Obligatoire depuis le 1er novembre 2012, l’étiquetage apporte un vrai plus au consommateur pour le choix de ses pneus, c’est indéniable. Toutefois, la situation n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît, d’autant plus que certains fabricants en profitent pour exploiter de manière peu scrupuleuse ce nouvel indicateur…

Les 3 mesures du marquage européen

Un pneu est très complexe. Le nombre de marques et de modèles de pneus présents sur le marché ne facilitent pas la tâche au moment de l’achat, car un pneu reste rond et noir vu extérieurement quelque soit ses performances intrinsèques…

Comment s'y retrouver et déjouer les pièges ?

Comment s’y retrouver et déjouer les pièges ?

Pour y voir plus clair, l’Europe a mis un étiquetage qui donne deux notes sous le format d’une lettre « énergétique » et une note chiffrée. Ce sont la consommation, le freinage sur route mouillée et le bruit de roulement extérieur qui sont mis à l’épreuve.

La question que l’on peut se poser, c’est quelle différence entre chaque note énergétique qui n’est pas chiffrée ? Et entre un pneu émettant 72 décibels et un autre 69 ? Nous verrons que l’oreille humaine entendra suivant une règle algorithmique, le faible écart de décibels est donc trompeur.

Passons d’abord à la loupe l’ensemble des indicateurs pour ensuite mieux les comprendre.

1) La résistance au roulement

Celle-ci impacte directement votre consommation de carburant. Elle est classée de « A » à « G », mais la lettre « D » (neutre) n’est pas présente. Voici les écarts de consommation suivant la note obtenue par le pneumatique :

Dans le cas de la pire notation (la lettre "G"), le surcoût aux 100 km sera d'environ 1 € pour du SP98 à 1,60 €

Dans le cas de la pire notation (la lettre « G »), le surcoût aux 100 km sera d’environ 1 € pour du SP98 à 1,60 €

2) Le freinage sur route mouillée

Ici, c’est la capacité de la gomme à freiner court sur une chaussée détrempée. Cela détermine donc le niveau de sécurité offert par le pneu. Le test est réalisé à 80 km/h et les notations présentent des différences importantes :

Entre un "A" et un "G", la différence en matière de sécurité est notable !

Entre un « A » et un « G », la différence en matière de sécurité est notable ! La lettre « D » (neutre) n’est pas présente

3) Le bruit de roulement extérieur

Pour cette mesure, il faut bien comprendre que c’est uniquement le bruit perçu à l’extérieur (par un microphone placé à 7,5 m de la route) qui est pris en compte, pas ce qui est perçu par vous dans l’habitacle, mais ce sera lié. Le véhicule est lancé à 80 km/h.

Trois pictogrammes accompagnés d'un nombre en décibels (dB) agrémentent l'étiquette de performances d'un pneu

Trois pictogrammes accompagnés d’un nombre en décibels (dB) agrémentent l’étiquette de performances d’un pneu

Il faut lire ces trois seuils comme suit :

  • 3 ondes : bruit conforme à la norme en vigueur actuellement
  • 2 ondes : – 3 dB par rapport à 3 ondes, soit un bruit divisé par 2 pour l’oreille humaine (conforme au futur seuil de 2016)
  • 1 onde : – 3 dB, par rapport à 2 ondes, soit bruit encore divisé par 2 pour l’ouïe ( – 3 dB par rapport du futur seuil de 2016)

Quelle note privilégier en premier lors de l’achat du pneu ?

Si ces trois notes apportent une certaine aide à nous automobilistes, il ne faut pas omettre qu’un pneu est bien plus que ces trois paramètres. On peut citer en vrac : la longévité, le maintient des performances originelles dans la temps, la solidité de l’enveloppe, le freinage sur route sèche, le ressenti dans le volant, …

Ainsi, il n’est pas recommandé de se fier qu’aux seules étiquettes. Surtout que certaines marques pratiquent la course à l’étiquette et tout le reste (longévité, adhérence sur sec, …) en pâtit. Des tests sur les pneus été et hivers sont régulièrement mis en place par la presse et des organismes indépendants, profitons-en !

Les pneus obtenant AA sont encore des prototypes

Les pneus obtenant AA sont encore des prototypes

Enfin, sachez qu’un pneu qui obtient la note « AA » (carburant et pluie) n’est pas possible aujourd’hui. Des fabricants le proposent, mais au bout de 1 000 à 2 000 kilomètres, la bande de roulement perdra son efficacité sur le mouillé.

Entre 1 € de carburant en plus au grand maximum tous les 100 km avec un pneu « G » en consommation et 18 mètres de plus sous la pluie (soit la longueur de quatre voitures et une vitesse d’encore 29 km/h pour un pneu « G » contre un pneu « A »), il faut sans hésiter choisir les modèles de pneus avec une note comprise entre « A » et « B » pour le freinage sur le mouillé, c’est votre sécurité qui en dépend.

De la fraude sur les étiquettes ?

Le problème dans tout ce système sensé venir au secours du consommateur, c’est que ce sont les fabricants eux-même qui doivent se noter ! Un cas de fraude a déjà été relevé pour une marque exotique sur un modèle de pneu hiver… Et sachez que contrôles sont rares et coûteux pour des gammes qui changent régulièrement…

Dirigez-vous vers les marques reconnues qui ont une réputation à tenir.

Vidéo explicative résumant l’étiquetage

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