La Coccinelle est LA voiture du peuple, c’est bien connu… Conçue par un certain Ferdinand Porsche à la demande d’Hitler dans les années 30 pour une production débutant en 1938, elle est devenue un mythe roulant, un véritable succès, largement médiatisé par les studios Walt Disney Pictures…

essai Coccinelle GT Cox TSI 160

Après une New Beetle née en 1998 très (trop ?) portée sur le marché nord-américain et trop peu pratique et dynamique pour l’exigeante clientèle européenne, voilà que la Coccinelle a adopté fin 2011 la plate-forme aboutie de la Golf VI en se musclant copieusement. Comme un objet de mode, elle adopte depuis quelques mois une « Collection 2014 » avec quatre finitions Origin, Art, Couture et GT COX, tantôt axées sur la nostalgie, la personnalisation, le raffinement ou la sportivité. Nous avons pu essayer sur les routes de l’Ile de Ré la version GT COX équipée de l’intéressant 1.4 TSI 160 ch : A-t-elle autant de caractère que son look le laisse paraître ?

Une Coccinelle plus virile !

Moins haute, toute en étant plus large et plus longue, et dotée d’un toit « aplati », la dernière Coccinelle est bien plus dynamique que sa devancière, de quoi attirer davantage d’hommes en concession ! Elle présente tout de même toujours de jolies courbes et ne trahit pas l’esprit originel de la voiture.

vue 3-4 AV Coccinelle GT Cox

vue 3-4 AR Coccinelle GT Cox

Cette nouvelle finition GT COX se distingue notamment par l’adoption du Pack R-Line disponible en option sur la finition Sport. En plus de l’aileron arrière de cette dernière, Il ajoute des jantes de 18’ et de nouveaux boucliers avant et arrière plus sportifs, l’arrière bénéficiant d’un « effet extracteur » : sympa ! Notre finition rajoute à ce pack des décorations latérales de carrosserie – disponibles en rouge, vert et gris –, des rétroviseurs de couleur assortie à ces dernières, une double sortie d’échappement chromée, ainsi qu’un toit et un dessus de spoiler arrière obligatoirement noirs du plus bel effet, apportant dynamisme et légèreté au design. Une belle illusion d’optique : le toit n’est pas ouvrant (toit panoramique disponible en option) ! Les phares avant sont très travaillés et réussis avec led et xénon.

avant Volkswagen Coccinelle GT Cox

arriere Coccinelle GT Cox

A l’arrière, ils présentent aussi un dessin agréable. Nous avons donc une Cox’ dynamique, au look plus sportif sans tomber dans l’extravagance, même s’il faudra peut-être assumer les décorations latérales pas franchement discrètes ! De quoi sérieusement rappeler une lointaine cousine Porsche 911 qui en arborait de très similaires sur sa déclinaison Carrera RS en 1973 ou encore la 997 GT3 RS ! Rappelons alors que la 911 est l’évolution de la 356 qui était fortement basée sur la petite Coccinelle ; nous restons dans la famille, pas de scandale à signaler !

jante 18p GT Cox 2014

Retrouve t-on son esprit fun à bord ?

A bord, moins d’extravagance. Vous retrouverez une console centrale très typée Volkswagen : très sérieuse, avec des aérateurs un peu tristes, mais aussi très ergonomique. Pour sa Coccinelle, Volkswagen a tout de même fait l’effort d’apporter de la joie de vivre ! Ainsi, le volant est très sympa et pratique avec son méplat et ses commandes au volant ; la planche de bord et les panneaux de porte adoptent un bandeau de couleur carrosserie, agrémenté de surcroit du logo GT COX sur la pratique et vintage deuxième boite à gant. Pour l’ambiance sport-rétro, la GT COX reprend les trois compteurs additionnels de la motorisation 2.0 TSI 210 : température d’huile moteur, pression du turbo, et même un chronomètre, un délire du marketing ! Sens du détail, le pédalier est en aluminium, bon point ! A côté, les compteurs repris de la gamme standard font un peu « gentillet » : j’aurais aimé un compte-tours plus grand pour être plus raccord avec l’esprit visiblement sportif de l’auto.

habitacle Coccinelle GT Cox

interieur Coccinelle GT Cox

Petite déception néanmoins au niveau de la qualité de finition de cette voiture : avec un produit Volkswagen, nous avons le droit d’être exigeants et il se trouve que les plastiques sont bien durs même en partie supérieure de planche de bord ! Dommage, notamment quand on sait que sa sœur donneuse, la Golf VI, est exemplaire à ce point. Idem, le cuir d’aspect sympathique m’a semblé moins qualitatif au toucher que ses sœurs de gamme, dommage.

places arriere VW Coccinelle GT Cox

En ayant le gabarit de sa sœur Golf, elle n’en a toutefois pas les mêmes aspects pratiques, sacrifice du style ! Aussi, mieux vaut ne pas avoir de passagers arrière trop exigeants : les dossiers sont assez verticaux et fermes et la largeur aux épaules n’est pas très importante. Ils ont tout de même un espace convenable en garde au toit et pour les jambes. Avec 310 dm3, le coffre présente lui un volume honnête, sans plus, mais suffisant pour partir en week-end à quatre.

manometres Coccinelle GT Cox

L’intérieur de cette Coccinelle  rassemblera  au final les « pro-VW » amateurs du sérieux de la marque et ceux qui espéraient retrouver le fun de l’extérieur à bord.

Dynamique à conduire, pas sportive

Avec un joli look bien virilisé, il est temps de voir ce que « Choupette » a dans le ventre ! Pas si vite, il faut déjà sortir de Paris… Il semblerait que la Coccinelle est aussi impatiente que nous de quitter ce terrain assez hostile : son moteur 1.4 TSI de 160 ch couplé à la boite robotisée à double embrayage souffre de quelques à-coups au démarrage ou au passage de la seconde. A croire que la boite est en mode Sport d’office ! Calme-toi ma Choupette…

poupe VW Coccinelle GT Cox

La direction se révèle tout de même très douce dans les manœuvres en paraissant déjà assez informative et l’amortissement est du genre ferme ! Nous remercierons la présence du radar de recul : la visibilité arrière n’est pas excellente, et les épais montants n’aident pas !  Le moteur est sinon bien plein dès les bas régimes en associant à l’injection directe d’essence un compresseur pour ces bas régimes et un turbo qui vient le soutenir à mi-régime et le supplanter à haut-régime. Une association apparue sur la Golf V GT en 2006 dans une déclinaison de 170 ch et ensuite développée dans une gamme de 140 à 185 ch. Un moteur novateur remplacé petit à petit par le 1.4 TSi COD à désactivation partielle de deux cylindres et simple turbo, gage d’intéressants progrès en consommation.

Une boite DSG toujours perfectible…

Nous retrouvons la célèbre boite DSG sur cette voiture et donc ses qualités et défauts… En positif, la boite se montre toujours infaillible en temps de passage de rapport, garantissant des mises en vitesse sans rupture de couple à la fois efficaces et dont l’absence d’à-coups ravit les passagers ! Hélas, elle manque toujours d’intelligence face à une vraie boite automatique.

vue profil VW Coccinelle GT Cox

En Drive, elle passe presque les rapports à chaque dizaine de vitesse correspondante  (40 km/h en 4e) en Drive, ce qui n’est en soit pas embêtant en rythme tranquille, d’autant plus que ce moteur essence évite avec bonheur les vibrations à très bas régime des diesels TDi de la marque – qui sont toujours présentes malgré d’immenses progrès. Le problème vient alors de la latence de la DSG au kickdown. Il faut alors appuyer sur l’accélérateur à 30 % pour rétrograder un rapport, 60 % pour deux, et plein gaz pour un vrai kickdown, non sans à-coups ! Dommage, nous qui espérions voir la boite aussi bien rétrograder qu’elle monte les rapports !

 … mais un moteur ayant son petit caractère !

Au moment d’hausser le rythme, le TSI jusque-là très silencieux se réveille et emplit l’habitacle d’une sonorité bien agréable. Le passage de relais des différents acteurs de suralimentation se fait légèrement ressentir par de micro à-coups, mais rien de dramatique.  En tout cas, ce moteur a la santé et garantit de vigoureuses montées en régime et… quelques pertes de motricité! La boite montre quant à elle désormais ses excès en mode Sport. Elle laisse alors trop le moteur tourner à haut régime, là où le TSI commence à perdre de l’efficacité, – à se demander si on n’a pas une CVT parfois – et prend son temps avant de constater que le conducteur stabilise son allure et qu’il est temps de passer le rapport supérieur. Un mode adapté à la « grosse attaque », en rétrogradant promptement en entrée de virage, ce qui n’est pas vraiment la vocation de l’auto…

compteurs Coccinelle GT Cox

Aussi, comme tout moteur downsizé, le moteur se révèle être plus à l’aise à mi-régime, là où turbo et compresseur s’associent ; une zone de régime que l’on finit par explorer en mode manuel en profitant de la rapidité de la boite ! Les palettes sont alors séduisantes, (on peut d’ailleurs aider la boite à tout moment en automatique) même si elles sont un peu petites et inaccessibles en virage serré. Le mode manuel laisse tout de même passer la boite passer les rapports à 6 000 tr/min, un régime que l’on ira de toute façon rarement chercher de manière naturelle sur ce moteur. Des palettes que l’on préférera au levier  pas très ergonomique (mode manuel du côté du passager … et dans le mauvais sens). L’échappement se fait quand même bien discret et ne produit pas le « braap » qu’on pouvait attendre lors des passages de rapports express de la DSG. La fenêtre ouverte, le moteur laisse place aux amples sifflements du turbo, ambiance !

Ne la prenez pas pour une sportive

Au niveau du comportement, la Coccinelle montre quelques kilos en trop… Aussi, sa suspension sèche à bas régime ne freine pas assez le roulis en virage. Ajoutez à cela une direction qui, bien que plus ferme avec la vitesse, est encore trop légère et vous obtiendrez une voiture agréable à conduire dans les grandes courbes en jouant aux palettes avec un moteur volontaire, mais pas adaptée aux courses de côte !

nouvelle Coccinelle GT Cox

Sur autoroute, la voiture se montre très stable et confortable et voit son moteur tourner à 2 500 tr/min à 130 km/h en 7e, un bon étagement ! Seuls des bruits d’air au niveau du pare-brise se font entendre mais vous pourrez les effacer avec le système audio Fender optionnel et ses 1 000 W (à partir de 600 €, pourquoi s’en priver ?) dont nous n’étions hélas pas équipés. Le système d’origine est tout de même très honnête, « Deutsche Qualitat » dirons-nous !

Coccinelle GT Cox

Le moteur TSI a du caractère … qu’il fait un peu payer à la pompe ! Il sera alors difficile de tomber sous les 8 L/100kms en conduite mixte coulée mais l’on dépasse très facilement les 10 l en ayant le pied plus lourd ! Sur route et autoroute en stabilisé, nous pouvons quand même remercier le 7e rapport de la DSG qui nous autorise un honnête 7 l/100 km. Une consommation que l’on a surveillée via l’ordinateur de bord un brin surchargé de menus : pourquoi ne pas lui réserver uniquement les infos de conduite et de navigation et placer les autres paramètres au sein du système multimédia ? L’ergonomie en souffre.

Notre Coccinelle « GT Cox » début au prix de 28 950 € et s’affichait ici pour le modèle essayé à 30 745 € avec le pack B-Classy (Keyless Access + Sellerie en cuir « Vienna » sur sièges chauffants).

Choupette a bien grandi

Au final, cette Coccinelle est incontestablement la plus fun de la gamme Volkswagen ! D’un point de vue purement objectif, elle cherche quelque peu sa route entre confort et sport, par un ensemble moteur/boite agréable – inutile à priori d’aller chercher le 2.0 TSi 210, le 160 est très suffisant et déjà adapté à une conduite dynamique –, mais ne travaillant pas toujours très finement. La suspension est également trop ferme à basse vitesse et sans doute pas assez à haute vitesse ! Volkswagen nous a tout de même sorti une Coccinelle mature, aboutie, tout en profitant du sérieux de sa donneuse la Golf VI. Elle ravira alors les lassés des 500 et Mini mais aussi… de la Golf… cherchant une voiture sympa plus polyvalente et pratique que les deux starlettes des beaux quartiers.

test GT Cox

Espérons alors qu’elle se voit vite renouvelée pour profiter de la récente plate-forme modulaire MQB du groupe qui fait le bonheur de la Golf VII  (voir notre essai) et qui lui ferait perdre ses quelques kilos en trop ! Elle adopterait aussi les dernières évolutions mécaniques – la désactivation partielle des cylindres en premier lieu – qui la rendrait un peu plus sage en consommation. L’occasion de noter tout de même qu’un moteur déjà très innovant et abouti a été rendu obsolète par une tout autre technologie sans que la concurrence n’ait le temps de réagir ! Un témoin de la fantastique puissance du groupe VW…

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