Chose promise, chose due ! Citroën vient de dévoiler l’auto électrique qu’il promettait en marge de la COP21.

Une toute nouvelle auto ? Pas vraiment…

Les bruits de couloir l’imaginaient basée sur la Bolloré Bluesummer, et c’est effectivement le cas ! Pour rappel, ce dérivé découvrable de la Bluecar – constituant notamment le parc Autolib’ à Paris –, a été présenté fin… 2013… et commercialisé un an plus tard. Comme sa sœur berline, elle s’est très largement orientée vers l’autopartage, cette fois dans le Sud-Est pendant été ! En cause notamment, une batterie Lithium Métal Polymère (LMP) qui demande à rester le plus branchée possible… sous peine de se décharger, et ce, sans rouler ! Une utilisation de point A à point B est alors idéale…

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Depuis, PSA a noué un partenariat avec Bolloré et il était question que Citroën vende cette sorte de Méhari des temps modernes dans ses concessions (c’est bien le cas)… avant que ne débarque un concept Cactus M transformant le sympathique C4 Cactus (lire notre essai) que l’on connaît en auto de plage ! Malheureusement non destinée à la série, voici que cette e-Méhari fusionne le tout ! Basée techniquement sur la Bluesummer, elle en reprend l’allure globale tout en gagnant des optiques proches du Cactus, les dimensions (3,81 m), son intérieur (évolution de celui de la Bluecar, volant spécifique notamment), mais surtout son moteur électrique de 68 ch et sa batterie LMP, technologie développée par le Groupe Bolloré. Elle lui permet de développer entre 100 km (extra-urbain) et 200 km (urbain) d’autonomie, rechargeable en 8 h en 16A sur les bornes domestiques ou Autolib’ ou 13 h sur prises domestiques, en 10A.

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L’auto permettra d’atteindre 110 km/h, une vitesse de pointe pas bien éloignée de celle de la Méhari originelle. La délicieuse sonorité du bicylindre est remplacée par le sifflement électrique ! Une filiation que Citroën veut rappeler avec des couleurs vives : un vert rappelant fortement le concept Cactus M, des jaune et orange vifs, et un beige plus discret (des teintes que l’on trouve couramment sur l’ancêtre !), une capote amovible (noire ou rouge-orangée) à diverses configurations, quatre places avec une banquette rabattable à l’arrière, des nervures dans les portes rappelant celles de l’ancienne, un châssis surélevé pour aller pique-niquer dans les bois sans crainte, une carrosserie thermoformée rappelant le plastique ABS de l’originelle, et ainsi montrer une belle résistance au temps et… au quotidien. Enfin, un détail et non des moindres, l’auto se lave intégralement au jet d’eau, grâce notamment à des garnissages de siège imperméables en TEP  (beige ou rouge-orangé). Cette Méhari des temps modernes cède au passage à la mode des crossovers d’un certain côté, en adoptant des élargisseurs d’ailes, bas de caisse et pare-chocs noirs. L’auto sera disponible au printemps 2016 aux alentours de 22 000 €, sans compter le bonus de 6 300 € et les frais de location de batterie.

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De bonnes intentions donc de la part du constructeur aux chevrons mais, et bien malheureusement, nous avons du mal à nous montrer enthousiastes ! Une telle auto plaira ou ne plaira pas et tout jugement sera forcément subjectif… De mon côté, j’avais été séduit par le concept Cactus M, continuité ludique et somme toute logique du convaincant produit qu’est le Cactus de série (retour à la simplicité contrastant avec l’essentiel de la production, sans laisser de côté la technologie de notre époque, des idées déjà assez Méhari non ?), et proposant une jolie idée de la Méhari moderne… Aujourd’hui, en utilisant la recette Bolloré, Citroën semble ici largement porté sur les économies… Difficile de ne pas retrouver, malgré tous les efforts des designers, la Bluesummer, qui sera d’ailleurs sa voisine de chaîne de production dans l’usine PSA Peugeot Citroën de Rennes. Et qui dit Bluesummer, laisse entendre des prestations bien moyennes, pas d’airbags (ABS et ESP intégrés ici), une finition très sommaire, pour une apparence toujours frêle. “Jouet ou vraie voiture ?” Une déception pour ce qui formait une actualité attendue chez le constructeur… Aussi, quand le cousin Peugeot continue de développer une 308 hybride de 500 ch, Citroën est condamné à attendre… et notamment la future C3 fin 2016, avant la remplaçante de la C5. Quand DS de son côté est toujours très tourné vers la Chine (nouvelle DS 4S) et nous réserve de plutôt maigres restylages (le standing y gagne, ce que le caractère peut y perdre) sur DS 4 et DS 5, pour patienter. Abcmoteur espère vraiment pouvoir être fier des futures productions françaises Citroën et DS à venir, et n’en doute pas au vu des performances de Peugeot. Mais que l’attente est longue ! A suivre.