Skoda Octavia Combi RS TDI : l’équation parfaite ?

Le destin ? Oui, peut-être. Toujours est-il que dès sa présentation au bien connu Festival de Goodwood l’été dernier, l’Octavia RS alias « la Skoda la plus rapide de l’histoire » m’avait déjà tapé dans l’œil. Ce n’est sans doute qu’un pur hasard, mais les présentations presse de ce modèle ont eu lieu en région lyonnaise (ma région natale) et notamment sur le circuit du Laquais, une bonne idée de sortie dominicale pour les amateurs du coin ! Bref, quand Adrien – le grand boss d’Abcmoteur – m’a parlé de ce break sportif, je n’ai pas hésité à effectuer mon devoir de jeune essayeur !

essai Skoda Octavia Combi RS

La plus mature des Octavia RS

Nouvelle Octavia en berline et break Combi, Superb et Yeti restylés, Rapid et sa toute jeune déclinaison Spaceback à cinq portes et bientôt Octavia Scout (NDLR : la vraie variante tout-chemin de l’Octavia), Skoda n’arrête pas ! Oui, la marque tchèque en avait marre d’être le parent pauvre du groupe Volkswagen, et depuis cette Octavia et une stratégie remaniée (logo, slogans, publicités), elle sort de l’ombre.

Skoda Octavia Combi RS bleu racing

Octavia Combi RS

profil Octavia Combi RS

Et comment ! D’une superbe robe Bleu Racing, notre break vitaminé ne s’en laisse pas compter, le design bien sobre de la jeune Octavia en est revalorisé. Ainsi, le nouveau bouclier avant aux prises d’air en nid d’abeille s’associe parfaitement aux belles jantes anthracites de 18’, au bouclier arrière abritant deux sorties d’échappement (sans doute les plus réussies du groupe VW) et au discret spoiler de toit – bien plus subtil que le becquet de la berline – pour incontestablement valoriser ce break.

Octavia Combi RS TDI

arriere Octavia Combi RS

jante 18 pouces Octavia Combi RS

Auparavant Octavia en jogging, la version RS affirme désormais son appartenance au sommet de la gamme Octavia. La signature des feux de jour et des feux arrière ainsi que le pack design noir (rétroviseurs et calandre noirs) parachèvent un design réussi et qui a une certaine classe en version Combi.

Un accueil quatre étoiles

A bord, un habitué de Volkswagen ou d’Audi ne sera pas perturbé. La console centrale est classique, sobre mais raffinée. Aussi, seul le logo Skoda au milieu du volant trahira l’appartenance à la marque tchèque ! Ou sinon, sortez votre loupe. Oui, il faut bien que Skoda ait rogné certains points pour diminuer la facture. Ainsi, si la planche de bord est très bien finie, la finition est plus inégale sur les contre-portes et en bas de console. Un client Audi sera indigné mais un client « lambda » s’en accommodera sans problème !

interieur Octavia Combi RS

Nous regretterons néanmoins le recul d’ergonomie par rapport à ce que l’on a pu connaitre dans le groupe VW. Le volant multifonction commence à être un peu surchargé, il y a même deux façons de changer de station de radio ! De même, l’ordinateur de bord, s’il est très complet, est parfois un peu complexe.

pommeau vitesse Octavia Combi RS

Le gros hic de cette Skoda est alors le GPS. Ses graphismes sont très quelconques et il n’est pas un modèle de rapidité ! Au démarrage, il prend son temps pour s’initialiser, et ensuite pour calculer trois temps de parcours (le plus court, le plus rapide, notamment). Il faudra alors quitter encore une fois la route des yeux pour sélectionner un de ces trois parcours. Digne d’un des premiers TomTom mobiles… C’est d’autant plus dommage que l’écran est tactile et assez réactif. Il reprend la faculté du système de la Golf VII (voir notre essai) qui affiche les sous-fonctions du menu en cours en approchant la main de l’écran. De même, une énorme boussole vient envahir l’écran dès chaque démarrage, pourquoi ? Peut-être que ces défauts sont réparés sur le système haut de gamme Colombus avec toujours le GPS Europe mais un écran de 8’ au lieu de 5’8 et un disque dur interne de 64 Giga. Skoda n’en fait toutefois pas cadeau en le facturant 1 190 € alors que le GPS d’entrée de gamme est de série, étrange…

ecran tactile Octavia Combi RS

Le système audio est quant à lui de qualité, il est presque inutile – comme chez ses cousins et contrairement à PSA – d’aller chercher l’installation haut de gamme optionnelle. La synthèse vocale n’est malgré tout pas aussi performante… Aussi, si vous voulez appeler Théo, vous appellerez Eglantine !

sieges Octavia Combi RS

Mais qui dit Skoda ne dit pas que du « Volkswagen moins » ! Aussi, des petites trouvailles « intelligentes » (dixit le slogan de la marque pour les distraits) existent et agrémentent le quotidien. Nous pouvons citer la raclette pare-brise logée dans le couvercle de réservoir d’essence bien utile lors des hivers rudes, le plancher de coffre réversible pour ramener les skis, gibiers de la chasse ou autres, ou encore l’éclairage aux pieds des passagers qui complète idéalement le doux éclairage d’ambiance. Des petites trouvailles simples mais futées.

places arrieres Octavia Combi RS

coffre Octavia Combi RS

A l’arrière, les passagers sont choyés. Ils peuvent profiter pleinement du grand toit ouvrant panoramique mais aussi d’un espace aux jambes royal et aucun problème de promiscuité avec leurs voisins. Le coffre pourra aussi accueillir tous leurs achats, bagages, clubs de golf, raquettes de tennis, chiens, commodes (rayer la mention inutile) avec ses 610 litres ! Seul le confort un peu ferme pourra perturber leur sommeil (même équipée du train arrière multibras perfectionné et réservé aux Octavia de plus de 180 ch)… MAIS IL N’EST PAS QUESTION DE DORMIR DANS UNE OCTAVIA RS, MOTEUR !!!

moteur octavia combi rs tdi

Un sacré coffre (bis)

En tournant la clé (oui le démarrage mains-libres est optionnel ; il a le mérite d’exister !), se réveille bel et bien un diesel ! Oui, il est cocasse de noter qu’il n’existe aucun signe distinctif entre le moteur essence 2.0 TSI 200 et son homologue TDI 184. Rien, même pas un logo ! En comparaison, le premier modèle diesel de la gamme sportive d’Audi, le SQ5, ose montrer qu’il carbure au diesel par plusieurs sigles TDI sur le hayon et les flancs avant. Skoda, « simply clever » (simplement intelligent) oui c’est sûr !

Skoda Octavia Combi RS TDI

Petite déception, bien que le 2.0 TDI ait énormément progressé en adoptant la rampe commune, il conserve son mauvais caractère à bas régime en étant un peu vibrant et bruyant, notamment à froid. Mais c’est sans doute pour mieux créer la surprise ensuite ! Quelle pêche ! De quoi donner la banane au conducteur… Trêve de plaisanterie fruitée, il se réveille de manière franche à 1500 tr/min – bas régime tout à fait honnête sur un diesel – pour ensuite se renforcer à 3000 tr/min et continuer à pousser jusqu’à largement 4500 tr/min.

Vous pourrez tout à fait monter à 5300 tr/min pour mieux vous rappeler de l’agrément d’un essence, mais vous y perdrez au chrono (0 – 100km/h en 8 s 4). De même, ces jolies montées en régime pour un mazout sont accompagnées – en mode sport du programme de conduite – de l’activation du générateur de son qui vous fera presque croire à un Boxer Subaru essence !

Octavia Combi RS TDI 2014

Avec cette voiture, plus d’inquiétude lors des dépassements sur nationale, un coup de 4 voire même de 3ème vous fera décoller et étonnera plus d’un conducteur de se faire « enrhumer » par une Skoda ! Oui, nous sommes en 2014 et qui veut encore se servir d’un levier de vitesses devra s’accommoder d’une boite longue… Ainsi, nous n’utiliserons la 6ème vitesse qu’en cruisant sur autoroute à 130 km/h pour un régime de 2200 tr/min. La consommation moyenne de l’essai aura été de 6.8 l/100kms, ce qui est correct, car sans aucune recherche d’éco-conduite !

La voiture est donc équipée d’un sélecteur de différents modes de conduite Drive Select permettant de choisir selon son humeur entre Eco, Normal, Sport et Individual, permettant de régler « à sa sauce ». L’assistance de direction, le moteur (pas probant, mis à part le bruit, l’accélérateur a l’air de même consistance), la climatisation et les feux au xénon (si, si) sont impactés. La climatisation a donc un mode sport !

Skoda Octavia Combi RS

Globalement, la direction est précise et assez ferme. Les modes Eco et Normal l’assouplissent pour la ville, idéal pour les manœuvres où le bon rayon de braquage fait merveille et presque oublier les 4 m 69 de l’engin (merci le radar de recul arrière) ! L’agrément général des commandes est de haut niveau même si l’embrayage peut paraitre un peu brutal au début ou la boite qui parait un peu plus rêche que d’habitude, chez ses cousines du groupe.

Le moteur à la santé de fer donne du fil à retordre au train avant. La motricité, particulièrement dans nos conditions d’essai humides, et même aidée du différentiel électronique XDS du groupe, est perfectible, allant jusqu’à patiner en 3ème à plus de 100 km/h ! De quoi rêver d’une transmission intégrale, réservée au TDI 150… En la brusquant en accélérant en virage, j’ai été agréablement surpris par le bon réglage de l’ESP qui stabilise parfaitement la voiture et corrige le sous-virage provoqué, pas de mauvaise surprise. Aussi, nous ressentons cette perte d’adhérence dans la direction par des vibrations et sans réactions floues : une direction assez informative, bon point !

Skoda Octavia Combi

Sinon, à haute vitesse et sur route ondulée, la voiture tend à tirer des bords, alliance sans doute d’une suspension un peu souple dans ces conditions et d’une direction floue au point milieu (notable sur autoroute également). De quoi regretter l’absence de la suspension pilotée DCC qui fait des merveilles chez VW  – dont Skoda n’a pas encore droit – et pourrait raffermir ou assouplir le tout selon l’humeur, adaptée au Drive Select. Le freinage est performant et le toucher de pédale est impeccable. En bref, une bonne routière mais pas encore vraie sportive ! Justement, hasard du calendrier, Abcmoteur avait l’Octavia le jour du roulage à La Ferté-Gaucher de l’EFT.

LFG EC-01 Skoda Octavia Combi RS

Inutile de vous dire que l’idée de tester l’Octavia sur piste nous a traversé l’esprit avec Adrien. Mais nous n’avons pas franchi le pas, constatant la motricité perfectible en sortie de rond-point sur route ! L’emmener sur piste nous aurait sans doute conduit à d’amples sous-virages et autres pertes de motricité. Néanmoins, nous réfléchissons sérieusement sur Abcmoteur à rouler sur circuit avec des voitures sympathiques ! Nous préparerons alors tout cela en règle et en avance. Fermons la parenthèse circuit.

Notre véhicule d’essai était-il allégé pour des performances optimales ?

Faisons un petit point sur l’équipement. J’étais sur le point de noter que l’Octavia manquait d’équipements véritablement technologiques avant… de faire un tour sur le configurateur ! Aussi, rassurez-vous, vous pourrez équiper votre Octavia comme sa cousine Golf VII – mis à part le DCC donc. Régulateur de vitesse adaptatif, sellerie cuir, freinage automatique d’urgence, assistance de parking semi-automatisée PARK ASSIST, assistant de feux de route, assistant de maintien de voie LANE ASSIST, hayon électrique, accès et démarrage sans clé et… rétroviseurs rabattables électriquement ! Ces trois derniers équipements sont donc mesquinement en option, ce sont des choses que nous aimerions trouver en série en 2014. Toutes ces options sont cependant facturées au prix doux.

Pourquoi dépenser plus ?

Bien moins chère qu’une Passat SW TDi 177 (6 240 € tout de même, 8 cm plus longue mais 45 dm3 de coffre de moins !), une A4 Avant TDi 177 (6 070 €, même longueur, 130 dm3 de moins) et même la Golf avec le même moteur (berline GTD : 2 040 € de plus ; SW TDi 150, 2 960 € moins chère, 13 cm de moins, 5 dm3 de coffre de moins), elle offre pour 32 140 € d’excellentes prestations aussi bien d’accueil aux passagers que routières. Et puis, son look rassurera ceux qui craignent d’acheter tchèque !

vue arriere Skoda Octavia Combi RS

Ainsi, moins « bling-bling » qu’une Audi, moins sérieuse qu’une VW, et plus statutaire qu’une Seat, l’Octavia Combi RS semble avoir résolu l’équation parfaite !

Vidéo de l’essai

Photos prises en partie aux abords du circuit de la Ferté-Gaucher (77, http://www.circuitslfg.fr/), merci à eux.

  • 7 Responses

      • Nax

        Skoda pas fiable !! Vous rigolez j’espère, actuellement sur le marché vous avez OPEL et SKODA qui les marques autos les plus fiables du marché !! Acheter OCTAVIA, c’est acheter sûr.

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    1. Séb

      Avant de mettre des commentaires sans savoir, il faudrait pour cela posséder un produit du groupe Volkswagen !
      Je possède une Octavia en finition Praha 2.0 TDI DSG reprogrammée (187CV) depuis septembre 2007 achetée neuve, à ce jour elle totalise 125.000 kms et je n’ai jamais eu le moindre problème dessus !
      A bon entendeur.

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      • REVENIAUD

        Je suis échaudé j’ai tellement vu de capots levés sur ces véhicules pour des remplacements de culasses et de boites automatiques, ça refroidit. Et ma soeur, qui avait une golf en a soupé et bien d’autres, les calssements fiabilité situent bien le produit, je suis par contre bien heureux pour vous.

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        • zineke

          Venant d’une octavia rs premiere du nom je suis passé a une c4 picasso pour raison familliale car pied lourd et bambin c pas top

          Mon octavia seul capot levé c’etait pour l’entretien , ma picasso par contre merci le contract d’entretien …. et merci les C4 de remplacement

          Bon aussi les capots lever c’est pour les debiles qui arrivent a fond de balle , se gare et coupe le contact sans laisser le turbo un peu calmer ses nerfs …

      • Mika

        Très bon rapport qualité / prix / puissance pour cette octavia TDi.
        le moteur diesel à rampe commune est plus fiable que les version à injecteur-pompe.

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    2. reveiaud

      C4 PICASSO disiez-vous, vous tombez bien, j’en ai eu quatre et zéro problème, les volkswageen, audi, skoda ont la pire fiabilité de l’histoire de l’automobile récente, regardez auto plus en date du 10 01 14, audi 19 ème sur 20 au classement fiabilité, révélateur !

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