Apparu en 2003, le Touran, monospace compact de Volkswagen, sera remplacé en 2015. Restylé en 2006 et 2010, pourquoi ne pas rendre hommage au grand frère à succès de la Golf (plus d’1,5 million d’exemplaires vendus) ? Etant amené à conduire régulièrement un modèle de 2004, cette dernière génération équipée de la réputée boite DSG m’a intrigué… Direction le circuit de La Ferté-Gaucher où Adrien de votre blog favori et son compère Greg testaient les aptitudes dynamiques de leurs « béhèmes » !

Bling-Bling ? Non, pas pour lui !

Le style du Touran n’a jamais beaucoup fait couler d’encre. Mais dans son cas, et avec le blason qu’il porte, cela n’a jamais été un inconvénient. Après la grande calandre chromée du premier restylage héritée de la Passat VI, le Touran est revenu à plus de retenue lors de son deuxième restylage, en reprenant l’inspiration de la Polo V et la Golf VI pour l’avant et le dernier Touareg pour l’arrière. Sérieux, il l’est, mais ce n’est pas au détriment d’un certain standing, même en l’absence des phares bixénon leds optionnels. Le brun Graciosa de cette version lui convient bien de surcroit.

volkswagen touran phase 3 2012

vw touran brun Graciosa

Le sérieux comme marque de fabrique

Ceux qui le trouvent trop sérieux à l’extérieur ne seront pas surpris à bord : noir et gris ! Mais, là encore, cette finition Match présente un motif de tissu fort élégant, il est pourtant rare d’apprécier une simple sellerie de cette matière. L’habitacle, de qualité Volkswagen, s’est modernisé ; l’écran multifonction semi-tactile d’entrée de gamme est déjà de bonnes dimensions, et, Volkswagen oblige, l’ergonomie est reine. Du volant multifonction à l’écran multimédia, en passant par la climatisation automatique, toutes les commandes s’apprivoisent naturellement – mention spéciale pour trouver les stations services les plus proches. Nous regretterons en revanche une position de conduite surélevée, typique d’un monospace et pas toujours agréable, qu’il est difficile de rectifier par une amplitude de réglages insuffisante.

planche de bord touran

volant touran

console centrale vw touran

gps touran 2012

Transition toute trouvée, l’avantage d’être monospace est que l’habitacle brille par son espace à bord, son vaste coffre de 695 l, sa luminosité produite par le toit panoramique ouvrant (NB : comme toujours chez VW, le filet anti-remous est trop efficace…)  et ses rangements corrects ; sa modularité étant pour le coup un peu dépassée en nécessitant de démonter les sièges de rang 2). Le Touran et son 4 m 40, se targue aussi d’avoir l’un des meilleurs rapports encombrement-habitabilité de sa catégorie, les strapontins de rang 3 optionnels proposant autant de place que dans un 5008, 10 cm plus long. Aussi, dans un gabarit compact, vous pourrez toujours épater vos amis par l’ingéniosité allemande (sièges escamotables apparus sur l’Opel Zafira en 1997) en embarquant un ou deux passager(s) supplémentaires « dans le coffre », à l’improviste !

La boite DSG : vaste débat

Le Touran essayé, de 2012, était une évolution en tout point de son « ancêtre » que je connais bien : Boite DSG6 contre BV6, moteur TDI 140 à injection directe à rampe commune dans un cas et injecteurs-pompes dans l’autre. Première impression : le Touran s’est bien adouci ! Les grognements et vibrations de l’ancien TDI se sont volatilisés comme par magie. Toujours plus sobre (5,2 l mixte) et performant (0-100 en 9 s 9), le nouveau a gagné en souplesse ce qu’il a perdu en caractère avec la disparition de l’effet turbo « on-off ». Les quelques sensations que l’on pouvait avoir appartiennent au passé ! Dommage… La direction est aussi beaucoup plus souple à basse vitesse, ce qui se marie bien en ville avec le gabarit compact du modèle. Maintenant, que vaut cette boite DSG ? On a tout d’abord en tête deux idées : l’idée commerciale qui associait à son apparition en 2004 (Golf R32 et TT 3.2 Quattro) la rapidité d’une boite mécanique et la douceur de son homologue automatique et l’idée de la presse qui la trouve en générale trop « extrême », trop « sport » ou trop « confort ». Malheureusement, je rejoins assez l’avis de la presse, ne confirmant qu’en partie l’idée commerciale. En mode Drive, elle passe les rapports tout en douceur et sans rupture de couple – par le jeu des deux embrayages pour les rapports pairs et impairs. Problème : on se retrouve vite en 5e à 50, là où le moteur grogne et où toute demande de relance correcte se soldera par un kickdown brutal. Je me souviens alors de la DSG7 d’un taxi Skoda Octavia qui tombait un rapport sans à-coup à la moindre déclivité … Le kickdown cherchera aussi la puissance aux abords de la zone rouge alors qu’il est préférable, sur un diesel, de privilégier le couple à mi-régime…

boite dsg6 touran volkswagen

Le mode sport permet une meilleure réactivité et sera moins tourné vers le sous-régime.  Mais, en effet, en pleine charge, il ne passera pas le rapport avant la zone rouge, là où le TDI, bien que conciliant, n’apportera pas beaucoup de performances. La gestion du mode manuel est en revanche parfaite même si nous regrettons l’anti-ergonomie du levier – mode manuel à droite de la grille et on pousse le levier pour monter les rapports et inversement, alors que la logique voudrait l’inverse, BMW l’a compris – et le passage automatique du rapport supérieur dès 4500 tr/min n’est pas grave vu la vocation du Touran ! La boite s’accommode en revanche moyennement du Stop&Start de cette version Bluemotion : le système (démarreur renforcé) souffre déjà de la comparaison avec le brillant concurrent de PSA (alternateur réversible) par son temps de réaction et ses vibrations supplémentaires. Mais, alors que sur une boite mécanique, le fait d’embrayer laisse au moteur le temps de démarrer, ici, on exige un moteur actif dès le lâcher de la pédale de frein. Le rampage s’exécute alors de façon assez aléatoire et l’à-coup est inévitable.

essai conduite vw touran

Volkswagen a visiblement travaillé le confort du Touran même si je l’ai encore trouvé assez ferme. L’avantage de ce parti-pris est néanmoins de proposer un bon comportement routier, sans roulis exagéré, bien loin de son « bateau » de concurrent : l’ancien C4 Picasso !! Papa pressé ou papa douillet, il faut choisir …

Encore de beaux restes

Finalement, ce Touran reste toujours d’actualité. Avec ses équipements modernes (écran tactile), sa ligne sobre mais élégante, son gabarit compact et un couple moteur-boite agréable, notamment en région parisienne, il continue de tracer sa route et il ne faut pas s’étonner d’en voir autant dans la rue ! Son remplaçant ajoutera des sièges de rang 2 escamotables et les dernières technologies de la Golf VII pour lui redonner un accès au podium de la catégorie.

volkswagen touran iii tdi 140

Tarif 2014 : Volkswagen Touran 2.0 TDI 140 FAP BlueMotion DSG6 Confortline 31 630€ (+ 150 € de malus)