En 2005 naît une triplette de petites citadines – Citroën C1, Peugeot 107 et Toyota Aygo – bien partie pour affronter avec sérénité neuf concurrentes. Aujourd’hui, le segment s’est bien étoffé avec vingt rivales et notamment des VW Up !, Kia Picanto, Fiat 500 ou Hyundai i10 très compétentes et la menace de LA grande rivale française, la nouvelle Renault Twingo, qui arrive à la rentrée.

essai Toyota Aygo 2014

Il était temps de réagir ! C’est désormais chose faite avec une triplette renouvelée. Nous avons ainsi eu l’occasion d’essayer la petite nippone Toyota Aygo sur les routes de Rotterdam, aux Pays-Bas. En route !

Un X qui ne laisse personne indifférent

Très souvent, les premières photos officielles d’un nouveau modèle ne sont (étonnamment ?) pas toujours à leur avantage… J’oserais dire, totalement subjectivement, que c’était le cas pour la petite Aygo. Une calandre en X, pourquoi faire ? Sur ces seules photos, je trouvais ses deux cousines plus homogènes, certes plus classiques. Mais petit à petit, mon opinion a changé !

Toyota Aygo 2014

Aygo 2014

Je conseille alors aux plus réticents d’aller voir « en vrai » une Aygo x-cite (série spéciale haut de gamme) avec ce superbe coloris Orange Pop contrasté par un « X » et des jantes noir métallisé. Ainsi dotée, la voiture fait preuve d’un beau dynamisme, inédit dans se segment « A » d’entrée de gamme ! La face avant parait donc élargie. Nous avons été plusieurs à avoir été surpris d’être pris en photo par des chasseurs d’images de supercars, normalement plus à la recherche de Ferrari ou de Lamborghini que de petites citadines !

avant Aygo 2014

Le motif en « X » implique alors l’intégration des projecteurs avant effilés et assombris, des feux de jour à Led en bas de bouclier, mais aussi tout un tas de formes triangulaires, renforçant l’agressivité – oui je parle toujours de la petite Aygo – de la face avant. Le profil voit continuer le X sur la partie avant et présente une découpe spécifique de porte arrière, plus dynamique là aussi. L’arrière présente, lui, des feux verticaux très japonisants – je suis de mon côté moyennement séduit –, tandis que le bouclier arrière peint en noir s’harmonise avec le hayon vitré. Tous deux allègent cette partie arrière, hélas ternie par le basique système d’ouverture de coffre en plastique noir.

vue 3-4 ar Aygo II

jante alliage 15p Aygo 2

Toyota nous a expliqué avoir voulu mettre l’accent sur le « fun » et le dynamisme en s’étant inspiré de la culture japonaise des jeunes, notamment les mangas. Les équipes du design voulaient redonner de la couleur aux villes européennes, avec notamment cet Orange Pop, et comme ils ont raison ! Visant donc les jeunes européens, l’Aygo surfe sur la vague de la personnalisation par des « X » blanc, gris ou noir, ainsi que diverses jantes alliage et une possibilité de stickers colorés sur les lames avant et arrière, les baguettes latérales et le toit. La petite nippone présente au final un design acéré et plein de caractère qui séduira ou rebutera, Toyota l’ayant même avoué et recherché pour ne pas laisser indifférent !

Le X noir est à la fois plus discret et plus sportif, une réussite !

Le X noir est à la fois plus discret et plus sportif, une réussite !

Un habitacle bien plus sobre

Après cette «sacrée gueule », pénétrons à bord. Ici, plus de doute, nous sommes bien toujours dans le segment « A »… Inutile d’espérer trouver un quelconque plastique de qualité, c’est toutefois largement excusable vu le tarif de l’auto ! Une sobriété qui détonne tout de même avec l’extérieur. Il ne faudra alors pas hésiter, et encore plus que pour l’extérieur, à jeter un œil à l’offre de personnalisation concernant l’habillage de la console centrale, la baguette de planche de bord ou encore les entourages d’aérateurs et de levier de vitesse. Ainsi équipé, l’habitacle retrouve des couleurs, c’est le cas de le dire ! Le combiné d’instrumentation circulaire est pour sa part sympathique et complet (avec même un voyant de recommandation de passage de rapport sur la boite mécanique) alors que le volant et la console centrale n’ont pas beaucoup d’âme, cette console centrale étant néanmoins rehaussée, le cas échéant, par un moderne écran tactile, encore bien rare dans la catégorie.

interieur nouvelle Toyota Aygo

bvm5 nouvelle Toyota Aygo

tableau de bord nouvelle Toyota Aygo

L’équipement démontre également la réelle montée en gamme de l’Aygo en se montrant exclusif pour le modèle, voire même pour la catégorie ! Ainsi sont proposés – en série ou en option selon les versions – une climatisation automatique, un volant multifonction, un limiteur de vitesse, un efficace écran tactile Toyota x-touch pouvant être associé au GPS intégré ou au système d’appareillage mobile Mirrorlink et un ESP associé au contrôle de motricité. Plus étonnant, nous pouvons trouver un accès et démarrage mains libres, une aide au démarrage en côte, une caméra de recul (!), et une sellerie cuir, inédits sur une voiture de moins de 15 000 € !

ecran tactile nouvelle Toyota Aygo

places arriere Aygo 2014

coffre Aygo 2014

L’Aygo a donc tout l’équipement d’une grande… mais elle ne fait pas de miracle en habitabilité, gabarit oblige (3,46 m contre 3,42 pour sa devancière). Aussi, espace aux jambes et garde au toit ne sont pas fabuleux. Mais il est certain qu’une Aygo ne transporte qu’occasionnellement quatre passagers ! Le coffre est quant à lui en progrès en ayant gagné 29 litres pour atteindre désormais 168 litres sous le cache-bagages, un espace sous le plancher étant disponible.

Une Aygo bien plus mature sur la route

Premier jour, il est l’heure de choisir notre Aygo pour l’essai. Aucune hésitation sur la couleur, ce sera Orange Pop, couleur déjà évoquée plus haut : nous assumerons le fait d’avoir l’Aygo la plus voyante dans les rues de Rotterdam ! Craintifs de l’agrément d’une boite robotisée à ce niveau de prix, mes confères ont eu l’air de la bouder… Voyons voir !

roulage Aygo 2014

Sur notre version d’essai, l’accès se fait mains libres, quel luxe ! Une fois à bord, la position de conduite se trouve aisément, malgré un volant non réglable en profondeur. Le siège, rabaissé sur cette génération, est réglable en hauteur, un privilège dont ne bénéficient pas toutes ses concurrentes. Dès les premiers mètres, on est surpris par l’inconsistance du freinage, ce sera une habitude à prendre. Autre surprise, excellente cette fois : les immenses progrès d’insonorisation et de vibrations ! Une prise en main de Peugeot 107 m’avait montré à quel point on faisait corps avec la machine… pour le meilleur et pour le pire !

nouvelle Toyota Aygo

Toyota Aygo 2

La montée en gamme de l’Aygo se retrouve au niveau du comportement, qui garde toute l’agilité de sa devancière en ville, mais est très stable sur route, où le roulis n’est pas trop important. En cas d’excès d’optimisme, elle sous-vire gentiment et progressivement. La direction est très douce en ville bien qu’un peu trop légère à haute vitesse. Sur autoroute, nous saluons les progrès en insonorisation, le moteur étant tout à fait discret en régime stabilisé.

Toyota Aygo rouge

La boite robotisée simple embrayage fait le travail correctement, il faut juste se faire à l’idée de « dodeliner » de la tête au passage des rapports, typique de ce genre de boite (Abarth 500, BMP6 PSA …) mais nous sommes moins critiques sur ce segment de marché accessible. La boite s’accompagne d’un rampage (ndlr : fait d’avancer doucement au lâcher de pied des boites auto classiques) bien agréable en ville. Sur route et autoroute, elle peut tomber un ou deux rapports sans difficulté, même si nous sommes loin de la fluidité des références du marché traditionnel.

nouvelle Toyota Aygo 2014

Notons que cette boite s’accompagne de palettes au volant, sympathiques quand on veut jouer avec le joyeux petit trois-cylindres en mode manuel. Elles sont aussi pratiques pour pallier au manque d’intelligence de la boite en mode automatique, comme par exemple, lorsqu’elle nous fait la surprise de passer la 3ème en ville et nous prive de frein moteur. Une boite agréable au final, qui hélas, n’est pas associable avec le Stop&Start, mais qui semble très adaptée à une voiture urbaine comme l’Aygo, notamment pour calmer nos nerfs quand le GPS intégré (une spécificité de l’Aygo sur ses cousines qui misent tout sur le MirrorLink, Martin vous en reparlera avec la 108) change d’avis tous les 50 m, voire même perd le sens de l’orientation ! Toyota nous promet des améliorations à venir. Bon point en revanche pour les stridentes alertes radars intégrées, l’Aygo est bien ancrée dans son époque…

Question de boîtes

Le lendemain, changement de voiture pour essayer la boite manuelle. Très vite, nous garderons notre préférence pour la boite robotisée… L’embrayage se montre peu progressif à nous faire finalement sur-accélérer ou sous-accélérer (risque de calage) au démarrage. La boite est quant à elle assez agréable, sans plus.

Toyota Aygo blanche

Toyota Aygo grise

Le principal problème de cette association est que la démultiplication est démesurément longue – ce qui était aussi le cas de sa devancière et de ses cousines – et même plus que son homologue robotisée ! A 100 km/h en 5ème, nous sommes ainsi à 3100 tr/min avec la robotisée contre 2800 pour la mécanique. Au final, nous avons presque l’impression d’une Aygo plus poussive en boite mécanique, à devoir jouer de la boite pour exploiter les 69 chevaux (disponibles à 6000 tr/min) et le petit couple de 95 Nm atteint à 4300 tr/min du 1.0 retravaillé.

Toyota Aygo gris fonce

phare Toyota Aygo II

Les chiffres d’accélération démentent ce fait (sans doute le temps de passage de la boite robotisée) avec 14,3 s pour la mécanique contre 15,5 s pour la robotisée. L’allongement de la boite bénéficie forcément à la consommation, avec une moyenne de 5,4 l il est vrai essentiellement réalisée sur les plates autoroutes hollandaises ! Toyota a fait le choix de se passer du moteur 1.2 Puretech 82 ch de ses cousines françaises, le 69 ch étant suffisant selon eux. Nous sommes d’accord, même si un moteur plus performant lui donnerait plus de polyvalence sur les grands axes.

arriere Toyota Aygo II

Plus fun, mais pas moins sérieuse

Au final, passé un premier contact un peu frais avec cette troublante calandre en « X », nous avons été témoins de la belle montée en gamme de la petite citadine de Toyota (qui proposera d’ailleurs comme ses jumelles tricolores un toit ouvrant début 2015). Agile en ville où son petit gabarit et son trois-cylindres volontaire font merveille, rassurante sur route et autoroute, et très bien équipée, la petite Aygo séduit !

feux arriere Toyota Aygo 2014

Ayant fait le choix de l’originalité, elle présente une politique tarifaire plus généreuse que ses cousines avec une fourchette de tarifs s’échelonnant de 10 500 € à 15 000 €. Entre une 108 bourgeoise, une C1 sympathique et une Aygo originale, il y en a pour tous les goûts !

Vidéo de l’essai

Présentation extérieure et intérieure de la voiture :