évoluer petit à petit le style

Renault peut dire merci à Laurens van den Acker. Grâce au travail du designer néerlandais, les produits du Losange font envie et la gamme est cohérente avec une vraie personnalité. Le plus difficile est pour maintenant : imaginer les remplaçantes de ces nouvelles Renault. Une chose est certaine, Laurens van den Acker l’ayant confirmé : les futurs véhicules feront évoluer le design actuel par petites touches, pour créer des lignées de produits sans rupture, à la manière de ce que pratique Volkswagen… depuis des années.

Mais il faudra éviter de tomber dans deux pièges : s’auto-caricaturer, un peu comme l’a fait Peugeot pour le renouvellement des 206 et 307 avec des 207 et 308 qui forçaient inutilement le trait, et ne pas lasser la clientèle.

Gamme Renault