Après 6 ans d’existence, la précédente génération du Sportage a tiré sa révérence pour laisser place à un nouveau millésime bourré d’ambitions. Et pour cause : le crossover est tout simplement le modèle plus vendu de la marque. Le constructeur coréen n’avait clairement pas le droit à l’erreur ! Verdict ? Eh bien le résultat est concluant, pour peu que vous choisissiez la bonne configuration, et je compte bien vous y aider.

Kia Sportage GT Line & Premium

Plastique dynamique

Honnêtement, je n’aurais pas aimé pas être à la place des designers de Kia quand ceux-ci se sont vus confier la réalisation du nouveau Sportage. « Bon les gars, vous voyez notre best-seller ? Oui ? Eh bien vous faites un truc encore mieux, parce qu’il faut marquer les esprits. Vous avez 4 heures. No pressure ». Je confesse avoir un peu exagéré la manière, mais le message devait être sensiblement le même ! Toujours est-il que le produit fini est agréable, très dynamique et se démarque assez de son cousin le Hyundai Tucson (Hyundai et Kia faisant partie du même groupe) pour avoir une vraie légitimité.

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Le Sportage propose désormais une inédite version GT Line qui se démarque des autres finitions par un look plus affirmé. On note par exemple des blocs antibrouillards composés de quatre LED, des jantes de 19 pouces spécifiques, deux sorties d’échappement chromées et des sabots de protection de bouclier à l’avant comme à l’arrière.

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Dans les versions autres que GT Line, le Sportage se veut un peu plus consensuel et plus proche de celui qu’il remplace, sans pour autant perdre de ses charmes. Les jantes alliage de 17 pouces sont en série dès le deuxième niveau de finition.

Le Sportage en finition Active

Le Sportage en finition Active

L’intérieur est agréable, propose nombre de rangements et respire le sérieux. Les ajustements sont bons et seuls quelques plastiques durs en partie basse de l’habitacle sont peu flatteurs au toucher. En dehors de ça, on s’y sent rapidement chez soi. La longueur totale du Sportage a augmenté de 40 mm, ce qui a permis aux ingénieurs d’accroître l’empattement de 30 mm au bénéfice direct de l’habitabilité. Le coffre en profite pour offrir 26 L de plus en passant à 491 L (1 492 L sièges rabattus).

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Quatre niveaux de finitions sont disponibles : Motion, Active, GT Line et Premium. Le premier démarre à 23 000 € mais fait l’impasse sur l’écran tactile sur la console centrale, la climatisation automatique, le radar de recul… Le deuxième niveau de gamme, Active, est plus judicieux étant donné son prix de départ de 26 900 €, d’autant plus qu’il donne accès à plus de moteurs.

GT Line (à partir de 32 700 €) gagne en plus une sellerie en cuir, un volant spécifique à méplat, quelques inserts GT Line et surtout un écran 4,2 pouces situé sur le tableau de bord, entre les compteurs. Configurable, il permet d’afficher différentes informations selon votre humeur : vitesse, rappel du GPS, autonomie, radio et j’en passe. Quelques options m’ont bien plu, à l’image de l’immense toit ouvrant qui baigne l’habitacle de lumière ou encore de la bonne sono JBL que j’ai eu tout loisir de torturer avec mes playlists.

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Enfin, la finition Premium (à partir de 35 500 €) propose un écran de 8 pouces, la sono JBL et le toit ouvrant de série, plus une liste d’équipement bien trop longue à lister ici. L’image c’est bien, mais entrons maintenant dans le vif du sujet : le comportement routier.

Le jour et la nuit

Kia ayant peaufiné son événement, les essayeurs avaient la possibilité de prendre le volant de toutes les motorisations disponibles au catalogue. Elles sont au nombre de cinq : deux essence, 1.6 GDi 132 chevaux et 1.6 turbo T-GDi 177 chevaux, et trois diesel, 1.7 CRDi 115 chevaux, 2.0 CRDi 136 chevaux et 2.0 CRDi 185 chevaux. Une transmission intégrale non permanente (on peut bloquer le différentiel central via un bouton dans l’habitacle) est proposée d’office avec les deux plus gros moteurs et figure au rang des options pour le diesel 136 chevaux. Greffé des motorisations d’entrée de gamme, le Sportage reste une simple traction.

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Les deux plus petits moteurs justement, parlons-en. J’avoue avoir eu du mal à cacher ma déception quand j’en ai pris le volant dans les environs de Barcelone. Peu pêchus, ils imposent de prévoir longtemps à l’avance tout dépassement ou insertion sur une voie rapide. C’est un peu moins pire pour le diesel, mais Ils sont de plus associés à une boite manuelle qui, si elle est agréable à manier, est excessivement longue, ce qui oblige à tirer les rapports pour exploiter tout le potentiel de la mécanique. La consommation s’en ressent d’autant, et je n’ai pas réussi à descendre en dessous de 8.5 L/100 km pour l’essence et 7.5 L/100 km pour le diesel, en parcours mixte. Il vaut mieux, si vous ne voulez pas opter pour les motorisations les plus puissantes, se tourner vers le 2.0 136 chevaux diesel qui n’est pas un foudre de guerre, mais qui conviendra tout à fait à la plupart des situations.

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Du coup, la surprise n’en fut que plus bonne quand j’ai pu essayer le 1.6 turbo essence, uniquement disponible en finition GT Line. Le petit bloc sied à merveille au Sportage, surtout avec la boîte à double embrayage à 7 rapports qui est la seule transmission proposée pour ce moteur. Que l’on s’entende bien : il ne transforme pas non plus le crossover en sportive, et le poids de 1.6 tonne aura tôt fait de vous rappeler à l’ordre du fait d’un centre de gravité plutôt haut-perché. Mais l’agrément est là, le nouveau Sportage se montre enfin réactif et agréable à emmener. Le confort est tout à fait honnête malgré les grosses jantes et la suspension affermie inhérente à la finition GT Line. L’insonorisation est bonne, seule la motorisation se rappellera à votre bon souvenir en cas d’accélération franche. Même toit ouvrant ouvert, il est possible d’entretenir une conversation sans significativement hausser le ton jusqu’à environ 100 km/h.

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Pour encore plus de confort, le 2.0 CRDi 185 chevaux et sa boîte automatique sont tout indiqué. Les rapports s’enchaînent en douceur et les quelques à-coups observés avec la boîte DCT 7 disparaissent. Reste que le convertisseur hydraulique lisse le caractère moteur, mais les 400 Nm de couple du bloc permettent une conduite en toute sécurité. Ce moteur, en finition GT Line agrémentée de quelques options ou carrément en finition Premium, fait tendre le Sportage vers un semblant de haut de gamme assez agréable pour une voiture de cette catégorie.

Un positionnement dans la moyenne

En termes de prix, le Sportage est proche de ses concurrents. En prenant pour référence le 2.0 CRDi 136 chevaux 4×2 en finition Active à 30 900 € (niveau de gamme moyen et motorisation intermédiaire), le coréen se retrouve par exemple face au Renault Kadjar (lire notre essai) en finition Zen équipé du 1.6 Dci 130 chevaux facturé 29 500 € (sans écran multimédia R-Link2 à 800 €) ou encore du Ford Kuga Titanium avec un 2.0 TDCi 120 chevaux affiché 29 550 €.

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En définitive le nouveau Kia Sportage fait un bon daily driver (une « voiture de tous les jours » en bon franco-français) et a le mérite d’avoir un look qui sort du lot, surtout drapé du Rouge Rubis exclusif à la version GT Line. Je recommande.