Souvenez-vous, nous l’avions essayée en avril dernier ! Nous avions alors trouvé la partenaire idéale pour les petites routes exigeantes de Bourgogne, avec un moteur performant, un châssis très efficace et un amortissement de qualité. Le bonheur ? Pas tout à fait… Il manquait à cette voiture ce petit grain de folie capable de déclencher un grand sourire à tout amateur de voiture sportive ! De qui parlons-nous ? De la Peugeot 208 GTi bien sûr !

essai Peugeot 208 GTi 30th

En collaboration avec Peugeot Sport, la marque au lion a revu sa copie à l’occasion des 30 ans de sa culte héritière, la 205 GTi. Alors, plus épicée cette 208 GTi 30th ou simple coup marketing ?

Vous la trouvez toujours trop sage ?!

On a beaucoup reproché à la 208 GTi d’être trop sage, tant dynamiquement qu’esthétiquement… Il convient alors de rappeler que la 208 s’est simplement adaptée à son époque et que la 205 en son temps n’était pas non plus délurée ! Aussi, elle adoptait une allure de sportive discrète, sans négliger son niveau d’équipement. Avec cette 208 GTi 30th, Peugeot assume pleinement la sportivité !

Peugeot 208 GTi 30th

avant Peugeot 208 GTi 30th

Ainsi, tous les éléments chromés « chics » sont ici traités noir mat. Citons l’entourage de calandre, les enjoliveurs d’antibrouillards, les coques de rétroviseurs et l’entourage inférieur des vitres. En s’inspirant de sa délurée cousine DS 3 Racing (voir notre essai), les bas de caisse et élargisseurs d’aile perdent la couleur carrosserie de la GTi pour du noir mat également, et la lionne adopte apparemment la double sortie d’échappement de sa cousine.

logo capot Peugeot 208 GTi 30th

optique avant Peugeot 208 GTi 30th

logo custode Peugeot 208 GTi 30th

poupe Peugeot 208 GTi 30th

Si l’on regarde plus précisément, on note que la voiture est bien plus assise sur la route avec des roues qui affirment leur présence… Pas de mystère, les voies sont élargies ! Notons que Peugeot a dû apposer des déflecteurs en plastique sur  les passages de roues arrière, pour passer les normes ! La voiture adopte de superbes jantes noir mat 18’’ reprenant sur une marque rouge le nom du modèle, qui se retrouve aussi sur les inserts de custode, rappel de la 205 GTi. Impossible de manquer à l’avant les étriers de frein rouges Peugeot Sport de 323 mm de diamètre ! Il va y avoir du sport, impossible d’en douter désormais, non ?

vue 3-4 arriere Peugeot 208 GTi 30th

Pour parachever le tout, Peugeot a osé sortir la « coupe franche » présentée sur les concepts Onyx, 308 R, Exalt et Quartz. Elle présente ici un noir mat texturé à l’avant et un rouge verni à l’arrière, en option à 1 100 €. On aura sinon le choix avec un Blanc Perle nacré ou un Rouge Rubi métallisé.

Maintien renforcé

Dans l’habitacle, là-encore, Peugeot semble être allé piocher du côté de la DS 3 Racing avec des baquets siglés Peugeot Sport très comparables, gages d’un meilleur maintien. Ils sont ici en alcantara, TEP et tissu noir et teintés de rouge.

habitacle Peugeot 208 GTi 30th

siege baquet Peugeot 208 GTi 30th

appui tete siege baquet Peugeot 208 GTi 30th

Peugeot a sinon eu la bonne idée d’abandonner sur cette version le plutôt clinquant dégradé rouge et noir brillant des aérateurs et poignées intérieurs pour un noir brillant traversé d’une fine rayure rouge.

interieur Peugeot 208 GTi 30th

compteurs Peugeot 208 GTi 30th

seuil porte Peugeot 208 GTi 30th

Nous retrouvons sinon une plaque témoin de la série limitée du modèle à côté du rétroviseur. L’habitacle est sinon toujours agréable, moderne par l’écran tactile et bien fini avec une qualité de matériaux honorable et des surpiqûres rouges du plus bel effet.

Plus efficace et joueuse, que rêver de mieux ?

Peugeot Sport s’est donc penché sur la 208 GTi : en découlent nombre de modifications, tant côté châssis, que côté moteur. L’assiette a été abaissée de 10 mm, les voies élargies de 22 mm à l’avant et de 16 mm à l’arrière. Le 1.6 THP a été mis à jour pour Euro 6 (il adopte le Stop&Start) et grimpe à 208 ch à 6 000 tr/min pour un couple maximal de 300 Nm à 3 000 tr/min (contre 200 ch et 275 Nm).

Peugeot 208 GTi 30th circuit Dreux

La petite dévergondée reprend aussi la boite manuelle à 6 rapports à l’étagement plus court et le différentiel à glissement limité (DGL) Torsen de la première création Peugeot-Peugeot Sport, la RCZ R (voir notre essai). Direction et amortissement ont également été raffermis. Voilà pour la théorie.

Peugeot 208 GTi 30th blanche

En pratique, Peugeot France a eu la brillante idée d’emmener des 208 GTi standard pour permettre la comparaison entre les deux versions. Nous embarquons alors pour quelques tours avec la GTi « chic » que nous connaissons bien.

profil Peugeot 208 GTi

Elle nous remontre alors ses caractéristiques bien connues : un moteur déjà très performant et coupleux, une direction douce mais informative, un bon châssis, et un train avant accrocheur capable d’une bonne motricité. Attention toutefois, quand on augmente le rythme sur la piste, chaque freinage dégressif déclenche très vite l’AFU (Assistance au Freinage d’Urgence) en allumant les feux de détresse, ce qui chatouille l’ABS. De plus, le train avant commence à céder au sous-virage et aux pertes de motricité, tandis que le train arrière refuse d’aider à tourner, même ESP déconnecté. Une bonne base donc, mais qui laisse un peu sur notre faim en attaque.

arsouille Peugeot 208 GTi

C’est donc impatients que nous embarquons dans la version « upgradée » GTi 30th ! Tout de suite, la sonorité de l’échappement donne l’ambiance quand la direction est clairement plus ferme !

On accélère progressivement la cadence, et premier étonnement : alors que la GTi standard élargissait doucement la trajectoire, celle-ci suit nos désirs avec précision, refusant en grande partie le sous-virage ! En entrée de virage, la combinaison train arrière raffermi et anti-dévers reculé rend la voiture bien plus agile de l’arrière-train, non sans nous surprendre au freinage (!), ce qui fait déjà tourner la voiture. Le frein se révèle être plus progressif et efficace (pédale plus ferme, disques avant de 323mm, étriers Brembo à 4 pistons fixes).

Peugeot 208 GTi 30th circuit

En sortie de virage, le DGL permet une excellente motricité et une bien meilleure directivité, en freinant la roue intérieure qui patine et redistribuant le couple sur la roue extérieure. La direction plus ferme et informative resserre encore le lien que l’on a avec la voiture. On exécute nos trajectoires au scalpel grâce aussi au choix de pneus Michelin Pilot Super Sport, avec quelques remontées de couple typiques d’un DGL Torsen, dispositif qui travaille ici beaucoup !

profil Peugeot 208 GTi 30th

Côté moteur, le gain de couple  plus que le gain de puissance  et la boite plus courte, nous permettent de repartir bien plus vite des épingles, un régal ! On enchaîne alors les tours avec beaucoup de plaisir ! En action, le moteur se fait donc plus sonore, même si on aimerait entendre une voix plus mélodieuse.

Seul bémol à mon goût à ce cocktail bien plus épicé, la boite de vitesses. Si elle doit être très correcte au quotidien, elle manque d’un peu de précision sur la piste. Elle accroche souvent au passage de la 3ème notamment, dommage. Même si des progrès ont été effectués dans le groupe PSA, on n’a pas encore atteint la qualité des boîtes mécaniques du groupe VAG !

208 GTi 30th

Pour finir la démonstration du talent des ingénieurs Peugeot et Peugeot Sport, Grégory Guilvert nous a offert de redoutables baptêmes sur la piste ! Il court en Blackpain Endurance Series et GT Tour sur Audi R8 LMS. Le pilote a également offert son expertise à Peugeot Sport pour les 208 T16 Pikes Peak  rien que ça ! , RCZ R et 208 GTi 30th  notamment sur la piste de Dreux, tiens donc… Difficile de croire qu’une « petite 208 strictement homologuée route » puisse avoir de telles vitesses de passage en courbe et une telle motricité ! Bluffant !

Peugeot 208 GTi 30th frein a main

Peugeot 208 GTi 30th burn

Peugeot 208 GTi 30th drift

Vidéo de l’essai

Tour du propriétaire, roulage et baptême sur le circuit de Dreux !

Un anniversaire renaissance du sport dans la gamme Peugeot ?

Alors que la 208 GTi pouvait paraître trop bourgeoise, cette version GTi 30th remet le sport en avant ! Plus précise et joueuse, elle semble grimper tout en haut de la catégorie ! Suffisant pour titiller le concurrent au Losange ?! Sûrement ! La guerre serait-elle à nouveau déclarée ?!

En tout cas, cette belle journée était teintée de grands sourires, tant des essayeurs comblés que des équipes Peugeot et Peugeot Sport, fières de leur travail, et il y a de quoi !

test Peugeot 208 GTi 30th

La 208 GTi 30th devait être limitée à 500 exemplaires, le seuil a été relevé à 800 depuis l’accueil favorable du Mondial de l’Auto ! Il serait pourtant assez logique de voir cohabiter ces deux versions de 208 GTi dans la gamme. Nous verrons peut-être arriver toutes ces évolutions techniques sur une 208 R un peu plus puissante ?? Nous n’avons bien sûr pas pu dégoter plus d’informations, mais les grands sourires laissent à penser que le sport automobile est de retour chez Peugeot (et se retrouvera bientôt sur les 308 GT, GTi et R ?) ; ce n’est pas Carlos Tavares, passionné de sport auto, qui va contrer cela !!

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