La 85ème édition du salon de l’auto de Genève verra la dernière Bugatti Veyron produite. Les 450 unités prévues ont été écoulées, chacune avec les spécifications que son propriétaire désirait. Cette La Finale, outre un nom qui sent le réchauffé, promet encore plus d’exclusivité et de personnalisation.

Clin d’œil au premier exemplaire

L’ultime Veyron est basée sur une Grand Sport Vitesse. Pour ceux qui ne parleraient pas le langage Bugatti, cela signifie que c’est un croisement entre la Grand Sport (version roadster de la Veyron) et la Super Sport (version boostée). Comme pour la toute première Veyron à être sortie des chaînes de production de Molsheim, elle est rouge et noire, Stendhal serait heureux. Sauf qu’ici, les couleurs sont en fait de la fibre de carbone peinte. La marque se vente d’ailleurs d’être un des seuls constructeurs à proposer huit teintes différentes de carbone. Les prises d’air et l’intercooler, d’ordinaire chromés, sont ici peints en noir, pour la première fois. Les jantes, biton elles aussi, sont spécifiques. Pour finir avec les détails extérieurs, deux inscriptions « La Finale » (je ne me fais décidément pas à ce patronyme) couleur rouge italien ont été peintes sur la carrosserie : une sur le bouclier avant, l’autre sur le dessous de l’aileron arrière déployable.

vue 3-4 avant Bugatti Veyron La Finale Geneve 2015 vue 3-4 arriere Bugatti Veyron La Finale Geneve 2015

L’intérieur, cocon douillet et raffiné, joue la carte du contraste avec l’extérieur. On retrouve le rouge (que ce soit pour la console centrale en carbone ou le volant en cuir), mais le noir laisse place à un beige clair du plus bel effet, qui imposera à son propriétaire de conduire avec des chaussons s’il ne veut pas tâcher les tapis de sol immaculés. Entre les sièges se trouve la sculpture de l’éléphant Bugatti. Pour la petite histoire, l’éléphant a été créé par Rembrandt Bugatti, frère du fondateur de la marque qui lui s’appelait Ettore, et il a servi de bouchon de radiateur pour la Bugatti type 41 Royale dans les années 1920. Depuis, il est un symbole de la marque.

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Le monde de l’excès

Les chiffres relatifs aux performances, donnés sans contexte, ne veulent rien dire. Quand on parle de ceux d’une Veyron qui est équipée d’un W16 quadriturbo de huit litres de cylindrée, c’est encore plus vrai. Les Grand Sport Vitesse sont données pour 1 200 chevaux, avec un couple titanesque de 1 500 Nm que la boîte de vitesse DSG doit digérer tant bien que mal. Vous n’arrivez pas à imaginer ce que cela représente ? Un 0 à 100 km/h en 2,6 secondes par exemple, merci les quatre roues motrices. A titre de comparaison, un cycle respiratoire (inspiration et expiration complète) réclame entre 4 et 5 secondes chez l’adulte au repos. Violent. Vous passez par hasard sur le tarmac d’un aéroport et souhaitez effectuer une pointe à 410 km/h ?  Faites donc, mais sachez qu’à cette vitesse le plein de 100 litres ne tient pas le quart d’heure, ce qui donne une consommation approximative de plus de 100 litre aux 100 kilomètres. Ah, et il vous faudra ensuite changer les 4 pneus (6 000 € l’unité) et faire réviser les jantes à cause des force subies.

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Vous l’aurez compris, posséder une Veyron ne se résume pas au ticket d’entrée qui tourne en moyenne autour des 2,3 millions d’euros. Qu’importe, la passion est intacte et Bugatti aura réussi à écouler tant bien que mal les 300 coupés et 150 roadsters prévus. Mais alors Bugatti, c’est fini ? Point du tout, un nouveau modèle est en développement depuis quelques années déjà, et il ambitionne de faire mieux que sa grande sœur.