Non, la définition du jaguar ne nous intéressera pas beaucoup sur Abcmoteur… Celle d’une Jaguar plus ! Aussi, il est commun d’associer cette marque à des carrosseries habillées de vert Anglais, d’intérieurs tout de cuir Connolly beige et de bois noble vêtus, et gavées par de nobles moteurs essence à six cylindres et plus… Mais les temps changent, et notre XF était noire, cuir noir, et motorisée par un 4 cylindres diesel de 163 ch. Faut-il en être déçu ?

essai XF diesel 2.2d 163

L’élégance à l’état pur

D’emblée, cette respectable berline en impose ; son restylage de 2011 inspiré de sa grande sœur XJ lui va à merveille, disons-le. Elément le plus marquant, le long capot est ici très sculpté. Deux nervures enserrent alors le logo de la marque tandis que deux autres tendent vers la calandre. Ses phares aiguisés au xénon soulignés de feux de jour à leds « en J » encadrent à merveille une calandre en alu qui impose le respect. Les barrettes chromées des pare-chocs peuvent alors paraître un peu lourdes en photo, mais on n’y prête pas réellement attention en vrai. Un avant assez intimidant mais superbe, paraissant être celui d’un coupé…

Jaguar XF

Le profil se veut ensuite sobre et élégant, par ce long capot qui s’incline en pente douce vers la route, de jolies jantes de 18’ sur cette finition Black Edition et une ligne de toit très fluide  jusqu’à la malle. Des entrées d’air latérales ajoutent du dynamisme, mais le raffinement britannique n’est pas oublié : l’entourage des vitres est chromé.

vue 3-4 arriere Jaguar XF Black Edition

avant XF Black Edition

La poupe de notre belle berline est elle un peu plus massive mais est toutefois rehaussée par une baguette d’aluminium reliant les deux phares arrière. Enfin, à l’heure où les constructeurs usent et abusent d’effets stylistiques douteux, nous n’aurions pas été contre une deuxième sortie d’échappement factice, artifice fréquemment utilisé dans la production actuelle : un propriétaire de XF 2.2d serait peut-être heureux de voir sa voiture se confondre parmi ses sœurs animées de moteurs V6 plus nobles…

poupe Jaguar XF Black Edition

XF Black Edition

jante 18p XF Black Edition

Nous avons là en tout cas une superbe berline, avouons-le, à la fois moderne, dynamique, sobre et raffinée. Jaguar n’a pas vendu son âme aux Indiens de chez Tata (la XF est la première œuvre du renouveau de Jaguar par le rachat de Tata en 2008) : les valeurs, modernisées, sont toujours là ! Qu’en est-il à l’intérieur ?

Luxe, calme et volupté ?

Cuir, aluminium et bois surabondent dans cet habitacle pour notre plus grand plaisir des sens… L’alu vient alors moderniser l’habitacle sur le bandeau de planche de bord, sur la console centrale et autour des poignées de portes. Le haut des portières et de la planche de bord est revêtu de cuir surpiqué, tandis que de belles étendues de bois parachèvent cette ambiance feutrée. La finition est de haut niveau et toutes les commandes se manipulent agréablement, mention spéciale aux petits commodos du volant (régulateur de vitesse, audio) et au plafonnier avant qu’on allume en l’effleurant à peine. Pour mieux clamer son appartenance à la modernité, l’écran tactile 7′ trône au centre de la planche de bord, regroupe intelligemment la majorité des fonctions de la voiture et permet à la console centrale de ne pas être surchargée de boutons. Un habitacle au final sobre et élégant à l’éclairage très étudié de nuit.

interieur Jaguar XF Black Edition

places arriere Jaguar XF

Avec ses 4,96 m de long, nous pouvions être sereins quand à l’espace à bord : c’est bien le cas ! A l’avant comme à l’arrière, les passagers sont choyés dans de confortables sièges, pourront prendre leurs aises et bénéficient de plusieurs rangements assez spacieux, sur la console centrale notamment.

Le volume de coffre est de 540 litres

Le volume de coffre est de 540 l ou de 1 675 l une fois la banquette rabattue

Un moteur indigne ?

Lorsque l’on s’installe à bord, le bouton de démarrage situé sur la console centrale clignote en rouge au rythme de la fréquence cardiaque… Une fois le siège et le volant réglés électriquement, Il est temps de mettre en route l’engin ! Au démarrage, un ballet s’exécute avec le dévoilement des aérateurs et de la commande rotative de la boite de vitesse, magique ! Une magie qui hélas retombe bien vite lorsque l’on prête attention au moteur… Celui-ci, d’origine PSA-Ford et retravaillé par le groupe Jaguar-Land Rover est arrivé sous le capot de la XF d’abord dans une version 190 ch puis, récemment, dans une version dégonflée à 163 ch ; deux offres nécessaires pour convaincre les cadres supérieurs d’entreprise habitués aux BMW 520d, Mercedes E220 Cdi et Audi A6 2.0 TDi, consommant peu et soignant leurs émissions de CO2

moteur diesel 2.2d 163 ch Jaguar XF

Le moteur 163 ch qui nous intéresse ici n’épargne pas les passagers de vilaines vibrations au ralenti, qui choquent par rapport au standing de l’auto. Mais ce n’est malheureusement pas tout… Vibrant à bas régime (notamment à 1 500 tr/min à 110 km/h en 8ème), il se révèle aussi claquant en régime… Une bien piètre partition incarnée par ce moteur dans une si respectable voiture ! Dommage ! Mis à part cela, les 163 chevaux animent sans grande conviction les 1 735 kg de la voiture (10,5 s au 0-100 km/h), mais sont bien aidés par l’excellente boite automatique ZF à 8 rapports partagée avec Audi et BMW. Celle-ci monte les rapports avec à-propos et rapidité, tout juste manque-t-elle de réactivité à basse vitesse en ville – en ayant un peu trop d’inertie – et de bonne volonté au rétrogradage en conduite plus dynamique, même en mode sport.

roulage ville Jaguar XF

On comblera les lacunes de la boite avec les palettes au volant, utilisables, bien sûr, même en mode automatique ; le mode entièrement manuel, obtenu par la boite sur Sport, et bien qu’efficace, est assez incongru sur ce type de véhicule… Sinon, le couple élevé de 450 Nm à 2 000 tr/min donne le change au quotidien et l’on finit très vite par comprendre que notre XF appelle à une conduite coulée, notamment sur autoroute, où le moteur se fera davantage oublier et où l’on profitera de l’agréable système audio de série à 10 haut-parleurs. La voiture est confortable, absorbant à merveille les dos d’âne, même si l’absence de suspension pilotée (indisponible sur ce moteur 163 ch) la rendra assez raide sur les pavés.

Jaguar XF Black Edition

Hormis le moteur, la voiture peut accepter une conduite plus dynamique : son châssis est d’un bon niveau, bien que sans suspension pilotée elle prenne un peu de roulis en virage. La direction se révèle être précise bien qu’assez peu informative, le cahier des charges du véhicule ne réclamant sans doute pas cela comme réellement nécessaire.

prise virage Jaguar XF

En ville, on pestera contre le Stop&Start trop actif (ce n’est pas toujours le cas) : lors d’une manœuvre, le fait de passer de « Drive » à « Reverse »  (marche avant à marche arrière) éteindra le moteur… Votre pied droit, stressé, aura tôt fait de provoquer un à-coup au redémarrage…  Sinon, j’ai été heureusement surpris par la maniabilité de la voiture : son rayon de braquage est très correct et vous enlèvera un poids de vos épaules dans les parkings souterrains ! Radars de stationnement et caméra de recul permettent alors de s’accommoder facilement du gabarit conséquent de la XF (1,94 m de large, 4,96 m de long).

route Jaguar XF

Enfin, le GPS s’est montré compliqué en n’ayant pas toujours des itinéraires judicieux (beaucoup de ville), à moins qu’il faille se perdre dans les préférences d’itinéraire. De plus, il indique les deux prochains changements de direction, sans que ce soit nécessaire, avec des tracés de route rose d’un goût douteux…

Une jolie routière sobre à tous points de vue

Sobre, elle l’est à la pompe avec 6,5 l/100 km durant notre essai (conso mixte constructeur : 4, 9 l/100 km ), mais aussi à l’achat avec un ticket d’entrée abaissé à 42 700 € en finition d’entrée de gamme Classic, sans malus. Notre finition Black Edition disponible à 45 400 € se distinguait donc par un bon niveau d’équipement (jantes 18′, système de navigation et connexion Bluetooth, sellerie cuir étendue, rétroviseurs rabattables électriquement, phares au xénon…), pourtant on s’étonne du démarrage sans clé non associé à l’ouverture sans clé…

XF Jaguar

Au final, il s’agit d’une excellente voiture pour accéder au mythe Jaguar à moindre coût, en attendant la petite sœur XE, qui permet de se distinguer « avec classe » de ces classiques (et si parfaites ?) berlines allemandes… Ce roturier quatre-cylindres diesel fait tout de même un peu tâche et nous pouvons tout à fait imaginer à quel point les V6 essence et diesel s’harmoniseraient beaucoup mieux avec le standing de l’auto…

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